Petites entreprises, indépendants et travail

105 chiffres sur la transmission et la reprise d'entreprise en France (octobre 2026)

· Par l’équipe éditoriale de Rappli · 28 min de lecture

En France, aucune source ne donne à elle seule le nombre d'entreprises qui changent de main chaque année : la Direction générale des Entreprises (DGE) compte les annonces publiées au Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales (Bodacc), Altares les ventes de fonds de commerce, et Bpifrance Le Lab estime, à partir du comptage de la DGE, les transmissions d'entreprises employeuses. Cette page réunit ces comptages et les chiffres disponibles sur quatre autres questions : combien de dirigeants approchent du départ, combien d'entreprises restent sans repreneur, à quel prix et en combien de temps se fait une reprise, et ce que deviennent les entreprises reprises.

La reprise est une voie courante pour devenir chef d'entreprise : fin 2024, 32 % des dirigeants de très petites entreprises (TPE, ici de 0 à 19 salariés) interrogés par l'Ifop pour Fiducial étaient à la tête d'une entreprise issue d'une reprise, et non d'une création (Fiducial, janvier 2025). La question de la relève dépasse la France : en 2024, l'Union européenne compte près de 8,9 millions d'indépendants âgés de 55 ans ou plus, y compris ceux qui emploient des salariés (Commission européenne, juin 2026).

La page s'adresse aux dirigeants de TPE et de petites et moyennes entreprises (PME) qui préparent une cession, aux candidats à la reprise, ainsi qu'aux journalistes et aux rédacteurs qui ont besoin d'un chiffre daté. Les données sur l'âge des indépendants viennent de l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Les comparaisons étrangères, signalées comme telles, s'appuient sur KfW Research, le service d'études de la banque publique allemande KfW (Kreditanstalt für Wiederaufbau), et sur la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI).

Chiffres clés

  • En 2024, 37 200 cessions-transmissions d'entreprises ont été publiées au Bodacc en France (hors Mayotte), selon le comptage de la DGE (DGE, juin 2025)
  • En 2025, Altares a enregistré 29 766 ventes et cessions de fonds de commerce en France, contre 31 703 en 2024, soit un recul de 6,1 % (Altares, juin 2026)
  • En 2023, 86 % des entreprises cédées ou transmises en France (hors Mayotte) comptaient moins de 10 salariés (DGE, juin 2025)
  • Parmi les dirigeants de TPE et de PME qui ont repris leur entreprise en France, 49 % l'ont reprise à un membre de leur famille, 17 % ont repris l'entreprise où ils étaient salariés et 34 % une entreprise extérieure (enquête de mai-juin 2025) (Bpifrance Le Lab, novembre 2025)
  • En 2022, environ 500 000 dirigeants d'entreprise ont au moins 60 ans en France ; leurs entreprises emploient 3 millions de salariés (DGE, juin 2025)
  • Fin 2022, 14 % des indépendants (non-salariés hors agriculture, micro-entrepreneurs compris) ont 60 ans ou plus en France (Insee, mai 2025)
  • Dans l'artisanat français, 72 000 sociétés employant des salariés ont un dirigeant de plus de 60 ans ; 200 000 salariés sont concernés, selon un livre blanc publié en janvier 2026 par CMA France, le réseau des chambres de métiers et de l'artisanat (CMA France, janvier 2026)
  • Fin 2024, en France, près de quatre dirigeants de TPE sur dix (39 %) déclarent vouloir cesser ou transmettre leur activité au cours des dix années à venir, contre 28 % en 2010 (baromètre Ifop pour Fiducial, entreprises de 0 à 19 salariés) (Fiducial, janvier 2025)
  • Chez les dirigeants de TPE et de PME, l'intention de transmettre dans les cinq ans culmine entre 60 et 64 ans : 12 % avant 40 ans, 44 % entre 55 et 59 ans et 69 % entre 60 et 64 ans (France, 2025) (Bpifrance Le Lab, novembre 2025)
  • 58 % des dirigeants qui comptent fermer sans chercher à transmettre estiment que leur entreprise ne vaudrait pas assez pour être vendue : c'est la première raison citée (France, enquête de 2025) (Bpifrance Le Lab, novembre 2025)
  • En 2024, les prix médians de cession les plus bas en France concernent les services aux particuliers (42 000 €) et la restauration rapide (55 000 €), selon la DGE (DGE, juin 2025)
  • En 2024, le prix médian de cession d'une pharmacie atteint 1 075 000 € en France : c'est le plus élevé de tous les secteurs comparés par la DGE (DGE, juin 2025)
  • En France, les dirigeants de TPE et de PME (1 à 249 salariés) qui prévoient de transmettre comptent le faire dans 4,5 ans en moyenne (médiane : 3 ans) ; 23 % d'entre eux visent une transmission d'ici un an (enquête de mai-juin 2025) (Bpifrance Le Lab, novembre 2025)
  • 85,5 % des entreprises reprises en 2018 en France étaient encore en activité trois ans plus tard, en 2021, soit 4,1 points de plus que les entreprises créées la même année (calculs de la DGE à partir de l'enquête Sine de l'Insee) (DGE, juin 2025)

Le marché de la cession et de la reprise d'entreprise en France

Les cessions d'entreprises ont reculé depuis 2012, malgré le rebond qui a suivi la crise sanitaire. Elles concernent surtout de très petites affaires de la restauration et du commerce.

Nombre de cessions-transmissions d'entreprises publiées au Bodacc en France, par an : 42 500 en 2012, 39 800 en 2013, 35 900 en 2015, 36 400 en 2019, 31 900 en 2020, 33 100 en 2021, 38 500 en 2022, 37 300 en 2023 et 37 200 en 2024.
Figure 1 : les cessions-transmissions d'entreprises publiées au Bodacc en France (hors Mayotte) sont passées de 42 500 en 2012 à 37 200 en 2024, avec un point bas à 31 900 en 2020. Sur cette série, la plus longue de cette page, aucune année n'a retrouvé le niveau de 2012. Source : DGE, Les Thémas de la DGE n° 30, « Les transmissions d'entreprises : tendances, défis et enjeux pour l'économie française », décembre 2024. Capture d'une page du document de la source, capturée le 5 octobre 2026.

Combien d'entreprises sont cédées ou transmises chaque année en France ?

Environ 26 000 entreprises d'au moins un salarié sont transmises chaque année en France, estime Bpifrance Le Lab à partir des annonces légales comptées par la DGE pour 2024, hors entreprises sans salarié (Bpifrance Le Lab, novembre 2025). Ces annonces (figure 1) et les ventes de fonds de commerce relèvent d'autres périmètres : les comptages ne s'additionnent pas.

  • La série de la DGE débute en 2012, avec 42 500 cessions-transmissions d'entreprises publiées au Bodacc en France hors Mayotte (DGE, juin 2025).
  • Les cessions-transmissions publiées au Bodacc ont touché leur point bas en 2020, pendant la crise sanitaire : près de 32 000 en France hors Mayotte (DGE, juin 2025).
  • En France, 6,7 % des cessions-transmissions de 2023 relevaient d'une procédure collective (sauvegarde, redressement ou liquidation), contre 10,3 % au pic de 2014 (DGE, juin 2025).
  • Altares, qui ne suit que les fonds de commerce, a compté 7 723 ventes et cessions en France au premier trimestre 2026, soit 2,9 % de moins qu'au premier trimestre 2025 (Altares, juin 2026).
  • BPCE L'Observatoire, avec sa propre méthode de comptage, recense plus de 76 000 opérations en France en 2013 et moins de 51 000 en 2016, soit un recul d'un tiers en trois ans (BPCE L'Observatoire, mai 2019).

Quelles entreprises sont le plus souvent cédées en France ?

En France, les entreprises cédées sont surtout des TPE de l'hôtellerie-restauration et du commerce.

  • L'hôtellerie-café-restauration est le premier secteur des cessions-transmissions en France hors Mayotte en 2024, avec 29 % des opérations (DGE, juin 2025).
  • Le commerce représente 28 % des cessions-transmissions de 2024 en France hors Mayotte, dont 19 points pour le seul commerce de détail (DGE, juin 2025).
  • La restauration traditionnelle est l'activité où il s'est vendu le plus de fonds de commerce en France en 2025 : 4 362 transactions, en repli de 5,7 % sur un an (Altares, juin 2026).
  • En 2025, les entreprises de moins de 10 salariés concentrent 27 276 ventes de fonds de commerce en France, soit plus de 91 % des opérations (Altares, juin 2026).
  • Près d'un quart des ventes de fonds de commerce de 2025 en France (24,4 %, soit 7 260 transactions) ont eu lieu dans une petite ville de 5 000 à 20 000 habitants (Altares, juin 2026).
  • En France, en 2016, le taux de cession allait de 1,9 % pour les TPE de 1 à 5 salariés à 13,3 % pour les entreprises de taille intermédiaire (ETI), soit un rapport de 1 à 7 (BPCE L'Observatoire, mai 2019).

Qui reprend les entreprises : la famille, un salarié ou un tiers ?

En France, la famille est le premier repreneur, d'après les dirigeants en place (voir les chiffres clés). BPCE L'Observatoire, qui compte les opérations d'une année, lui attribue une part plus faible.

  • Parmi les repreneurs français de TPE et PME interrogés en 2025, 71 % ont repris des titres de société et 29 % un fonds de commerce, artisanal ou libéral (Bpifrance Le Lab, novembre 2025).
  • En 2016, la transmission familiale représentait 22 % des cessions de PME et d'ETI en France ; c'est la seule modalité de cession à ne pas avoir reculé entre 2013 et 2016 (BPCE L'Observatoire, mai 2019).
  • En France, en 2014, 16,6 % des cessions-transmissions de sociétés de moins de 10 salariés étaient des transmissions familiales à titre gratuit : 7 615 opérations sur 45 761 (BPCE L'Observatoire, mai 2017).
  • L'acheteur d'un fonds de commerce a 42 ans en moyenne en France en 2025, et le vendeur 52 ans (Altares, juin 2026).
  • En Allemagne, 55 % des dirigeants de PME (Mittelstand, indépendants seuls compris) qui envisagent une succession souhaitent en 2025 transmettre l'entreprise à un membre de leur famille (plusieurs réponses possibles) (KfW Research, janvier 2026).
  • En Allemagne, 42 % des dirigeants de PME qui envisagent une succession pensent en 2025 à un repreneur extérieur (KfW Research, janvier 2026).

Les dirigeants qui approchent du départ

Le départ d'un dirigeant est d'abord une affaire d'âge. L'intention de transmettre grimpe jusqu'aux abords de la retraite, puis retombe : les dirigeants encore en poste après 65 ans se fixent moins souvent une échéance.

Part des dirigeants de TPE et de PME qui comptent transmettre leur entreprise dans les cinq ans, selon leur âge : 12 % avant 40 ans, 16 % de 40 à 44 ans, 28 % de 45 à 49 ans, 22 % de 50 à 54 ans, 44 % de 55 à 59 ans, 69 % de 60 à 64 ans, 51 % de 65 à 69 ans et 49 % à 70 ans et plus.
Figure 2 : la part des dirigeants de TPE et de PME qui comptent transmettre leur entreprise dans les cinq ans augmente avec l'âge, de 12 % avant 40 ans à 69 % entre 60 et 64 ans, puis redescend à 51 % entre 65 et 69 ans et à 49 % à partir de 70 ans. Passé 65 ans, environ un dirigeant sur deux ne déclare donc pas d'intention de transmettre à cet horizon. Source : Bpifrance Le Lab, Transmission et reprise d'entreprise : perspectives de marché et facteurs clés de succès, juin 2025. Capture d'une page du document de la source, capturée le 5 octobre 2026.

Combien de dirigeants d'entreprise ont 60 ans ou plus ?

Hors micro-entrepreneurs, environ 350 000 dirigeants de sociétés et d'entreprises individuelles ont au moins 60 ans en France en 2022 (DGE, juin 2025).

  • Fin 2022, en France (hors Mayotte, hors agriculture), 12 % des micro-entrepreneurs ont 60 ans ou plus, contre 16 % des non-salariés classiques (Insee, mai 2025).
  • En France, en 2022, l'enseignement, la santé humaine et l'action sociale réunissent 24 % des dirigeants non salariés d'au moins 60 ans, plus que tout autre secteur (DGE, juin 2025).
  • Parmi les dirigeants de PME et d'ETI en France, la part des 60 ans et plus est passée de 14,6 % en 2005 à 17,2 % en 2010, puis à 21,1 % en 2014 (BPCE L'Observatoire, mai 2017).
  • En Allemagne, 36 % des propriétaires-dirigeants du Mittelstand ont plus de 60 ans en 2025, contre 12 % en 2003 (KfW Research, janvier 2026).
  • En 2025, 57 % des propriétaires-dirigeants du Mittelstand allemand ont 55 ans ou plus, soit plus de 2 millions de personnes, contre 20 % vingt ans plus tôt (KfW Research, janvier 2026).
  • L'âge moyen des propriétaires-dirigeants du Mittelstand allemand dépasse légèrement 54 ans en 2025, contre 45 ans en 2003 (KfW Research, janvier 2026).

Voir aussi le guide sur la retraite du micro-entrepreneur.

Combien de dirigeants comptent transmettre leur entreprise, et dans quel délai ?

En France, en 2025, 40 % des dirigeants d'entreprises d'au moins un salarié comptent transmettre leur entreprise dans les cinq ans, et 11 % à plus long terme (Bpifrance Le Lab, novembre 2025).

  • L'intention de transmettre dans les cinq ans diminue avec la taille de l'entreprise : en France, en 2025, elle concerne 40 % des dirigeants de TPE de 1 à 9 salariés, contre 23 % des dirigeants d'ETI (Bpifrance Le Lab, novembre 2025).
  • Selon le secteur, la part des dirigeants français qui comptent transmettre dans les cinq ans va, en 2025, de 54 % dans le tourisme (hébergement, restauration, agences de voyage) à 32 % dans la construction (Bpifrance Le Lab, novembre 2025).
  • Au Canada, d'après un rapport de janvier 2023, plus de trois propriétaires de PME sur quatre (76 %) prévoient de quitter leur entreprise dans les dix ans (FCEI, janvier 2023).
  • En Allemagne, environ 186 000 propriétaires-dirigeants du Mittelstand prévoient de se retirer d'ici la fin 2026 en confiant leur entreprise à un successeur, soit environ 5 % des petites et moyennes entreprises du pays (KfW Research, janvier 2026).
  • Environ 545 000 des 3,87 millions d'entreprises du Mittelstand allemand visent une succession d'ici la fin 2029, soit environ 109 000 par an (KfW Research, janvier 2026).

Pourquoi les dirigeants cèdent-ils leur entreprise ?

En France, en 2025, 64 % des dirigeants qui ont l'intention de transmettre leur entreprise donnent pour motif principal la préparation de leur retraite ; cette part atteint 81 % chez les 60 ans et plus et tombe à 21 % chez les moins de 50 ans (Bpifrance Le Lab, novembre 2025).

  • Viennent ensuite la réduction du temps de travail ou de la charge psychologique (10 %), puis un autre projet professionnel et un projet personnel, à 8 % chacun (Bpifrance Le Lab, novembre 2025).
  • Les moins de 50 ans forment 13 % des dirigeants français qui ont l'intention de transmettre ; parmi eux, 26 % veulent se consacrer à un autre projet et 25 % réduire leur charge de travail ou leur charge psychologique (Bpifrance Le Lab, novembre 2025).
  • La moitié (50 %) des dirigeants français qui ont l'intention de transmettre n'ont pas, en 2025, de projet précis pour la suite (Bpifrance Le Lab, novembre 2025).
  • Au Canada, d'après un rapport de janvier 2023, la retraite est la première raison de départ des propriétaires de PME (75 %), loin devant l'épuisement (22 %) (FCEI, janvier 2023).
  • En Allemagne, l'âge du dirigeant est le premier motif des fermetures envisagées à son départ : 52 % des entreprises du Mittelstand concernées le citent en 2025 (KfW Research, janvier 2026).

Les entreprises qui ne trouvent pas de repreneur

Le manque de repreneurs n'explique qu'une partie des transmissions qui n'ont pas lieu. Des dirigeants renoncent à transmettre avant d'avoir cherché un repreneur, parce qu'ils doutent de la valeur de leur entreprise ou la jugent trop liée à leur personne.

Raisons citées par les dirigeants qui comptent fermer leur entreprise sans chercher à la transmettre : l'entreprise ne vaut pas assez pour être vendue (58 %), l'activité repose trop sur leur personne (41 %), l'entreprise ne rémunère pas assez pour intéresser un repreneur (26 %), aucun repreneur potentiel identifié (16 %), barrières psychologiques à transmettre (4 %).
Figure 3 : parmi les dirigeants qui comptent fermer leur entreprise sans chercher à la transmettre (2 % des dirigeants interrogés), 58 % estiment qu'elle ne vaut pas assez pour être vendue et 41 % que l'activité repose trop sur leur personne, quand 16 % seulement disent n'avoir identifié aucun repreneur potentiel. Le blocage vient donc d'abord du regard que le dirigeant porte sur sa propre entreprise. Source : Bpifrance Le Lab, Transmission et reprise d'entreprise : perspectives de marché et facteurs clés de succès, juin 2025. Capture d'une page du document de la source, capturée le 5 octobre 2026.

Combien d'entreprises sont à transmettre d'ici 2030 en France ?

Environ 370 000 entreprises françaises de 1 à 4 999 salariés pourraient être transmises d'ici 2030, selon l'estimation que Bpifrance Le Lab tire des intentions déclarées par leurs dirigeants en 2025 (Bpifrance Le Lab, novembre 2025). Ce potentiel se compare aux transmissions d'entreprises employeuses, non à l'ensemble des annonces du Bodacc, qui incluent des entreprises sans salarié.

  • Ramené à l'année, ce potentiel représente 74 000 entreprises françaises d'au moins un salarié à transmettre, bien plus que les transmissions constatées (voir la première partie) (Bpifrance Le Lab, novembre 2025).
  • Parmi les dirigeants français de 65 ans et plus, 39 % ne déclarent en 2025 aucune intention de transmettre leur entreprise, sans pour autant prévoir de la fermer (Bpifrance Le Lab, novembre 2025).
  • Céder n'attend pas toujours la retraite : en France, environ 33 % des cessions-transmissions d'entreprises sont engagées par un dirigeant de 60 ans ou plus, d'après des données de 2022 (DGE, juin 2025).
  • L'âge auquel on cède le plus souvent est 61 ans : 4,8 % des entreprises cédées ou transmises en France en 2022 avaient un dirigeant de cet âge (DGE, juin 2025).
  • Les dirigeants français qui transmettent leur entreprise ont un âge médian de 55 ans, et de 59 ans dans le commerce de détail (DGE, juin 2025).

Combien d'entreprises ferment faute de repreneur ?

On ne le sait pas : aucune des sources réunies ici ne mesure directement ces fermetures. Restent des intentions déclarées et un comptage ancien des disparitions de sociétés, toutes causes confondues.

  • En France, 1 % des dirigeants de TPE et de PME employeuses interrogés en 2025 comptent fermer leur entreprise faute de repreneur (Bpifrance Le Lab, novembre 2025).
  • Dans la même enquête de 2025, 2 % des dirigeants français prévoient de fermer leur entreprise sans chercher à la transmettre (Bpifrance Le Lab, novembre 2025).
  • Parmi les dirigeants français qui ont l'intention de transmettre, 20 % déclarent en 2025 qu'ils préféreraient fermer l'entreprise s'ils n'arrivaient pas à la transmettre en temps voulu (Bpifrance Le Lab, novembre 2025).
  • En 2014, année étudiée par BPCE L'Observatoire, 101 273 sociétés commerciales de moins de 10 salariés ont disparu en France, soit 5,9 % d'entre elles (BPCE L'Observatoire, mai 2017).
  • Sur ces disparitions de 2014, 62 902 étaient des arrêts sans procédure judiciaire, que BPCE L'Observatoire appelle « morts naturelles », et 38 371 des disparitions judiciaires (BPCE L'Observatoire, mai 2017).
  • En Allemagne, une entreprise du Mittelstand sur quatre (25 %) envisage en 2025 de fermer volontairement après le départ de son dirigeant actuel (KfW Research, janvier 2026).

Deux guides décrivent les démarches : fermer une micro-entreprise et suspendre temporairement son activité.

Pourquoi des dirigeants renoncent-ils à chercher un repreneur ?

Les dirigeants qui comptent fermer sans chercher à transmettre estiment surtout que leur entreprise ne vaut pas assez pour être vendue (figure 3).

  • Deuxième raison, citée par 41 % de ces dirigeants français en 2025 : l'activité repose trop sur leur personne (savoir-faire, relations ou image) (Bpifrance Le Lab, novembre 2025).
  • Suivent une rémunération jugée insuffisante pour intéresser un repreneur (26 %), puis l'absence de repreneur potentiel identifié (16 %) ; les freins psychologiques sont cités par 4 % de ces dirigeants (Bpifrance Le Lab, novembre 2025).
  • Les dirigeants français qui veulent transmettre redoutent d'abord, en 2025, de ne recevoir aucune offre de reprise (19 %), puis d'en recevoir une à un prix jugé trop faible (18 %) (Bpifrance Le Lab, novembre 2025).
  • Au Canada, d'après un rapport de janvier 2023, trouver un acheteur ou un successeur qui convienne est le premier obstacle à la préparation de la relève : 54 % des propriétaires de PME le citent (FCEI, janvier 2023).
  • Parmi les propriétaires de PME canadiens, 43 % peinent à évaluer leur entreprise et 39 % disent qu'elle dépend trop d'eux au quotidien (FCEI, janvier 2023).
  • En Allemagne, 69 % des entreprises du Mittelstand citent en 2025 la difficulté à trouver un successeur qui convienne, premier obstacle à la transmission (KfW Research, janvier 2026).

Prix, financement et délais d'une reprise

Le prix d'une reprise varie beaucoup selon l'activité : d'un secteur à l'autre, le prix médian va de un à vingt-cinq environ. Le financement repose surtout sur la banque, et les cédants comptent en années quand les repreneurs comptent en mois.

Prix médian de cession d'une entreprise par secteur d'activité en France en 2024, en milliers d'euros : services aux particuliers 42, restaurant rapide 55, habillement 70, BTP 100, commerce alimentaire 126, restaurant traditionnel 130, industrie 130, agriculture 140, hébergement 200, pharmacie 1 075 ; ensemble des secteurs 125.
Figure 4 : en 2024, le prix médian de cession va de 42 000 € dans les services aux particuliers à 1 075 000 € pour une pharmacie, pour une médiane de 125 000 € tous secteurs confondus. Parler du prix d'une reprise n'a donc de sens qu'activité par activité. Source : DGE, Les Thémas de la DGE n° 30, « Les transmissions d'entreprises : tendances, défis et enjeux pour l'économie française », décembre 2024. Capture d'une page du document de la source, capturée le 5 octobre 2026.

À quel prix se vend une petite entreprise ?

En France, le prix médian d'une cession d'entreprise est passé de 108 000 € en 2012 à 125 000 € en 2024, d'après les annonces du Bodacc (DGE, juin 2025).

  • Le prix moyen, tiré vers le haut par les grosses cessions, atteint 303 000 € en 2024 en France, contre 255 000 € en 2012, soit une hausse de 19 % (DGE, juin 2025).
  • En 2024, en France, une cession d'entreprise sur dix s'est faite à moins de 30 000 € et une sur dix à plus de 500 000 € (DGE, juin 2025).
  • Dans l'hébergement, le prix médian de cession est de 200 000 € en France en 2024 (DGE, juin 2025).
  • Un fonds de commerce s'est vendu 241 781 € en moyenne en France en 2025, soit 6,4 % de moins qu'en 2024 (Altares, juin 2026).
  • Le prix médian d'un fonds de commerce a pourtant progressé de 2,5 % en France en 2025, à 112 700 € contre 110 000 € en 2024 (Altares, juin 2026).
  • En Allemagne, les dirigeants de PME (Mittelstand) qui visent une succession d'ici la fin 2029 espèrent en 2025 vendre leur entreprise environ 499 000 € en moyenne ; le prix médian visé est de 375 000 € (KfW Research, janvier 2026).

Comment une reprise d'entreprise est-elle financée ?

Surtout par la banque : en France, 73 % des dirigeants qui ont repris une TPE ou une PME employeuse, interrogés en 2025, ont eu recours à un crédit bancaire, et la banque apporte en moyenne 57 % du financement de la reprise (Bpifrance Le Lab, novembre 2025).

  • L'apport personnel est la deuxième source de financement d'une reprise en France : il couvre en moyenne 27 % du montant total, d'après les repreneurs d'entreprises employeuses (Bpifrance Le Lab, novembre 2025).
  • Le crédit-vendeur a servi à 17 % des repreneurs français d'entreprises employeuses ; chez eux, il a financé en moyenne 40 % de l'opération (Bpifrance Le Lab, novembre 2025).
  • Les investisseurs en fonds propres ont été sollicités par 10 % des repreneurs français d'entreprises employeuses ; ils ont alors apporté en moyenne 49 % du financement (Bpifrance Le Lab, novembre 2025).
  • Trouver les financements nécessaires est le premier obstacle cité : en France, 30 % des dirigeants qui ont repris une entreprise employeuse déclarent avoir eu du mal à y parvenir (Bpifrance Le Lab, novembre 2025).
  • En France, en 2018, 62 % des repreneurs adhérents du CRA (Cédants et repreneurs d'affaires) déclaraient un apport personnel compris entre 100 000 € et 500 000 €, 11 % un apport inférieur et 12 % un apport supérieur (CRA, juin 2019).

Combien de temps faut-il pour céder ou reprendre une entreprise ?

Les cédants se donnent plusieurs années (voir les chiffres clés) ; les repreneurs mettent moins d'un an en moyenne à trouver leur entreprise.

  • En France, les repreneurs externes, qui ne travaillaient pas dans l'entreprise et n'appartiennent pas à la famille du cédant, ont mis 10 mois en moyenne à trouver l'entreprise qu'ils ont reprise (Bpifrance Le Lab, novembre 2025).
  • Dans l'artisanat, les repreneurs français ont mis 9,4 mois en moyenne à trouver l'entreprise à reprendre, contre 7,8 mois hors artisanat (Bpifrance Le Lab, novembre 2025).
  • Parmi les dirigeants français qui comptent transmettre dans plus d'un an, 70 % n'en sont qu'à la réflexion ou n'ont pas commencé à se préparer, contre 11 % de ceux qui visent une transmission dans l'année (Bpifrance Le Lab, novembre 2025).
  • En 2025, 16 % des dirigeants français qui comptent transmettre ont déjà finalisé les négociations avec un repreneur, et 11 % en ont identifié un avec lequel ils négocient (Bpifrance Le Lab, novembre 2025).
  • En Allemagne, 26 % des dirigeants de PME (Mittelstand) qui préparent une succession ont déjà trouvé leur successeur en 2025 : 14 % ont conclu les négociations et 12 % négocient encore (KfW Research, janvier 2026).
  • Au Canada, seul un propriétaire de PME sur dix (9 %) dispose d'un plan de relève formel (FCEI, janvier 2023).

Ce que deviennent les entreprises reprises

Reprendre une entreprise est un peu moins risqué que d'en créer une, sans rien garantir pour autant. Les premiers mois restent délicats pour une partie des repreneurs, et la plupart des cédants comme des repreneurs se font accompagner.

Entreprises reprises en 2018 en France : 2,5 emplois en moyenne à un an et 4,2 à trois ans, un chiffre d'affaires de 227 000 € à un an et de 475 000 € à trois ans, et 85,5 % encore en activité trois ans plus tard, soit 4,1 points de plus que les entreprises créées la même année.
Figure 5 : 85,5 % des entreprises reprises en 2018 étaient encore en activité trois ans plus tard, soit 4,1 points de plus que les entreprises créées la même année ; elles emploient aussi davantage et réalisent un chiffre d'affaires plus élevé, à un an comme à trois ans. L'avantage de la reprise est réel, mais il se compte en quelques points. Source : DGE, Les Thémas de la DGE n° 30, « Les transmissions d'entreprises : tendances, défis et enjeux pour l'économie française », 2021 (entreprises créées ou reprises en 2018). Capture d'une page du document de la source, capturée le 5 octobre 2026.

Une entreprise reprise dure-t-elle plus longtemps qu'une entreprise créée ?

Oui : à trois ans, les reprises de 2018 sont plus souvent en activité que les créations de la même année (figure 5). La survie varie ensuite avec la trésorerie de départ, le profil du repreneur et le mode de transmission.

  • En France, 88 % des entreprises reprises en 2018 avec au moins 80 000 euros de liquidités au départ ont passé le cap des trois ans, contre 81 % de celles qui disposaient de 1 000 à 16 000 euros (DGE, juin 2025).
  • À profil comparable, une entreprise reprise en 2018 en France par un ancien dirigeant a moins de chances d'être encore en activité trois ans plus tard qu'une entreprise reprise par un ancien salarié : la DGE mesure un rapport de cotes de 0,82 (DGE, juin 2025).
  • Plus de 90 % des entreprises créées en France par le rachat d'un fonds de commerce sont encore en activité trois ans après, selon Altares (Altares, juin 2026).
  • Parmi les PME et ETI cédées en 2010 en France, 93 % de celles qui ont été transmises dans la famille existaient encore trois ans plus tard, contre 77 % de celles qui ont été cédées hors de la famille (BPCE L'Observatoire, mai 2017).

Que deviennent l'activité et la clientèle après une reprise ?

En France, près d'un repreneur sur deux (49 %) dit n'avoir rencontré aucune difficulté significative dans les mois qui ont suivi la reprise de son entreprise, selon une enquête de mai-juin 2025 (Bpifrance Le Lab, novembre 2025).

  • Seule mesure directe pour la clientèle : la perte de clients est citée par 9 % des repreneurs français parmi les principales difficultés des mois qui suivent la reprise, juste derrière un outil de production inadapté ou non compétitif (10 %) (Bpifrance Le Lab, novembre 2025).
  • Après la reprise, 62 % des repreneurs français ont pu compter sur la disponibilité du cédant pour les accompagner ; dans 28 % des cas, il a gardé des fonctions dans l'entreprise (Bpifrance Le Lab, novembre 2025).
  • Cinq ans après la reprise, 70 % des repreneurs français disent avoir atteint les prévisions d'activité et de développement qu'ils s'étaient fixées : 22 % totalement et 48 % dans l'ensemble (Bpifrance Le Lab, novembre 2025).
  • Trois ans après, les entreprises reprises en 2018 en France comptent en moyenne 4,2 emplois, contre 3,2 pour les entreprises créées la même année (DGE, juin 2025).
  • À trois ans, une entreprise reprise en France en 2018 réalise 475 k€ de chiffre d'affaires (475 000 euros), contre 436 k€ pour une entreprise créée la même année (DGE, juin 2025).

Qui accompagne les cédants et les repreneurs ?

L'expert-comptable est le conseil le plus sollicité, devant l'avocat. En France, 84 % des dirigeants qui ont l'intention de transmettre leur entreprise se font accompagner ou comptent le faire, selon une enquête de mai-juin 2025 (Bpifrance Le Lab, novembre 2025).

  • Parmi les dirigeants français qui ont l'intention de transmettre leur entreprise, 53 % se font ou comptent se faire accompagner par un expert-comptable, 39 % par un cabinet d'avocats et 24 % par Bpifrance, une chambre consulaire, le CRA ou un autre réseau d'accompagnement (Bpifrance Le Lab, novembre 2025).
  • Du côté des repreneurs français, 26 % n'ont sollicité aucun accompagnement pour leur projet, hors financement ; 58 % ont fait appel à un expert-comptable, 38 % à un cabinet d'avocats et 25 % à Bpifrance, aux chambres consulaires, au CRA ou à un autre réseau d'accompagnement (Bpifrance Le Lab, novembre 2025).
  • Au Canada, pour préparer leur relève, 43 % des propriétaires de PME font appel à un comptable et près d'un quart (24 %) à un avocat, selon un rapport de janvier 2023 (FCEI, janvier 2023).
  • Environ deux propriétaires de PME canadiens sur cinq (39 %) préparent seuls leur plan de relève (FCEI, janvier 2023).

Méthodologie et sources

Tous les chiffres de cette page viennent de sources primaires : administrations (DGE, Insee, Commission européenne), observatoires et services d'études (Bpifrance Le Lab, BPCE L'Observatoire, KfW Research, Altares), réseaux et organisations professionnelles (CMA France, CRA, FCEI) et baromètre d'opinion (Ifop pour Fiducial). Chaque chiffre a été relu dans le document d'origine, avec son périmètre, son unité et, quand la source la précise, son année ; la vérification date du 5 octobre 2026. Les comptages de cessions portent sur des champs différents et ne s'additionnent pas.

Les données de BPCE L'Observatoire sont anciennes (2005 à 2016) : elles sont conservées, avec leur date, faute de mesure plus récente trouvée sur le même champ. Sur les 105 chiffres de la page, 85 portent sur la France ; les chiffres allemands et canadiens, comme celui de l'Union européenne, sont des comparaisons et ne décrivent pas la France. Dans le texte et dans la liste des sources, la date qui suit chaque source est celle de la publication du document ; sous les figures, c'est celle des données. La page est revue chaque mois, et un chiffre est remplacé dès que son producteur publie une nouvelle édition.

Glossaire

  • Cession, transmission, reprise : trois mots pour une même opération. La cession la désigne du côté du vendeur, la reprise du côté de l'acquéreur ; la transmission couvre aussi le passage de l'entreprise par donation. La DGE et BPCE L'Observatoire comptent des cessions-transmissions, Altares des ventes de fonds de commerce, Bpifrance Le Lab des transmissions et des reprises déclarées par les dirigeants.
  • Fonds de commerce et cession de titres : vendre le fonds, c'est vendre la clientèle, le bail et le matériel ; céder des titres, c'est vendre les parts ou les actions de la société. Altares ne compte que les ventes de fonds.
  • Bodacc : Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales, où sont publiées les ventes et les cessions ; c'est la source de la série de la DGE.
  • Procédure collective : sauvegarde, redressement ou liquidation judiciaire ; dans ce cadre, une entreprise peut être cédée sur décision du tribunal.
  • TPE, PME, ETI : très petite entreprise (moins de 10 salariés), petite et moyenne entreprise (moins de 250 salariés), entreprise de taille intermédiaire (moins de 5 000 salariés). Le champ exact de chaque source est rappelé avec le chiffre.
  • Prix moyen et prix médian : la moyenne est tirée vers le haut par les grosses cessions ; la médiane partage les ventes en deux moitiés.
  • Survie à trois ans (taux de pérennité) : part des entreprises encore en activité trois ans après leur création ou leur reprise.
  • Sine : Système d'information sur les nouvelles entreprises, enquête de l'Insee qui suit une génération d'entreprises.
  • Rapport de cotes : mesure statistique qui compare les chances de deux groupes ; inférieur à 1, il indique des chances plus faibles pour le premier groupe.
  • Crédit-vendeur : le cédant accepte d'être payé en partie plus tard par le repreneur.
  • Transmission familiale, reprise par un salarié, reprise externe : les trois grandes voies de reprise, selon que le repreneur appartient à la famille du cédant, travaillait dans l'entreprise ou vient de l'extérieur.
  • « Mort naturelle » : terme de BPCE L'Observatoire pour la disparition d'une société sans procédure judiciaire.
  • Non-salariés classiques et micro-entrepreneurs : les deux catégories d'indépendants que distingue l'Insee.
  • Mittelstand : les petites et moyennes entreprises allemandes ; dans le panel de KfW, le champ inclut les indépendants qui travaillent seuls.
  • DGE : Direction générale des Entreprises, rattachée au ministère de l'Économie.
  • Insee : Institut national de la statistique et des études économiques.
  • CMA France : tête de réseau des chambres de métiers et de l'artisanat.
  • CRA : Cédants et repreneurs d'affaires, association qui met en relation cédants et repreneurs.
  • FCEI : Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (CFIB en anglais).
  • KfW : Kreditanstalt für Wiederaufbau, banque publique allemande ; KfW Research est son service d'études.

Sources