Petites entreprises, indépendants et travail

106 chiffres sur la santé des dirigeants de petites entreprises, en France et à l'étranger (octobre 2026)

· Par l’équipe éditoriale de Rappli · 33 min de lecture

Dans les enquêtes, les dirigeants de petites entreprises se disent en majorité en bonne santé. Les mêmes enquêtes montrent pourtant qu'ils dorment peu et qu'ils attendent le plus souvent un problème de santé pour consulter. La statistique publique compte, de son côté, bien moins de jours d'absence pour maladie chez les indépendants que chez les salariés. Ce décalage entre l'état affiché et les signes d'usure revient d'une source à l'autre, pour la santé physique comme pour la santé mentale.

Cette page réunit des chiffres vérifiés sur la santé des dirigeants, tirés de 21 documents d'origine : baromètres professionnels, statistique publique, travaux de recherche. Ils couvrent l'état de santé général, le stress et la santé mentale, l'épuisement professionnel (burn-out), le sommeil et les consommations, la détresse et le recours à l'aide, avec des repères pris au Canada, au Royaume-Uni, en Australie, aux États-Unis et dans l'Union européenne.

Presque toutes ces mesures reposent sur ce que les dirigeants déclarent, et chaque enquête interroge une population différente : dirigeants employeurs, artisans du bâtiment, indépendants, patrons de PME et d'ETI. Chaque chiffre est donc donné avec sa population, son pays et son année, pour que les journalistes, les rédacteurs et les dirigeants qui le reprennent puissent le citer sans le sortir de son champ.

Chiffres clés

  • En France, 88 % des dirigeants d'entreprises d'au moins un salarié se disent en bon état de santé général (enquête Ifop, 1 000 dirigeants, du 17 février au 5 mars 2026) (Fondation MMA, mars 2026).
  • Début 2026, 24 % des dirigeants d'entreprises d'au moins un salarié jugent leur état psychologique passable ou mauvais ; 76 % le jugent bon ou très bon (France) (Fondation MMA, mars 2026).
  • 33 % des dirigeants d'entreprises d'au moins un salarié ont renoncé, une ou plusieurs fois dans les douze derniers mois, à consulter un médecin ou un spécialiste (France, 2025) (Fondation MMA, mai 2025).
  • Les indépendants déclarent en moyenne 4,2 jours d'absence pour maladie dans l'année, accident du travail compris (France, 2023) (Dares, octobre 2024).
  • En France, 17 % des artisans, commerçants et professionnels libéraux se déclarent en burn-out (enquête de l'Institut supérieur des métiers pour l'U2P, 2025) (U2P/ISM, avril 2026).
  • 17,5 % des dirigeants de TPE et de PME, soit environ 560 000 dirigeants, présentaient un risque de burn-out avant la crise sanitaire, d'après un questionnaire de dépistage (France, 2019) (Amarok, juin 2020).
  • 34 % des dirigeants qui jugent leur état psychologique passable ou mauvais envisagent d'arrêter leur activité, par cessation ou par transmission, pour aller mieux (France, début 2026) (Fondation MMA, mars 2026).
  • La charge de travail est la cause de stress la plus citée par les artisans du bâtiment, des travaux publics et du paysage : 52 % en 2025, contre 45 % en 2024 (France) (IRIS-ST, mai 2026).
  • 71 % des dirigeants d'entreprises d'au moins un salarié déclarent dormir en moyenne moins de 7 heures par nuit en semaine (France, 2025) (Fondation MMA, mai 2025).
  • Parmi les actifs de 18 à 64 ans à leur compte, 16,8 % de ceux qui travaillent seuls ont vécu un épisode dépressif caractérisé dans l'année, contre 10,6 % de ceux dont l'entreprise compte au moins une autre personne (France, 2024) (Santé publique France, décembre 2025).
  • 54,3 % des agriculteurs, artisans, commerçants et chefs d'entreprise en activité qui ont vécu un épisode dépressif dans l'année n'ont eu aucun recours aux soins ; la part atteint 62,0 % chez les hommes (France, 2024) (Santé publique France, décembre 2025).
  • 49 % des dirigeants de PME et d'ETI de plus de 10 salariés se sentent isolés dans leur fonction en 2026, contre 45 % en 2016 (France) (Bpifrance Le Lab, juin 2026).
  • Le dispositif APESA d'aide psychologique aux entrepreneurs en souffrance aiguë déclare 14 855 prises en charge déclenchées depuis 2013 (France, page non datée consultée le 5 octobre 2026) (APESA, octobre 2026).
  • Au Canada, 60 % des propriétaires de PME déclarent s'être sentis fatigués, abattus ou sans énergie au moins une fois par semaine au cours des deux semaines précédentes (mars 2025) (BDC, juillet 2025).

L'état de santé général des dirigeants

Les dirigeants se jugent en bonne santé, et ce jugement tient depuis 2015. Leur recours aux soins dit autre chose : ils consultent quand le problème est là, certains y renoncent faute de temps, et les indépendants s'absentent bien moins que les salariés pour maladie.

Courbe et tableau : part des dirigeants interrogés pour le baromètre de la Fondation MMA qui jugent leur état de santé physique bon ou très bon, de 2015 à 2025. 78 % en 2015, 76 % en 2016, 75 % en 2017, 72 % en 2018, 78 % en 2019, 85 % en 2020, 81 % en 2021, 83 % en 2023, 90 % en 2024 et 85 % en 2025. L'année 2022 manque, la question ayant été posée différemment. Détail de 2025 : très bon 40 %, bon 45 %, passable 11 %, mauvais 4 %.
Figure 1 : part des dirigeants interrogés chaque année pour le baromètre de la Fondation MMA qui jugent leur état de santé physique bon ou très bon, de 2015 à 2025. Depuis 2015, cette part n'est jamais descendue sous 72 % (en 2018) et elle a atteint 90 % en 2024 : les dirigeants se disent durablement en bonne santé, ce qui contraste avec leur faible recours aux soins, détaillé dans cette partie. La source intitule cette série « état de santé physique » ; la question posée porte sur l'état de santé « d'une façon générale ». L'année 2022 manque, car la question avait été posée différemment. Source : Fondation MMA des Entrepreneurs du Futur et Bpifrance Le Lab, Baromètre santé des dirigeants de TPE/PME 2025, page 10, mai 2025. Capture d'une page du document de la source, capturée le 5 octobre 2026.

Quelle part des dirigeants de petites entreprises se dit en bonne santé ?

En 2025, en France, 85 % des dirigeants d'entreprises d'au moins un salarié interrogés pour la Fondation MMA jugent leur état de santé très bon ou bon (Fondation MMA, mai 2025). Les enquêtes menées auprès des artisans du bâtiment et des dirigeants de l'industrie donnent des niveaux plus bas.

  • En 2015, première année de cette série, 78 % des dirigeants interrogés en France portaient le même jugement (Fondation MMA, mai 2025).
  • Dans le BTP et le paysage, 69 % des chefs d'entreprise artisanale (0 à 19 salariés) se déclarent en bonne santé (baromètre ARTIsanté, France, décembre 2025 à janvier 2026) (IRIS-ST, mai 2026).
  • L'édition 2024 de ce baromètre donnait 70 % de chefs d'entreprise artisanale du BTP et du paysage en bonne santé, en France (IRIS-ST, mai 2026).
  • Malakoff Humanis relevait 82 % de dirigeants de TPE et de PME en bonne santé dans une étude réalisée en France en avril 2021 (Malakoff Humanis, septembre 2026).
  • Dans cette étude d'avril 2021, 67 % des dirigeants de TPE et de PME de l'industrie se déclaraient en bonne santé, en France (Malakoff Humanis, septembre 2026).

Ces niveaux ne se comparent pas terme à terme : ni la population ni la question ne sont les mêmes.

De quels maux physiques les dirigeants souffrent-ils le plus ?

En France, les douleurs les plus citées par les dirigeants touchent d'abord le dos, puis les articulations. Seule une minorité ne déclare aucun des maux proposés.

  • Le mal de dos arrive en tête des maux cités par les dirigeants interrogés en France pour la Fondation MMA en 2025 : 52 % disent en souffrir (Fondation MMA, mai 2025).
  • En 2021, 42 % des dirigeants interrogés en France pour ce baromètre déclaraient un mal de dos (Fondation MMA, mai 2025).
  • Les douleurs articulaires touchent 45 % des dirigeants interrogés en France en 2025 (Fondation MMA, mai 2025).
  • Les migraines concernent 27 % des dirigeants interrogés en France en 2025 (Fondation MMA, mai 2025).
  • En 2021, 41 % des dirigeants interrogés en France ne déclaraient aucun des maux proposés ; ils ne sont plus que 18 % en 2025 (Fondation MMA, mai 2025).
  • Dans le BTP et le paysage, 56 % des chefs d'entreprise artisanale disent souffrir de douleurs musculaires, problème de santé le plus cité (baromètre ARTIsanté, France, décembre 2025 à janvier 2026) (IRIS-ST, mai 2026).
  • Dans la même enquête, 11 % de ces chefs d'entreprise artisanale déclarent n'avoir aucun problème de santé (France) (IRIS-ST, mai 2026).

La liste du baromètre MMA mêle maux physiques et psychiques, et la source ne donne pas de valeur pour les troubles du sommeil en 2021, ni pour les troubles anxieux avant 2025 : la baisse de la part sans aucun mal depuis 2021 se lit avec cette réserve.

Les dirigeants consultent-ils un médecin et s'arrêtent-ils quand ils sont malades ?

En France, la majorité des dirigeants ne consultent que lorsqu'un problème se déclare, et les indépendants déclarent bien moins de jours d'absence pour maladie que les salariés.

  • En 2025, en France, 60 % des dirigeants interrogés pour la Fondation MMA ne vont chez le médecin que lorsqu'ils ont un problème de santé (Fondation MMA, mai 2025).
  • Dans la même enquête, 11 % des dirigeants interrogés en France en 2025 disent ne jamais consulter ni médecin généraliste ni spécialiste (Fondation MMA, mai 2025).
  • Parmi les dirigeants qui ont renoncé à consulter dans l'année, 68 % citent le manque de temps ou un emploi du temps incompatible (France, 2025) (Fondation MMA, mai 2025).
  • À titre de comparaison, les salariés déclarent en moyenne 10,6 jours d'absence pour maladie dans l'année, accident du travail compris, soit nettement plus que les indépendants (France, 2023) (Dares, octobre 2024).
  • En 2022, en France, près de 228 830 travailleurs indépendants ont perçu des indemnités journalières pour maladie, contre 175 600 en 2021 ; la hausse tient en partie à l'ouverture de ces indemnités aux professions libérales le 1er juillet 2021 (CPSTI, janvier 2024).
  • Parmi les indépendants indemnisés pour maladie en France en 2022, 19,7 % étaient en affection de longue durée (CPSTI, janvier 2024).

Les règles d'indemnisation figurent dans le guide sur l'arrêt maladie de l'indépendant.

Stress et santé mentale des dirigeants

Le stress des dirigeants tient moins à des crises ponctuelles qu'à l'ordinaire du métier : la charge de travail, les responsabilités, l'incertitude. Leur forme psychologique, elle, varie vite d'une édition à l'autre des baromètres, ce qui interdit de tirer une tendance d'une seule année.

Barres : causes de stress citées par les artisans du bâtiment, des travaux publics et du paysage en 2025 et en 2024. La charge de travail arrive en tête (52 % en 2025, 45 % en 2024), devant le poids des responsabilités (49 %, 42 %), le poids de l'administratif (42 %, 40 %), le manque de visibilité sur l'avenir (42 %, 38 %) et les contraintes de délais (40 %, 35 %). Viennent ensuite les répercussions de la vie de l'entreprise sur la vie privée (34 %, 33 %) et l'actualité politique (32 %, 25 %). Vingt-deux causes sont proposées au total.
Figure 2 : causes de stress citées par les artisans du bâtiment, des travaux publics et du paysage en 2025 (barres rouges) et en 2024 (barres grises), d'après l'enquête menée de décembre 2025 à janvier 2026 ; le total dépasse 100 %, car plusieurs causes pouvaient être citées. La charge de travail reste en tête et passe de 45 % à 52 %, devant le poids des responsabilités, le poids de l'administratif et le manque de visibilité sur l'avenir : aucune des quatre premières causes ne renvoie à un événement exceptionnel. Source : IRIS-ST, avec la CAPEB et la CNATP, Baromètre ARTIsanté 2025, 12e édition, page 12, janvier 2026. Capture d'une page du document de la source, capturée le 5 octobre 2026.

Combien de dirigeants se disent en mauvaise forme psychologique ?

En France, une minorité de dirigeants employeurs jugent leur état psychologique passable ou mauvais début 2026 ; en comptant ceux qui sont passés par cet état, la moitié est concernée.

  • Début 2026, en France, 51 % des dirigeants d'entreprises d'au moins un salarié sont en mauvais état psychologique ou l'ont déjà été : 27 % vont bien aujourd'hui après un état passable ou mauvais (Fondation MMA, mars 2026).
  • La part de ces dirigeants qui se disent en bon état psychologique était de 77 % en 2023 et de 76 % en 2024, puis de 67 % en 2025 ; elle retrouve en 2026 son niveau de 2024 (France) (Fondation MMA, mars 2026).
  • Les troubles anxieux sont déclarés par 43 % de ces dirigeants début 2026, contre 48 % dans l'édition 2025 (France) (Fondation MMA, mars 2026).
  • Le découragement, un sentiment d'impuissance ou une perte de motivation sont déclarés par 41 % de ces dirigeants (France, début 2026) (Fondation MMA, mars 2026).
  • En 2025, 43 % des artisans du bâtiment, des travaux publics et du paysage déclarent une difficulté psychique dans l'année (anxiété, épuisement professionnel, dépression), contre 41 % en 2024 (France) (IRIS-ST, mai 2026).

Le baromètre de la Fondation MMA a changé d'institut entre 2025 (Occurrence) et 2026 (Ifop) : le rebond se lit avec cette réserve.

À quelle fréquence les dirigeants sont-ils stressés, et par quoi ?

En France, le stress fréquent est majoritaire chez les artisans du bâtiment ; la charge de travail en est la première cause citée, devant le poids des responsabilités.

  • En 2025, 56 % des artisans du bâtiment, des travaux publics et du paysage se disent souvent ou très souvent stressés, contre 53 % en 2024 (France) (IRIS-ST, mai 2026).
  • En France, après la charge de travail, les artisans du bâtiment, des travaux publics et du paysage citent en 2025 le poids des responsabilités (49 %), puis, à égalité à 42 %, le poids de l'administratif et le manque de visibilité sur l'avenir (IRIS-ST, mai 2026).
  • En 2025 comme en 2024, 87 % des artisans du bâtiment, des travaux publics et du paysage jugent leur travail exigeant mentalement (France) (IRIS-ST, mai 2026).
  • Début 2026, en France, 55 % des dirigeants d'entreprises d'au moins un salarié se disent concernés par une surcharge de travail, deuxième difficulté la plus citée après la charge administrative et réglementaire (Fondation MMA, mars 2026).
  • L'incertitude ou l'instabilité économique, troisième difficulté la plus citée, concerne 54 % de ces dirigeants (France, début 2026) (Fondation MMA, mars 2026).
  • Fin 2024, 43,4 % des dirigeants d'entreprises de moins de 50 salariés interrogés en France par l'Institut Choiseul disent ressentir des symptômes de stress chaque jour (Institut Choiseul, juillet 2025).

Sur l'organisation de la charge de travail, voir le guide Planifier sa semaine quand on est indépendant.

Épuisement professionnel

En France, les deux mesures d'ensemble retenues dans les chiffres clés situent l'épuisement professionnel des dirigeants de petites entreprises à des niveaux proches, sans compter la même chose : des dirigeants qui se reconnaissent en burn-out pour l'une, un risque repéré par questionnaire pour l'autre. La taille de l'entreprise et sa situation financière creusent les écarts. Cette page mesure et ne conseille pas : la prévention est traitée dans le guide Prévenir l'épuisement professionnel quand on travaille à son compte.

Demi-anneau : réponses des artisans, commerçants et professionnels libéraux à la question « Êtes-vous en situation de burn-out ? ». D'accord : 17 % ; neutre : 35 % ; pas d'accord : 48 %. Enquête de l'U2P et de l'Institut supérieur des métiers, 2 119 réponses, janvier 2025.
Figure 3 : réponses des artisans, commerçants et professionnels libéraux à la question « Êtes-vous en situation de burn-out ? » : 17 % se disent d'accord, 35 % restent neutres et 48 % ne sont pas d'accord. Le chiffre de 17 % correspond donc aux dirigeants qui se reconnaissent eux-mêmes dans cette situation ; le graphique mentionne 2 119 réponses, recueillies en janvier 2025. Source : U2P et Institut supérieur des métiers, La santé des chefs de petites entreprises : 17 % des artisans, commerçants et professionnels libéraux sont en burn-out, janvier 2025. Graphique publié par la source, capturé le 5 octobre 2026.

Burn-out : quels dirigeants de TPE et de PME sont plus touchés que la moyenne ?

En France, le burn-out déclaré dépasse la moyenne chez les dirigeants qui emploient un ou deux salariés, dans l'hôtellerie-restauration et dans les entreprises dont la situation financière est préoccupante.

  • En 2025, en France, 23 % des dirigeants de très petites entreprises de 1 à 2 salariés se déclarent en burn-out, davantage que l'ensemble des artisans, commerçants et professionnels libéraux interrogés (U2P/ISM, avril 2026).
  • L'hôtellerie-restauration dépasse aussi la moyenne : 22 % de ses dirigeants se déclarent en burn-out (France, enquête de 2025) (U2P/ISM, avril 2026).
  • Parmi les artisans, commerçants et professionnels libéraux, 24 % se déclarent en burn-out quand la situation financière de leur entreprise est préoccupante, et 38 % quand elle est très préoccupante (France, 2025) (U2P/ISM, avril 2026).
  • Parmi 1 731 dirigeants de PME adhérents de la CPME suivis en 2018 et 2019 par l'Observatoire Amarok, 24,4 % des employeurs présentaient un risque de burn-out, contre 13,3 % des dirigeants sans salarié (France) (Amarok, juin 2020).
  • Début 2026, en France, 50 % des dirigeants d'entreprises d'au moins un salarié déclarent un sentiment d'épuisement ou une fatigue persistante : c'est un ressenti, pas un burn-out mesuré (Fondation MMA, mars 2026).

Quels effets la santé du dirigeant a-t-elle sur l'entreprise et sur l'envie de continuer ?

En France, la très grande majorité des dirigeants qui jugent leur état psychologique passable ou mauvais déclarent qu'il se répercute sur leur vie professionnelle, à commencer par une baisse de motivation. Une partie d'entre eux envisage d'arrêter leur activité.

  • Début 2026, en France, 96 % des dirigeants qui jugent leur état psychologique passable ou mauvais déclarent au moins une répercussion sur leur vie personnelle, et 91 % sur leur vie professionnelle (242 dirigeants concernés) (Fondation MMA, mars 2026).
  • Pour leur vie personnelle, les dirigeants qui jugent leur état psychologique passable ou mauvais citent d'abord, début 2026 en France, une charge mentale élevée ou des préoccupations (79 %), puis des difficultés de sommeil (67 %) (Fondation MMA, mars 2026).
  • Pour leur entreprise, ces mêmes dirigeants citent une baisse de leur motivation (63 %), puis une difficulté à innover ou à se projeter (47 %) ; 40 % déclarent une baisse de la productivité, et autant une baisse du chiffre d'affaires (France, début 2026) (Fondation MMA, mars 2026).
  • Entre février et avril 2026, en France, 75 % des dirigeants de PME et d'ETI de plus de 10 salariés disent s'être interrogés, très souvent ou parfois, au cours des douze derniers mois, sur le sens de leur engagement entrepreneurial (Bpifrance Le Lab, juin 2026).

Sommeil, fatigue et consommations

Les nuits courtes des dirigeants ressortent des baromètres professionnels bien plus que de la statistique publique. Santé publique France, qui interroge une catégorie plus large, n'y relève pas de sommeil plus court que dans l'ensemble des adultes, et la plainte d'insomnie y est à peu près aussi fréquente.

Demi-anneau : durée moyenne de sommeil par nuit, en semaine, déclarée par 1 515 dirigeants interrogés pour la Fondation MMA en 2025. Plus de 8 h : 4 % ; entre 7 h et 8 h : 25 % ; entre 6 h et 7 h : 37 % ; entre 5 h et 6 h : 28 % ; moins de 5 h : 6 %. Au total, 71 % dorment moins de 7 h et 34 % moins de 6 h.
Figure 4 : durée moyenne de sommeil par nuit, en semaine, déclarée par les dirigeants interrogés pour la Fondation MMA (1 515 répondants). La tranche la plus citée va de 6 h à 7 h, et un tiers des dirigeants dort moins de 6 h : les nuits de moins de 7 h sont majoritaires. Les mentions en couleur signalent les écarts statistiquement significatifs selon le profil : en vert, une part plus élevée ; en rouge, une part plus faible. Source : Fondation MMA des Entrepreneurs du Futur et Bpifrance Le Lab, Baromètre santé des dirigeants de TPE/PME 2025, page 36, mai 2025. Capture d'une page du document de la source, capturée le 5 octobre 2026.

Combien d'heures les dirigeants dorment-ils ?

En France, en semaine, la majorité des dirigeants interrogés pour la Fondation MMA déclarent dormir moins de 7 heures par nuit. Santé publique France, qui compte aussi les siestes et interroge une catégorie plus large, mesure une durée moyenne supérieure à 7 heures, proche de celle de l'ensemble des adultes.

  • En 2025, en France, 34 % des dirigeants interrogés pour la Fondation MMA déclarent dormir en moyenne moins de 6 heures par nuit en semaine (Fondation MMA, mai 2025).
  • Les nuits de moins de 5 heures en semaine concernent 6 % des dirigeants interrogés en France en 2025 (Fondation MMA, mai 2025).
  • En 2024, en France, les adultes de la catégorie « agriculteurs, artisans, commerçants, chefs d'entreprise » dorment en moyenne 7 h 35 sur 24 heures, siestes comprises (Santé publique France, décembre 2025).
  • L'ensemble des adultes de 18 à 79 ans dort en moyenne 7 h 32 sur 24 heures (France, 2024) (Santé publique France, décembre 2025).
  • Les courts dormeurs, dont la nuit dure 6 heures ou moins en semaine, représentent 18,6 % des adultes de la catégorie « agriculteurs, artisans, commerçants, chefs d'entreprise » (France, 2024) (Santé publique France, décembre 2025).
  • Parmi l'ensemble des adultes de 18 à 79 ans, 21,5 % sont de courts dormeurs (France, 2024) (Santé publique France, décembre 2025).

Quels troubles du sommeil et quelle fatigue les dirigeants déclarent-ils ?

En France, la fatigue est majoritaire chez les artisans du bâtiment, où elle remonte légèrement, et les troubles du sommeil déclarés par les dirigeants employeurs ont nettement augmenté entre 2024 et 2025.

  • En France, 54 % des chefs d'entreprise artisanale du BTP et du paysage se sentent assez ou très fatigués, soit 4 points de plus que dans l'édition 2024 (baromètre ARTIsanté, décembre 2025 à janvier 2026) (IRIS-ST, mai 2026).
  • Dans la même enquête, 49 % de ces chefs d'entreprise disent se réveiller au milieu de la nuit et avoir du mal à se rendormir, contre 52 % dans l'édition 2024 (France) (IRIS-ST, mai 2026).
  • Les troubles du sommeil sont déclarés par 48 % des dirigeants interrogés pour la Fondation MMA en France en 2025, contre 36 % en 2024 (Fondation MMA, mai 2025).
  • En France, en 2025, les 441 dirigeants interrogés sur les causes de leurs troubles du sommeil citent d'abord la surcharge de travail (48 %), puis l'incertitude économique (40 %) et la difficulté de concilier vie personnelle et vie professionnelle (35 %), plusieurs réponses étant possibles (Fondation MMA, mai 2025).
  • En 2024, en France, 33,6 % des adultes de la catégorie « agriculteurs, artisans, commerçants, chefs d'entreprise » sont en situation de plainte d'insomnie (Santé publique France, décembre 2025).
  • La plainte d'insomnie concerne 33,1 % de l'ensemble des adultes de 18 à 79 ans (France, 2024) (Santé publique France, décembre 2025).

Alcool, tabac, médicaments : que déclarent les dirigeants ?

En 2025, en France, 23 % des dirigeants interrogés pour la Fondation MMA sont classés « consommateurs à risque » par le baromètre (Fondation MMA, mai 2025). Les niveaux déclarés varient fortement d'une enquête à l'autre.

  • Dans le même baromètre, 54 % des dirigeants déclarent consommer de l'alcool, quelle que soit la fréquence (France, 2025) (Fondation MMA, mai 2025).
  • La consommation quotidienne d'alcool concerne 7 % des dirigeants interrogés en France en 2025 (Fondation MMA, mai 2025).
  • Les fumeurs représentent 21 % des dirigeants interrogés en France en 2025 (Fondation MMA, mai 2025).
  • En 2025, en France, 5 % des dirigeants déclarent prendre des médicaments contre l'anxiété ou la dépression (anxiolytiques, somnifères, antidépresseurs) (Fondation MMA, mai 2025).
  • Dans l'étude de Malakoff Humanis réalisée en France en avril 2021, 17 % des dirigeants de TPE et de PME déclaraient consommer de l'alcool tous les jours (Malakoff Humanis, septembre 2026).
  • La même étude d'avril 2021 comptait 32 % de fumeurs déclarés parmi les dirigeants de TPE et de PME en France (Malakoff Humanis, septembre 2026).

L'écart ne mesure pas une évolution : les deux enquêtes n'ont pas le même échantillon, et celle de 2021 date de la crise sanitaire.

Détresse, solitude et recours à l'aide

La statistique publique ne montre pas, chez les agriculteurs, artisans, commerçants et chefs d'entreprise, plus de dépression ou d'anxiété que dans l'ensemble des adultes. Elle décrit des personnes qui, lorsqu'elles vont mal, se soignent peu, et les enquêtes auprès des dirigeants font apparaître un isolement en hausse.

Barres avec intervalles de confiance à 95 % : part des actifs occupés de 18 à 64 ans ayant vécu un épisode dépressif caractérisé dans les douze derniers mois, en France en 2024, par catégorie socioprofessionnelle. Agriculteurs, artisans, commerçants, chefs d'entreprise : 12,4 % (hommes 11,7 %, femmes 14,0 %) ; cadres et professions intellectuelles supérieures : 13,5 % (11,4 %, 16,1 %) ; professions intermédiaires : 18,1 % (15,5 %, 20,2 %) ; employés : 18,2 % (15,4 %, 19,0 %) ; ouvriers : 11,0 % (10,6 %, 12,5 %).
Figure 5 : part des actifs occupés de 18 à 64 ans ayant vécu un épisode dépressif caractérisé (EDC) au cours des douze derniers mois, par catégorie socioprofessionnelle et par sexe, en 2024. Les agriculteurs, artisans, commerçants et chefs d'entreprise (12,4 %) sont moins touchés que les professions intermédiaires et les employés (environ 18 %), sans être épargnés ; dans chaque catégorie, la part mesurée est plus élevée chez les femmes que chez les hommes. Le champ est ici celui des actifs occupés de 18 à 64 ans : la valeur diffère de celle que le texte cite pour l'ensemble des adultes de 18 à 79 ans de cette catégorie. Source : Santé publique France, Épisodes dépressifs : prévalence et recours aux soins, Baromètre de Santé publique France 2024, page 8, 2024. Capture d'une page du document de la source, capturée le 5 octobre 2026.

Dépression, anxiété, pensées suicidaires : les chefs d'entreprise sont-ils plus touchés que l'ensemble des adultes ?

En France, en 2024, d'après le Baromètre de Santé publique France, les épisodes dépressifs, le trouble anxieux généralisé et les pensées suicidaires sont moins fréquents dans la catégorie « agriculteurs, artisans, commerçants, chefs d'entreprise » que dans l'ensemble des adultes.

  • En 2024, en France, 11,5 % des adultes de cette catégorie ont vécu un épisode dépressif caractérisé au cours des douze derniers mois (Santé publique France, décembre 2025).
  • Cet épisode a concerné 15,6 % de l'ensemble des adultes de 18 à 79 ans (France, 2024) (Santé publique France, décembre 2025).
  • Un trouble anxieux généralisé a concerné, au cours des douze derniers mois, 4,9 % des adultes de cette catégorie (France, 2024) (Santé publique France, décembre 2025).
  • Ce trouble a concerné 6,3 % de l'ensemble des adultes de 18 à 79 ans (France, 2024) (Santé publique France, décembre 2025).
  • En 2024, en France, 4,0 % des adultes de la catégorie « agriculteurs, artisans, commerçants, chefs d'entreprise » déclarent avoir pensé à se suicider au cours des douze derniers mois (Santé publique France, décembre 2025).
  • Dans la catégorie « agriculteurs, artisans, commerçants, chefs d'entreprise », 3,9 % des adultes déclarent avoir fait une tentative de suicide au cours de leur vie (France, 2024) (Santé publique France, décembre 2025).
  • Dans l'ensemble des adultes de 18 à 79 ans, 5,2 % déclarent avoir pensé à se suicider dans l'année et 5,4 % avoir fait une tentative de suicide au cours de leur vie (France, 2024) (Santé publique France, décembre 2025).

Les dirigeants se sentent-ils seuls ?

En France, l'isolement des dirigeants de PME et d'ETI a progressé entre 2016 et 2026, surtout dans sa forme la plus marquée, et il culmine dans les moments difficiles. Ces mesures portent sur des entreprises de plus de 10 salariés, non sur les plus petites.

  • En 2026, en France, 18 % des dirigeants de PME et d'ETI se disent « très isolés », contre 11 % en 2016, soit 7 points de plus (Bpifrance Le Lab, juin 2026).
  • Dans les moments difficiles (échec, dépôt de bilan), 58 % des dirigeants de PME et d'ETI se sentent souvent ou toujours seuls, contre 25 % dans les moments de succès (France, 2026) (Bpifrance Le Lab, juin 2026).
  • Au moment de préparer la transmission de leur entreprise, 42 % des dirigeants de PME et d'ETI concernés se sentent souvent ou toujours seuls (France, février à avril 2026) (Bpifrance Le Lab, juin 2026).
  • Parmi les dirigeants de PME et d'ETI « très isolés », 46 % jugent leur santé mentale mauvaise, contre 17 % de l'ensemble des dirigeants interrogés (France, 2026) (Bpifrance Le Lab, juin 2026).
  • Ces dirigeants « très isolés » sont 21 % à déclarer une mauvaise santé physique, contre 9 % de l'ensemble, et 54 % un mauvais sommeil, contre 31 % (France, 2026) (Bpifrance Le Lab, juin 2026).

Les dirigeants se font-ils aider, et que font les dispositifs d'alerte ?

En France, peu de dirigeants sont suivis sur le plan psychologique, même quand ils vont mal ; l'alerte repose alors sur des tiers formés.

  • En 2024, en France, parmi les agriculteurs, artisans, commerçants et chefs d'entreprise en activité ayant vécu un épisode dépressif dans l'année, 32,6 % ont consulté un professionnel pour ce motif, 28,3 % ont pris des médicaments et 19,2 % ont suivi une psychothérapie (Santé publique France, décembre 2025).
  • Seuls 10 % des dirigeants de PME et d'ETI disent bénéficier d'un accompagnement psychologique (France, 2026) ; la part atteint 20 % chez ceux qui se sont souvent sentis seuls lors de la création ou de la reprise (Bpifrance Le Lab, juin 2026).
  • Début 2026, en France, 28 % des dirigeants en mauvais état de santé psychologique sont accompagnés ou aimeraient l'être : 12 % le sont déjà et 16 % le souhaiteraient (Fondation MMA, mars 2026).
  • Parmi les dirigeants qui vont bien après un état psychologique passable ou mauvais, 65 % disent avoir fait du sport pour aller mieux, moyen le plus cité (268 dirigeants, France, début 2026) (Fondation MMA, mars 2026).
  • Parmi les artisans du bâtiment, des travaux publics et du paysage qui déclarent une difficulté psychique dans l'année, 60 % en ont parlé à quelqu'un en 2025, contre 61 % en 2024 (France) (IRIS-ST, mai 2026).
  • Le dispositif APESA déclare s'appuyer sur 6 560 sentinelles formées à repérer la souffrance des entrepreneurs et sur 2 022 psychologues (France, page non datée) (APESA, octobre 2026).

La santé des dirigeants à l'étranger

Hors de France, les enquêtes décrivent les mêmes difficultés, à des niveaux qui dépendent surtout de la question posée. Une fatigue ressentie chaque semaine, une mauvaise santé mentale sur douze mois et un trouble au cours de la vie ne se comparent ni entre eux, ni avec les chiffres français.

Barres empilées, en anglais : fréquence de quatre difficultés de santé mentale chez 1 510 propriétaires de PME canadiens, pour les deux semaines précédant l'enquête de mars 2025. Au moins une fois par semaine : fatigue, abattement ou manque d'énergie 60 % (63 % en février 2024, 67 % en février 2023) ; déprime au point d'en faire moins que souhaité 43 % (47 %, 48 %) ; difficultés de santé mentale qui gênent le travail 36 % (39 %, 38 %) ; souhait de consulter un professionnel de la santé mentale 30 % (31 %, 31 %).
Figure 6 : fréquence de quatre difficultés de santé mentale déclarées par les propriétaires de PME canadiens à la Banque de développement du Canada (BDC), pour les deux semaines précédant l'enquête de mars 2025 (1 510 répondants). La colonne « Once per week or more » additionne les réponses « une fois par semaine », « trois fois par semaine » et « tous les jours » : 60 % pour la fatigue ou le manque d'énergie, 43 % pour la déprime, 36 % pour une gêne dans le travail et 30 % pour le souhait de consulter, soit un peu moins qu'en février 2024 et en février 2023. Ces parts mesurent une fréquence ressentie sur deux semaines. Le graphique est en anglais (« Never » : jamais ; « Rarely » : rarement ; « Every day » : tous les jours). Source : BDC, 7th annual report on the mental health of Canadian entrepreneurs, page 18, mars 2025. Capture d'une page du document de la source, capturée le 5 octobre 2026.

Canada : que disent les enquêtes sur la santé mentale des entrepreneurs ?

En mars 2025, au Canada, 76 % des propriétaires de PME interrogés par la BDC se disent satisfaits de leur santé mentale (note de 7 à 10 sur 10), comme en février 2024 (BDC, juillet 2025).

  • En mars 2025, au Canada, 43 % des propriétaires de PME déclarent s'être sentis déprimés au moins une fois par semaine, au point d'en faire moins qu'ils ne l'auraient voulu, au cours des deux semaines précédentes (BDC, juillet 2025).
  • Au Canada, en mars 2025, 28 % des propriétaires de PME obtiennent 50 sur 100 ou moins à l'indice de bien-être WHO-5, seuil d'un faible bien-être selon la BDC (BDC, juillet 2025).
  • Comme sources de stress, les propriétaires de PME canadiens citent d'abord, en mars 2025, le maintien de la trésorerie ou de la rentabilité (50 %), puis l'incertitude économique et politique (47 %) (BDC, juillet 2025).
  • En mars 2025, au Canada, 35 % des propriétaires de PME déclarent avoir demandé, au cours des douze derniers mois, l'aide d'un professionnel pour un problème de santé mentale (BDC, juillet 2025).
  • Le manque de temps (26 %) et le coût des soins (21 %) sont les deux premiers obstacles au recours à des services de santé mentale (propriétaires de PME, Canada, mars 2025) (BDC, juillet 2025).

Royaume-Uni et Australie : combien de dirigeants de petites entreprises déclarent une mauvaise santé mentale ?

Au Royaume-Uni, le niveau mesuré dépend de la définition : mauvaise santé mentale sur douze mois, ou symptômes ressentis quelques fois par an. En Australie, stress et épuisement sont majoritaires.

  • En avril 2023, au Royaume-Uni, 56 % des 749 propriétaires de petites entreprises interrogés par l'assureur Simply Business déclarent avoir connu une mauvaise santé mentale au cours des douze derniers mois (Simply Business, mai 2023).
  • Un épuisement professionnel (burn-out) est déclaré par 33 % des propriétaires de petites entreprises interrogés dans cette enquête (Royaume-Uni, avril 2023) (Simply Business, mai 2023).
  • Selon une enquête publiée en février 2021 par Mental Health UK et le prêteur iwoca, 80 % des 984 propriétaires de petites entreprises interrogés au Royaume-Uni déclarent des symptômes courants de mauvaise santé mentale au moins quelques fois par an (Mental Health UK, février 2021).
  • En juillet 2025, en Australie, 76 % des propriétaires de petites entreprises interrogés pour le Conseil des organisations de petites entreprises d'Australie (COSBOA), avec CommBank, déclarent avoir ressenti du stress ou de l'anxiété au cours de l'année écoulée (COSBOA, octobre 2025).
  • Dans la même enquête, 57 % des propriétaires de petites entreprises déclarent avoir connu un épuisement professionnel (burn-out) au cours de l'année écoulée (Australie, juillet 2025) (COSBOA, octobre 2025).

États-Unis et Europe : que montrent les travaux de recherche ?

Une étude californienne, sur de petits effectifs, relève plus de troubles psychiques déclarés chez les entrepreneurs que dans un groupe de comparaison. En Europe, les indépendants se disent moins souvent émotionnellement épuisés par leur travail que les salariés.

  • Dans une étude diffusée en 2015 par des chercheurs d'universités californiennes (États-Unis), 49 % des 242 entrepreneurs interrogés déclarent avoir connu au moins un trouble psychique au cours de leur vie, contre 32 % des 93 participants du groupe de comparaison (Freeman et al., avril 2015).
  • Dans la même étude, 30 % des entrepreneurs déclarent une dépression au cours de leur vie, contre 15 % du groupe de comparaison (États-Unis, étude de 2015) (Freeman et al., avril 2015).
  • L'anxiété est le seul des cinq troubles étudiés pour lequel les deux groupes ne diffèrent pas : 27 % des entrepreneurs et 26 % du groupe de comparaison en déclarent (États-Unis, étude de 2015) (Freeman et al., avril 2015).
  • En 2024, dans l'Union européenne, 11 % des indépendants disent se sentir émotionnellement épuisés par leur travail toujours ou la plupart du temps, contre 14 % des salariés (Eurofound, avril 2026).
  • La même année, dans l'Union européenne, 31 % des personnes en emploi, salariés et indépendants confondus, déclarent avoir travaillé en étant malades au cours des douze derniers mois (Eurofound, avril 2026).

Méthodologie et sources

Les chiffres de cette page proviennent de 21 documents : baromètres et études d'organisations professionnelles, de fondations, d'associations, d'un cercle de réflexion (Institut Choiseul) et de banques publiques (Bpifrance, BDC), publications d'organismes publics (Dares, Santé publique France, CPSTI, Eurofound), enquêtes d'assureurs et une étude universitaire. Chaque chiffre a été relevé dans le document d'origine, jamais dans une reprise, puis vérifié en octobre 2026 ; chaque citation renvoie à ce document.

La date entre parenthèses est celle de la publication ou de la dernière mise à jour du document : l'année de l'enquête, quand elle diffère, est donnée dans la phrase. Presque toutes les mesures sont déclaratives et portent sur des populations différentes ; elles ne s'additionnent pas et se comparent avec prudence. La page est relue et mise à jour chaque mois.

Glossaire

  • Affection de longue durée (ALD) : maladie dont la gravité ou la durée impose un traitement prolongé, reconnue comme telle par l'Assurance maladie.
  • APESA : Aide psychologique aux entrepreneurs en souffrance aiguë, dispositif d'alerte et de prise en charge psychologique des entrepreneurs en difficulté.
  • BDC : Banque de développement du Canada.
  • BTP : bâtiment et travaux publics.
  • CAPEB : Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment.
  • Catégorie « agriculteurs, artisans, commerçants, chefs d'entreprise » : regroupement utilisé par Santé publique France dans son Baromètre. Il est plus large que les seuls dirigeants de petites entreprises, puisqu'il inclut les agriculteurs. Pour les chiffres portant sur les adultes de 18 à 79 ans, la source y classe les personnes « ayant déjà travaillé » : le groupe ne se limite pas aux personnes en activité.
  • CNATP : Chambre nationale de l'artisanat des travaux publics et du paysage.
  • COSBOA : Council of Small Business Organisations Australia, le Conseil des organisations de petites entreprises d'Australie.
  • Court dormeur : dans le Baromètre de Santé publique France, personne dont la nuit dure 6 heures ou moins en semaine.
  • CPME : Confédération des petites et moyennes entreprises.
  • CPSTI : Conseil de la protection sociale des travailleurs indépendants.
  • Dares : Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques, service statistique du ministère du Travail.
  • Dirigeant et indépendant : deux populations qui se recoupent sans se confondre. Les baromètres de la Fondation MMA interrogent des dirigeants d'entreprises d'au moins un salarié ; ARTIsanté, des chefs d'entreprise artisanale du bâtiment, des travaux publics et du paysage ; la Dares et le CPSTI, des indépendants au sens de l'emploi ou de la protection sociale ; Bpifrance Le Lab, des dirigeants de PME et d'ETI de plus de 10 salariés.
  • Enquête déclarative : enquête dont les résultats reposent sur ce que les personnes interrogées disent d'elles-mêmes, sans examen ni diagnostic.
  • Épisode dépressif caractérisé (EDC) : tristesse ou perte d'intérêt durable, accompagnée d'autres symptômes et d'une gêne dans la vie quotidienne. Les enquêtes le repèrent par questionnaire : ce n'est pas un diagnostic posé par un médecin.
  • Épuisement professionnel (burn-out) : état d'épuisement physique, émotionnel et mental lié au travail. Sa mesure varie d'une enquête à l'autre : déclaration de la personne, ou score à un questionnaire de dépistage.
  • ETI : entreprise de taille intermédiaire, catégorie située entre la PME et la grande entreprise.
  • Eurofound : Fondation européenne pour l'amélioration des conditions de vie et de travail, agence de l'Union européenne qui réalise l'enquête européenne sur les conditions de travail.
  • Indemnités journalières : sommes versées par l'Assurance maladie pendant un arrêt de travail pour compenser en partie la perte de revenu.
  • Indice de bien-être WHO-5 : questionnaire de bien-être de l'Organisation mondiale de la santé, dont le score est exprimé sur 100.
  • IRIS-ST : Institut de recherche et d'innovation sur la santé et la sécurité au travail, organisme de prévention de l'artisanat du bâtiment.
  • ISM : Institut supérieur des métiers.
  • Plainte d'insomnie : dans le Baromètre de Santé publique France, situation d'une personne qui déclare mettre en moyenne plus de 30 minutes à s'endormir ou se réveiller la nuit pendant plus de 30 minutes, plus de trois nuits par semaine. Ce n'est pas l'insomnie chronique au sens médical.
  • Sentinelle : dans le dispositif APESA, personne formée à repérer la souffrance d'un entrepreneur et à donner l'alerte.
  • TPE et PME : très petites entreprises (moins de 10 salariés) et petites et moyennes entreprises (moins de 250 salariés). Le champ exact change selon l'enquête et il est rappelé pour chaque chiffre.
  • Trouble anxieux généralisé (TAG) : anxiété et soucis excessifs, durables et difficiles à contrôler, repérés par questionnaire dans les enquêtes.
  • U2P : Union des entreprises de proximité.

Sources