105 chiffres sur la couverture mobile, la fibre et la fin du cuivre en France (octobre 2026)
En France, la 4G et la fibre affichent des taux de couverture élevés. Sur le terrain, un appel n'aboutit pourtant pas toujours : dans les Intercités et les TER, la part des appels qui ont abouti et tenu deux minutes va de 52 % chez Bouygues Telecom à 63 % chez Orange, selon la campagne de mesures que l'Arcep a menée de juin à août 2025 en France métropolitaine (Arcep, novembre 2025).
Le réseau fixe, lui, change de support. D'un côté, 22,1 milliards d'euros de fonds publics et privés ont été investis entre 2010 et 2024 dans les réseaux publics de fibre optique, dans le cadre du plan France très haut débit (Cour des comptes, mars 2026). De l'autre, le plan qu'Orange a notifié en février 2022 vise la fermeture technique du réseau cuivre pour plus de 41,8 millions de locaux fin 2030, un total évalué par l'Arcep (Orange, février 2022).
Cette page réunit des chiffres publiés par des régulateurs, des institutions publiques, des organismes de mesure et des acteurs de la filière sur quatre sujets : la couverture mobile et les zones blanches, la qualité mesurée des appels, le déploiement de la fibre, la fermeture du cuivre. Une comparaison européenne et un relevé des pannes de réseau les complètent. Elle s'adresse aux journalistes, aux rédacteurs et aux dirigeants de petites entreprises qui cherchent un chiffre daté et son document d'origine ; quand deux sources mesurent la même chose de deux façons, l'écart de méthode est signalé.
Chiffres clés
- Au 30 juin 2026, entre 99,5 % et 99,8 % de la population de métropole, selon l'opérateur, bénéficie d'une « bonne couverture » pour les appels et les SMS (2G/3G) (Arcep, septembre 2026).
- En 4G, chacun des quatre opérateurs mobiles couvre 99,9 % des axes routiers prioritaires au 30 juin 2026, selon l'estimation de l'Arcep (Arcep, septembre 2026).
- Au 30 juin 2026, 4 354 zones sont couvertes sur les 5 246 désignées par arrêté depuis 2018 dans le dispositif de couverture ciblée du New Deal mobile (Arcep, septembre 2026).
- 72 743 sites de réseaux mobiles sont autorisés en France au 1er septembre 2026, toutes générations confondues (ANFR, septembre 2026).
- La 5G de base couvre 96,4 % des ménages en France en 2025 (Commission européenne, juin 2026).
- En France, les utilisateurs équipés d'un téléphone et d'un forfait 5G ont une connexion 5G active entre 16,8 % (Bouygues Telecom) et 22,2 % (Free Mobile) du temps, selon l'opérateur, d'après des mesures participatives collectées du 1er août au 29 octobre 2025 (Opensignal, novembre 2025).
- La fibre (FTTH/B) couvre 93,5 % des logements en France en septembre 2025 (FTTH Council Europe, mars 2026).
- Dans l'Union européenne à 27 et au Royaume-Uni, la fibre (FTTH/B) couvre en moyenne 76,8 % des logements en septembre 2025 (FTTH Council Europe, mars 2026).
- Les abonnements DSL à haut débit ne représentent plus que 8 % des abonnements internet à haut et très haut débit en France au 2e trimestre 2026, contre 13 % un an plus tôt et 19 % au 2e trimestre 2024 (Arcep, septembre 2026).
- En France, selon le baromètre réalisé par l'Ifop pour Covage et InfraNum, 83 % des entreprises interrogées en 2025 sont raccordées à la fibre, contre 75 % en 2024 et 23 % en 2019 (Covage et InfraNum, septembre 2025).
- 59 % des entreprises interrogées par l'Ifop en France en 2025 estiment avoir été bien informées par leur opérateur sur le plan de fermeture du cuivre ; 41 % estiment que non (Covage et InfraNum, septembre 2025).
- Au printemps 2024, une partie du réseau cuivre était déjà fermée dans 18 des 31 pays européens étudiés par le BEREC ; dans les 13 autres, tout le réseau était encore en service (BEREC, juin 2025).
- 188 incidents significatifs touchant les réseaux et services télécoms ont été déclarés à l'ENISA en 2024 par les autorités nationales des pays de l'Union européenne et de l'AELE, contre 156 en 2023 : c'est le nombre le plus élevé depuis le début de ces déclarations (ENISA, juillet 2025).
- Les défaillances de système sont la première cause des incidents télécoms significatifs déclarés en Europe en 2024 : 113 incidents, soit 60 % du total, pour 548 millions d'heures d'utilisation perdues (ENISA, juillet 2025).
Couverture mobile : 4G, 5G et zones blanches
Le réseau mobile atteint presque toute la population, et la 4G presque tous les grands axes. Les zones qui restent à couvrir pèsent peu à l'échelle du pays, mais chacune suppose un site à construire, et un site ne se construit pas en quelques mois.
Quel est le taux de couverture 4G et 5G en France ?
Fin juin 2026, la 4G est presque généralisée sur trois cibles que suit l'Arcep : les sites du programme « zones blanches centres-bourgs », les axes routiers prioritaires et le réseau ferré régional. En 5G, la part des ménages couverts en France est juste sous la moyenne de l'Union européenne ; les taux allemands, exprimés en part de la surface du pays et non des ménages, ne s'y comparent pas.
- Au 30 juin 2026, 99,8 % des sites du programme « zones blanches centres-bourgs » qui existaient au 1er juillet 2018 sont équipés en 4G (Arcep, septembre 2026).
- L'Arcep estime que la 4G couvre de 99,1 % à 99,7 % du réseau ferré régional, selon l'opérateur, au 30 juin 2026 (Arcep, septembre 2026).
- Dans l'Union européenne, la couverture 5G de base atteint en moyenne 96,8 % des ménages en 2025 (Commission européenne, juin 2026).
- En France, la 5G de base couvrait 94,3 % des ménages en 2024 (Commission européenne, juin 2026).
- En Allemagne, environ 97,8 % de la surface du pays est couverte en 4G par au moins un opérateur en juin 2026 (Bundesnetzagentur, juin 2026).
- En Allemagne toujours, la 5G, toutes variantes techniques confondues, atteint 96,2 % de la surface en juin 2026 (Bundesnetzagentur, juin 2026).
Combien reste-t-il de zones blanches en France, et où en est le New Deal mobile ?
La grande majorité des zones désignées par arrêté depuis 2018 sont couvertes ; plusieurs centaines attendent leur site 4G. Ce décompte suit le dispositif de couverture ciblée et ne recense pas les zones blanches.
- Au 30 juin 2026, 249 zones du dispositif de couverture ciblée restent en attente de déploiement : elles n'étaient pas couvertes à l'échéance demandée (Arcep, septembre 2026).
- Selon l'Arcep, 643 nouveaux sites du dispositif devraient être mis en service dans les deux ans qui suivent le 30 juin 2026 : 109 dans les six premiers mois, 534 entre le 6e et le 24e mois (Arcep, septembre 2026).
- Depuis juillet 2018, les opérateurs ont mis en service les sites du dispositif en moyenne 24,2 mois après la publication de l'arrêté qui les désigne (Arcep, septembre 2026).
- Parmi les sites du dispositif en service au 30 juin 2026, 3 951 sont partagés par les quatre opérateurs (Arcep, septembre 2026).
- La Cour des comptes estime à près de 3 milliards d'euros les recettes que l'État n'a pas perçues en attribuant les fréquences aux opérateurs en contrepartie de leurs engagements du New Deal mobile (Cour des comptes, mars 2026).
Là où la couverture reste insuffisante, le guide du renvoi d'appel explique comment renvoyer ses appels vers une autre ligne.
Combien d'antennes-relais la France compte-t-elle, et que deviennent la 2G et la 3G ?
La France compte plusieurs dizaines de milliers de sites mobiles, presque tous autorisés en 4G ; la 3G et la 2G fonctionnent encore sur beaucoup d'entre eux. Un site peut accueillir plusieurs générations : les totaux ne s'additionnent pas.
- Au 1er septembre 2026, 56 169 sites 5G sont autorisés en France, dont 1 471 outre-mer (ANFR, septembre 2026).
- Les opérateurs déclarent techniquement opérationnels 50 182 sites 5G en France au 1er septembre 2026 (ANFR, septembre 2026).
- La bande 3,5 GHz compte 38 239 sites 5G autorisés en France au 1er septembre 2026, dont 33 846 techniquement opérationnels (ANFR, septembre 2026).
- En 4G, 72 557 sites sont autorisés en France au 1er septembre 2026 ; la métropole en compte 68 817, dont 65 252 en service (ANFR, septembre 2026).
- Chaque opérateur compte entre 31 024 et 32 988 sites 4G en service en métropole au 1er septembre 2026 (ANFR, septembre 2026).
- La 3G fonctionne sur 54 757 sites déclarés en service en France au 1er septembre 2026, dont 51 327 en métropole (ANFR, septembre 2026).
- La 2G reste déclarée en service sur 36 909 sites en France au 1er septembre 2026, dont 34 468 en métropole (ANFR, septembre 2026).
- En août 2026, 151 sites 2G ont été retirés du service en métropole (ANFR, septembre 2026).
Qualité mesurée des appels et de l'internet mobile
Les mesures de terrain de l'Arcep révèlent deux points faibles que les cartes de couverture ne montrent pas : les zones rurales et les trains. Les mesures participatives de nPerf et d'Opensignal les complètent, avec d'autres méthodes et d'autres limites.
Quelle part des appels aboutit et tient deux minutes, selon l'opérateur et le type de zone ?
Pendant la campagne 2025 de l'Arcep (juin à août 2025, métropole), la plupart des appels de test ont tenu deux minutes sans perturbation audible. Les zones rurales sont en net retrait.
- Au niveau national, la part des appels maintenus deux minutes sans perturbation audible va de 84 % chez Free Mobile à 91 % chez Orange pendant la campagne 2025 (Arcep, novembre 2025).
- En zones denses, de juin à août 2025, entre 89 % (Free Mobile) et 96 % (Bouygues Telecom) des appels sont maintenus deux minutes sans perturbation audible (Arcep, novembre 2025).
- En zones rurales, la part des appels maintenus deux minutes sans perturbation audible va de 76 % chez Free Mobile à 83 % chez Orange pendant la campagne 2025 (Arcep, novembre 2025).
- Pendant la campagne 2025, entre 93 % (SFR et Free Mobile) et 96 % (Orange) des SMS sont reçus en moins de 10 secondes (Arcep, novembre 2025).
Le guide sur l'appel non abouti en détaille les causes et les solutions. Quand un appel aboutit sans que vous puissiez décrocher, Rappli envoie automatiquement à l'appelant un SMS : soit un lien vers un formulaire où préciser sa demande, soit le message que vous avez rédigé. Voir comment fonctionne Rappli.
Quelle est la qualité des appels dans les trains, sur les routes et dans le métro ?
Les appels tiennent presque toujours dans le métro, un peu moins sur les routes, bien moins dans les trains. L'Arcep y retient un autre indicateur : la part des appels réussis et maintenus deux minutes, sans critère de qualité sonore.
- Dans les métros, la part des appels réussis et maintenus deux minutes va de 96 % chez Free Mobile à 97 % chez Bouygues Telecom, SFR et Orange lors de la campagne 2025 en métropole (Arcep, novembre 2025).
- Sur les routes, la part des appels réussis et maintenus deux minutes va de 92 % chez Free Mobile à 95 % chez Orange, selon les mesures de juin à août 2025 (Arcep, novembre 2025).
- Dans les RER et les Transiliens, entre 81 % (SFR) et 88 % (Orange) des appels sont réussis et maintenus deux minutes pendant la campagne 2025 (Arcep, novembre 2025).
- Dans les TGV, seuls 56 % (SFR) à 74 % (Orange) des appels sont réussis et maintenus deux minutes, d'après les mesures de juin à août 2025 en métropole (Arcep, novembre 2025).
- Tous opérateurs confondus, 64 % des pages web se chargent en moins de cinq secondes dans les TGV, contre 93 % dans les métros, pendant la campagne 2025 (Arcep, novembre 2025).
Quel est le débit mobile moyen en France, selon les mesures participatives ?
Selon nPerf et Opensignal, les débits sont nettement plus élevés en 5G. Leurs périodes et leurs utilisateurs diffèrent, d'où des écarts.
- En France, nPerf relève en 2025 sur l'internet mobile un débit descendant moyen allant de 105,53 Mb/s chez Free Mobile à 128,91 Mb/s chez Orange (nPerf, janvier 2026).
- En 5G, le débit descendant moyen relevé par nPerf en France en 2025 va de 198,09 Mb/s (Free Mobile) à 230,78 Mb/s (Bouygues Telecom) (nPerf, janvier 2026).
- La latence moyenne des réseaux mobiles, mesurée par nPerf en France en 2025, va de 30,15 ms (Bouygues Telecom) à 36,36 ms (Free Mobile) (nPerf, janvier 2026).
- Opensignal constate en France, du 1er août au 29 octobre 2025, un débit descendant de 64 Mb/s (Free Mobile) à 83,8 Mb/s (Orange), tous réseaux confondus (Opensignal, novembre 2025).
- En 5G, Opensignal relève en France, d'août à octobre 2025, un débit descendant moyen de 169,3 Mb/s chez Free Mobile à 273,4 Mb/s chez Orange (Opensignal, novembre 2025).
- Le score de fiabilité d'Opensignal (de 100 à 1 000 points) va de 908 (Free Mobile) à 925 (Bouygues Telecom et Orange) en France, d'août à octobre 2025 (Opensignal, novembre 2025).
Fibre : déploiement, abonnements et qualité des raccordements
Le déploiement de la fibre touche à sa fin, et les abonnés ont suivi. Reste le plus difficile : couvrir les derniers locaux, réaliser les raccordements complexes et faire baisser les échecs au raccordement.
Combien de locaux sont raccordables à la fibre, et combien restent à couvrir ?
Au 30 juin 2026, la fibre jusqu'à l'abonné dessert la très grande majorité des locaux recensés en France. Une petite part reste à rendre raccordable, et certains réseaux publics ne sont pas achevés.
- Au 30 juin 2026, 43,1 millions de locaux sont couverts par la fibre optique jusqu'à l'abonné (FttH) en France (Arcep, septembre 2026).
- En France, le nombre de locaux couverts en fibre a progressé de 275 000 au 2e trimestre 2026 et de 3 % en un an (Arcep, septembre 2026).
- Il reste 2,1 millions de locaux à rendre raccordables au 30 juin 2026, soit 4,7 % des locaux recensés par les opérateurs sur le territoire national (Arcep, septembre 2026).
- En Bretagne, le syndicat Mégalis doit construire 1,5 million de prises de fibre optique pour 2 milliards d'euros, et le déploiement ne sera achevé que fin 2026 (Cour des comptes, mars 2026).
- Dans les zones de réseaux d'initiative publique, un raccordement complexe en domaine public coûte 10 fois plus qu'un raccordement classique (InfraNum et Avicca, mai 2026).
- D'après les données de l'ANCT au 30 avril 2025, le dispositif « cohésion numérique des territoires », mis en place en 2018, a financé 140 000 kits hertziens, une technologie alternative à la fibre, pour 13 millions d'euros (Cour des comptes, mars 2026).
Combien d'abonnés à la fibre la France compte-t-elle ?
La fibre réunit désormais la grande majorité des abonnements internet fixes, mais une partie des locaux couverts n'est pas abonnée. Le taux d'abonnement dépend du périmètre : l'Arcep le calcule sur l'ensemble des locaux couverts, InfraNum et l'Avicca sur un panel de réseaux d'initiative publique, où l'adoption est plus faible.
- Au 30 juin 2026, la France compte 28,1 millions d'abonnements en fibre optique, soit 65 % des locaux couverts en fibre optique, 3 points de plus en un an (Arcep, septembre 2026).
- La fibre optique représente 85 % des abonnements internet à haut et très haut débit en France au 2e trimestre 2026, contre 71 % au 2e trimestre 2024 (Arcep, septembre 2026).
- Le nombre d'abonnements en fibre optique a progressé de 460 000 au 2e trimestre 2026 en France, contre 610 000 au 2e trimestre 2025 (Arcep, septembre 2026).
- Dans les zones de réseaux d'initiative publique, l'adoption de la fibre atteint 60 % en moyenne fin 2025, loin des 80 % prévus dans le modèle de l'Arcep de 2015 (InfraNum et Avicca, mai 2026).
- En 2025, le taux d'adoption de la fibre dans les zones de réseaux d'initiative publique a progressé de 5 points, avec de grandes différences entre les territoires (InfraNum et Avicca, mai 2026).
Pannes, échecs de raccordement, débits : quelle qualité pour l'abonné ?
Les pannes signalées restent rares ; le raccordement échoue plus souvent, et moins de réseaux qu'avant affichent un faible taux d'échecs. Les débits mesurés sur l'internet fixe progressent.
- Sur les réseaux en fibre, le taux mensuel moyen de pannes signalées à l'opérateur d'infrastructure se stabilise autour de 0,12 % au niveau national, d'après des données allant jusqu'à mars 2026 (Arcep, juillet 2026).
- Au niveau national, le taux moyen d'échecs au raccordement à la fibre se stabilise autour de 6 %, selon des données arrêtées en mars 2026 (Arcep, juillet 2026).
- Dans son édition de juillet 2026, l'observatoire de l'Arcep compte 49 réseaux en fibre sous 5 % d'échecs au raccordement, contre 82 dans la précédente (Arcep, juillet 2026).
- En février 2026, 88 % des malfaçons sont reprises sous 30 jours par les opérateurs commerciaux sur les réseaux d'Altitude et d'Altice (Arcep, juillet 2026).
- En 2025, le débit descendant moyen mesuré par nPerf sur l'internet fixe en France va de 339,83 Mb/s chez SFR à 491,07 Mb/s chez Bouygues Telecom (nPerf, janvier 2026).
- En France en 2025, selon nPerf, le débit descendant de l'internet fixe a gagné 25 %, le débit montant 26 % et la latence a reculé de 9 % (nPerf, janvier 2026).
Fin du cuivre : calendrier, lignes restantes et entreprises
Le cuivre ne se vend déjà plus dans la plupart des communes ; il reste à migrer les lignes en service. Les abonnements au téléphone fixe historique (RTC) qui subsistent sont en majorité ceux d'entreprises, alors que la plupart des entreprises interrogées par l'Ifop disent avoir la fibre.
Quel est le calendrier de fermeture du cuivre, et combien de communes sont déjà concernées ?
La fermeture se fait en deux temps : commerciale d'abord (plus aucun nouvel abonnement sur le cuivre), technique ensuite (arrêt du réseau). La première concerne la majorité des communes ; la seconde avance par lots jusqu'en 2030.
- Depuis le 31 janvier 2026, la fermeture commerciale s'applique dans près des trois quarts des communes de France, qui représentent près de la moitié de la population (Arcep, janvier 2026).
- La fermeture technique avait eu lieu dans 169 communes avant le 27 janvier 2026 ; elle est intervenue ce jour-là dans 763 autres (Arcep, janvier 2026).
- Fin janvier 2026, près de 10 000 communes avaient une date de fermeture technique fixée par Orange (Arcep, janvier 2026).
- Orange a décalé d'un an la fermeture commerciale dans 25 % des communes initialement concernées par l'échéance du 31 janvier 2026, faute d'y remplir les critères fixés par l'Arcep (Arcep, janvier 2026).
- Orange a réparti la fermeture technique en 7 lots de communes, échelonnés jusqu'à novembre 2030 ; le lot 2, fermé le 27 janvier 2026, comptait près de 900 000 locaux (Arcep, janvier 2026).
- Le plan d'Orange de février 2022 prévoyait des lots annuels allant d'environ 3,8 millions de locaux fin 2026 à environ 10,5 millions fin 2029 et fin 2030 (Orange, février 2022).
Combien de lignes restent sur le cuivre ?
Cette page ne donne pas le total des lignes cuivre encore actives, mais deux décomptes partiels. Pour l'internet, les abonnements DSL reculent vite ; pour le téléphone, le réseau téléphonique commuté (RTC) porte encore plusieurs millions d'abonnements, souscrits en majorité par des entreprises.
- Au 30 juin 2026, la France compte 2,583 millions d'abonnements internet en DSL à haut débit, contre 4,211 millions un an plus tôt, selon les résultats provisoires de l'Arcep (Arcep, septembre 2026).
- En 2024, le RTC porte encore 3,4 millions d'abonnements téléphoniques en France, tous clients confondus, dont 57 % sont souscrits par des entreprises (Arcep, décembre 2025).
- Fin 2024, 1,9 million d'abonnements téléphoniques fixes d'entreprise, comptés en canaux, passent encore par le RTC, soit un peu moins d'un tiers des abonnements téléphoniques des entreprises ; c'est 440 000 de moins en un an (Arcep, décembre 2025).
- Entre 2018 et 2020, le nombre de lignes actives sur le réseau cuivre avait déjà diminué de plus de 15 %, selon le plan de fermeture qu'Orange a notifié en février 2022 (Orange, février 2022).
Pour une entreprise dont la ligne cuivre doit fermer, le comparatif des standards téléphoniques pour TPE passe en revue les solutions de téléphonie.
Les entreprises sont-elles prêtes pour la fin du cuivre ?
La plupart des entreprises interrogées en 2025 par l'Ifop pour Covage et InfraNum ont la fibre, petites entreprises et communes rurales comprises. Les autres n'en voient souvent pas le besoin.
- En 2025, la part des entreprises interrogées raccordées à la fibre va de 81 % (1 à 5 salariés) à 97 % (plus de 250 salariés) (Covage et InfraNum, septembre 2025).
- Dans les communes rurales, 83 % des entreprises interrogées sont raccordées à la fibre en 2025, contre 60 % en 2024 (Covage et InfraNum, septembre 2025).
- Parmi les entreprises interrogées en 2025 et non raccordées à la fibre, 29 % ne souhaitent pas y basculer volontairement (Covage et InfraNum, septembre 2025).
- Premier frein à la migration vers la fibre cité en 2025 par les entreprises interrogées, l'absence de besoin identifié (48 %) devance le sentiment de ne pas y être éligible (16 %), le manque de confiance envers les opérateurs (13 %) et le coût (10 %) (Covage et InfraNum, septembre 2025).
- En cas de coupure de leur accès télécom, 82 % des entreprises interrogées en 2025 disent en être affectées (Covage et InfraNum, septembre 2025).
- Pour sécuriser leur accès fibre, 22 % des entreprises interrogées en 2025 jugent souhaitable un accès de secours en 4G/5G et 8 % deux accès fibre différents (Covage et InfraNum, septembre 2025).
Comparaisons européennes et pannes de réseau
L'avance française sur la fibre est nette, surtout face à l'Allemagne. La fermeture du cuivre, elle, est un mouvement européen à plusieurs vitesses, et les incidents télécoms significatifs déclarés en Europe n'ont jamais été aussi nombreux qu'en 2024.
Où se situe la France en Europe pour la fibre ?
La France dépasse la moyenne européenne pour la couverture en fibre comme pour l'abonnement. Le FTTH Council Europe compte des logements, la Commission européenne des ménages et l'Arcep des locaux : leurs taux ne se comparent pas.
- En Allemagne, la fibre (FTTH/B) couvre 56,1 % des logements en septembre 2025 (FTTH Council Europe, mars 2026).
- En France, 2,05 millions de logements restent à couvrir en fibre en septembre 2025, contre 19,40 millions en Allemagne (FTTH Council Europe, mars 2026).
- Dans l'Union européenne à 27 et au Royaume-Uni, 58 millions de logements restent à couvrir en fibre en septembre 2025 (FTTH Council Europe, mars 2026).
- En France, 89,4 % des logements couverts en fibre (FTTH/B) y sont abonnés en septembre 2025 ; seule l'Espagne fait mieux dans l'Union européenne à 27 et au Royaume-Uni, avec 93,3 % (FTTH Council Europe, mars 2026).
- Dans l'Union européenne à 27 et au Royaume-Uni, 54,9 % des logements couverts en fibre y sont abonnés en septembre 2025 (FTTH Council Europe, mars 2026).
- La fibre jusqu'à l'abonné (FTTP) couvre 91,7 % des ménages en France en 2025, contre 87,5 % en 2024 (Commission européenne, juin 2026).
- Dans l'Union européenne, la fibre jusqu'à l'abonné (FTTP) couvre en moyenne 74,1 % des ménages en 2025 (Commission européenne, juin 2026).
Où en est la fermeture du cuivre ailleurs en Europe ?
Au printemps 2024, la fermeture du cuivre était annoncée ou engagée dans une majorité de pays européens, mais peu de régulateurs l'attendaient complète d'ici 2030.
- L'enquête du BEREC, menée au printemps 2024, couvre 31 pays européens, dont les 27 États membres de l'Union européenne (BEREC, juin 2025).
- Au printemps 2024, l'opérateur historique avait annoncé la fermeture de son réseau cuivre dans 17 pays européens ; dans 14 autres, rien de concret n'était annoncé (BEREC, juin 2025).
- Le régulateur avait fixé des règles de migration et de fermeture du cuivre dans 20 pays européens au printemps 2024 (BEREC, juin 2025).
- Dans 10 pays européens seulement, dont 8 de l'Union européenne, le régulateur attendait au printemps 2024 une fermeture complète du cuivre d'ici 2030 (BEREC, juin 2025).
- Dans 12 pays européens, dont la France, les règles prévoyaient au printemps 2024 une fermeture commerciale avant la fermeture technique (BEREC, juin 2025).
- La Suède, première en Europe à engager la fermeture du cuivre, en 2010, avait éteint 97 % de ses lignes cuivre en avril 2024 (BEREC, juin 2025).
- Au printemps 2024, le délai de prévenance avant fermeture du cuivre allait le plus souvent de 6 mois à 2 ans en Europe, jusqu'à 3 ans, voire 5 ans, dans certains cas (BEREC, juin 2025).
Quelles pannes touchent les réseaux télécoms en Europe, et pour quelles causes ?
Les défaillances de système dominent les incidents déclarés à l'ENISA en 2024, mais les phénomènes naturels ont fait perdre davantage d'heures d'utilisation.
- Les incidents significatifs déclarés dans les pays de l'Union européenne et de l'AELE ont fait perdre 1 743 millions d'heures d'utilisation en 2024, contre 3 906 millions en 2023 (ENISA, juillet 2025).
- Deuxième cause des incidents significatifs en Europe en 2024, les erreurs humaines en ont provoqué 35, soit 19 % du total (ENISA, juillet 2025).
- Les phénomènes naturels ont causé 25 incidents en Europe en 2024 (13 % du total) et fait perdre 605 millions d'heures d'utilisation, contre 72 millions en 2023 (ENISA, juillet 2025).
- Les actes malveillants comptent pour 15 incidents en Europe en 2024 (8 % du total) et 184 millions d'heures d'utilisation perdues (ENISA, juillet 2025).
- Les coupures de câbles, cause technique la plus fréquente en Europe en 2024, représentent 41 incidents et 331 millions d'heures d'utilisation perdues (ENISA, juillet 2025).
- En Europe en 2024, 58 % des incidents significatifs touchent la téléphonie mobile et 50 % l'internet mobile (ENISA, juillet 2025).
- En France, 15 % des territoires de réseaux d'initiative publique étudiés ont terminé leur schéma local de résilience, 23 % en élaborent un et 32 % en envisagent un prochainement (InfraNum et Avicca, mai 2026).
Méthodologie et sources
Tous les chiffres de cette page viennent du document d'origine de leur producteur : des régulateurs (Arcep, ANFR, Bundesnetzagentur, BEREC), des institutions (Cour des comptes, Commission européenne, ENISA), un opérateur (Orange, pour son plan de fermeture du cuivre) et des organismes professionnels ou de mesure (nPerf, Opensignal, FTTH Council Europe, InfraNum et Avicca, Covage et InfraNum). Aucun n'est repris d'un article de seconde main, et aucun pourcentage n'a été recalculé. Les mesures de nPerf et d'Opensignal sont participatives : elles sont relevées sur les appareils de leurs utilisateurs et ne remplacent pas la campagne de l'Arcep.
Le baromètre Covage et InfraNum est une enquête de l'Ifop auprès d'entreprises, commandée par un opérateur d'infrastructure fibre et par la fédération de la filière ; sa présentation ne précise ni la taille de l'échantillon ni les dates de l'enquête, et ses résultats valent pour les entreprises interrogées. Chaque chiffre étranger ou européen est donné avec son pays, son périmètre et son année. Chaque source a été relue et chaque lien vérifié le 4 octobre 2026. La page est mise à jour chaque mois, au fil des observatoires trimestriels de l'Arcep et de l'observatoire mensuel de l'ANFR.
Glossaire
- 2G, 3G, 4G, 5G : générations successives de réseaux mobiles. La 2G et la 3G, les plus anciennes, servent surtout aux appels et aux SMS, et des sites 2G et 3G sont déjà retirés du service ; la 4G et la 5G apportent l'internet mobile à haut débit.
- 5G de base : indicateur de couverture 5G (« Basic 5G coverage ») que la Commission européenne suit dans la Décennie numérique, en part des ménages couverts.
- AELE : Association européenne de libre-échange, dont des pays déclarent leurs incidents télécoms à l'ENISA aux côtés de ceux de l'Union européenne.
- ANCT : Agence nationale de la cohésion des territoires.
- ANFR : Agence nationale des fréquences. Elle autorise l'implantation des sites radioélectriques et publie chaque mois l'observatoire du déploiement des réseaux mobiles.
- Arcep : Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse, le régulateur français des télécoms.
- BEREC (ORECE) : Organe des régulateurs européens des communications électroniques, qui réunit les régulateurs nationaux des télécoms.
- Bonne couverture : niveau de couverture défini par l'Arcep, qui permet de téléphoner et d'échanger des SMS à l'extérieur des bâtiments dans la plupart des cas et, dans certains cas, à l'intérieur.
- Boucle locale cuivre : partie du réseau téléphonique historique d'Orange, en fils de cuivre, qui relie chaque local au central téléphonique.
- Débit descendant, débit montant : vitesse de réception des données (descendant) et vitesse d'envoi (montant), exprimées en mégabits par seconde (Mb/s).
- Décennie numérique : programme de l'Union européenne qui fixe des cibles numériques pour 2030 et suit chaque année les indicateurs des États membres.
- Dispositif de couverture ciblée : volet du New Deal mobile dans lequel l'État désigne par arrêté des zones à couvrir, où les opérateurs doivent mettre en service un site 4G.
- DSL (ADSL, VDSL) : technologies d'accès à internet qui passent par la ligne téléphonique en cuivre.
- ENISA : Agence de l'Union européenne pour la cybersécurité, à laquelle les autorités nationales transmettent les incidents télécoms significatifs.
- Fermeture commerciale, fermeture technique : la première met fin à la vente de nouveaux abonnements sur le cuivre, les abonnements en cours restant en service ; la seconde arrête le réseau et met fin à tous les abonnements encore actifs.
- FttH, FTTH/B, FTTP : fibre optique jusqu'à l'abonné (FttH). Le sigle FTTH/B y ajoute la fibre jusqu'à l'immeuble ; FTTP est le terme employé par la Commission européenne.
- Heures d'utilisation perdues : indicateur de l'ENISA, égal au nombre d'utilisateurs touchés par un incident multiplié par sa durée.
- Kit hertzien : dispositif qui établit une liaison radio point à point, employé comme solution alternative à la fibre.
- Latence : délai de réponse du réseau, exprimé en millisecondes (ms). Plus il est court, plus la connexion réagit vite.
- Local raccordable : logement ou local professionnel que le réseau de fibre dessert déjà ; il ne reste qu'à le raccorder pour l'abonner.
- Mesure participative : mesure relevée sur les appareils des utilisateurs d'un service de mesure, et non lors d'une campagne organisée par un régulateur. L'échantillon n'est pas construit pour être représentatif.
- New Deal mobile : accord entre l'État et les opérateurs mobiles, qui ont pris des engagements de couverture en contrepartie de l'attribution de fréquences.
- Opérateur d'infrastructure, opérateur commercial : le premier construit et exploite le réseau de fibre ; le second vend les abonnements et y raccorde ses clients.
- Raccordement complexe : raccordement d'un local à la fibre qui demande des travaux supplémentaires, en domaine public ou privé.
- Réseau à très haute capacité : catégorie utilisée par la Commission européenne pour les réseaux fixes les plus performants, dont la fibre jusqu'à l'abonné.
- Réseau d'initiative publique : réseau de fibre construit à l'initiative de collectivités territoriales, dans les zones que les opérateurs privés ne couvrent pas seuls.
- RTC : réseau téléphonique commuté, le réseau de téléphonie fixe historique, porté par le cuivre.
- Site mobile (antenne-relais) : emplacement qui accueille les antennes d'un ou de plusieurs opérateurs. Un site est autorisé quand l'ANFR a donné son accord ; il est en service, ou techniquement opérationnel, quand l'opérateur le déclare ainsi.
- Taux d'adoption (ou d'abonnement) : part des locaux couverts par la fibre pour lesquels un abonnement est souscrit.
- TPE : très petite entreprise.
- Zone blanche : zone où aucun opérateur mobile n'assure de couverture.
Sources
- Arcep, Suivi du New Deal mobile (tableau de bord trimestriel, données au 30 juin 2026), septembre 2026
- Arcep, New Deal mobile et déploiements 4G : état des lieux du dispositif de couverture ciblée au 30 juin 2026, septembre 2026
- Arcep, Qualité des services mobiles en métropole : l'Arcep publie les résultats de sa campagne de mesures 2025 (communiqué de presse du 20 novembre 2025), novembre 2025
- Arcep, Services fixes haut et très haut débit : abonnements et déploiements, 2e trimestre 2026, résultats provisoires (Observatoire des marchés des communications électroniques), septembre 2026
- Arcep, Communiqué de presse « L'Arcep publie la huitième édition de son observatoire sur la qualité des réseaux en fibre optique », juillet 2026
- Arcep, Dossier de presse « La fermeture du cuivre au 31 janvier 2026 : état des lieux et comment s'y préparer ? », janvier 2026
- Arcep, Les services de communications électroniques : le marché entreprise, résultats définitifs, année 2024 (observatoire des marchés des communications électroniques), décembre 2025
- ANFR, Observatoire mensuel du déploiement des réseaux mobiles au 1er septembre 2026, septembre 2026
- Cour des comptes, Rapport public annuel 2026, chapitre « Faire du numérique un soutien à la cohésion et à l'attractivité dans les territoires », mars 2026
- Orange, Plan de fermeture du réseau de boucle locale cuivre d'Orange (version notifiée à l'Arcep, février 2022), février 2022
- Commission européenne, Digital Decade Short Country Report 2026, France (annexe de la communication COM(2026) 288 « State of the Digital Decade 2026 »), juin 2026
- BEREC, BEREC Progress Report on managing copper network switch-off, BoR (25) 66, juin 2025
- ENISA, Telecom Security Incidents 2024, juillet 2025
- Bundesnetzagentur, Mobilfunk-Monitoring (Gigabit-Grundbuch), données de juin 2026, juin 2026
- FTTH Council Europe, European FTTH/B Market Panorama 2026 (données de septembre 2025), mars 2026
- InfraNum et Avicca, Observatoire de la transition numérique des territoires 2026, mai 2026
- InfraNum et Avicca, Communiqué de présentation de l'Observatoire de la transition numérique des territoires 2026, mai 2026
- Covage et InfraNum, Baromètre 2025 « Fibre et usages numériques en entreprise », 6e édition (présentation des résultats), septembre 2025
- nPerf, Baromètre des connexions Internet mobiles en France, du 01/01/2025 au 31/12/2025, janvier 2026
- nPerf, Baromètre des connexions Internet fixes en France, du 01/01/2025 au 31/12/2025, janvier 2026
- Opensignal, France, Mobile Network Experience Report, November 2025, novembre 2025
