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109 chiffres sur l'illectronisme et la fracture numérique en France (octobre 2026)

· Par l’équipe éditoriale de Rappli · 29 min de lecture

Les chiffres avancés pour quantifier l'éloignement du numérique en France vont de 5 à 18 millions de personnes, relève une étude publiée par l'ANCT (ANCT, avril 2023). L'écart ne signale pas une erreur : l'illectronisme au sens strict et l'éloignement du numérique au sens large ne décrivent pas la même population. Tout dépend de qui l'on compte : les personnes qui n'utilisent pas internet, celles qui l'utilisent sans compétence ou celles qui ne s'y sentent pas à l'aise.

Les conséquences, elles, se mesurent dans les démarches. En 2021, parmi les personnes qui n'ont fait aucune démarche administrative en ligne dans l'année, une sur quatre a sollicité de l'aide pour en faire une, le plus souvent auprès de son entourage (Insee, mai 2022). Cette page rassemble des chiffres vérifiés à la source sur l'illectronisme et la fracture numérique : combien de personnes sont concernées, qui elles sont, à quel moment les démarches en ligne échouent et vers qui l'on se tourne alors, au téléphone, au guichet ou auprès d'un proche. Une dernière partie situe la France en Europe et dans le monde.

La page s'adresse aux journalistes, aux rédacteurs et aux dirigeants qui cherchent un chiffre exact et sa source : chaque donnée y figure avec sa population, son année et un lien vers le document d'origine. L'équipement et les usages des 60 ans et plus, l'accessibilité des sites, l'attente au téléphone et la couverture des réseaux ne sont pas traités ici.

Chiffres clés

  • En France, 7 % des 16-74 ans sont en situation d'illectronisme en 2025 : ils n'utilisent pas internet ou l'utilisent sans aucune compétence numérique (Insee, février 2026)
  • 15,4 % des personnes de 15 ans ou plus résidant en France étaient en situation d'illectronisme en 2021 (Insee, juin 2023)
  • 34 % des 16-74 ans manquent de compétences numériques en France en 2025, illectronisme et compétences faibles réunis, contre 38 % en 2021 (Insee, février 2026)
  • 31,5 % des 18 ans et plus de France métropolitaine sont éloignés du numérique en 2022 au sens large de l'étude publiée par l'ANCT, soit environ 16 millions de personnes, dont 4,5 millions de non-internautes (ANCT, avril 2023)
  • 54 % des 75 ans ou plus sont en situation d'illectronisme en France en 2025 ; ils étaient 62 % en 2021 (Insee, février 2026)
  • 27 % des 60 ans et plus n'utilisent jamais internet en France en avril 2025, contre 20 % en 2021 et 31 % en 2017 (Petits Frères des Pauvres, septembre 2025)
  • 32 % des 18 ans ou plus vivant en France métropolitaine ont renoncé au moins une fois, en douze mois, à une démarche administrative en ligne en 2021 (Insee, mai 2022)
  • 61 % des 18-79 ans interrogés en France métropolitaine en 2024 rencontrent des difficultés, ponctuelles ou régulières, dans leurs démarches administratives ; ils étaient 39 % en 2016 (Défenseur des droits, octobre 2025)
  • 23 % des 18-79 ans interrogés en France métropolitaine en 2024 ont renoncé, au cours des cinq dernières années, à demander un droit auquel ils pouvaient prétendre (Défenseur des droits, octobre 2025)
  • 44 % des Français de 18 ans et plus préfèrent, en 2025, échanger par téléphone avec un agent quand une démarche administrative en ligne pose difficulté : c'est l'aide la plus citée (Arcep, février 2026)
  • 72,9 % des appels aboutis à l'Assurance maladie, lors des appels tests menés à l'automne 2022 par le Défenseur des droits et l'Institut national de la consommation, se sont soldés par un renvoi vers internet ; peu d'appels ayant abouti, la source invite à lire ce résultat avec précaution (Défenseur des droits, février 2023)
  • 50 % des Français ont déjà aidé, en 2025, un membre de leur famille à accomplir une démarche administrative en ligne : 27 % en la faisant à sa place, 23 % en lui expliquant comment faire (Arcep, février 2026)
  • 9 % des 16-74 ans sont en situation d'illectronisme dans l'Union européenne en 2025, contre 7 % en France (Insee, février 2026)
  • 2,2 milliards de personnes n'utilisent pas internet dans le monde en 2025, contre 2,3 milliards en 2024, selon les estimations de l'UIT (UIT, novembre 2025)

Combien de personnes sont en difficulté avec le numérique en France

Le taux d'illectronisme de l'Insee est une mesure étroite : il ne retient que les personnes qui n'utilisent pas internet ou qui l'utilisent sans aucune compétence. Dès que l'on compte aussi les internautes aux compétences faibles ou peu sûrs d'eux, environ un tiers de la population est concerné.

Graphique en barres empilées de l'Insee : répartition des personnes de 16 à 74 ans selon leur niveau général de compétences numériques en 2025, par tranche d'âge. Ensemble : 5 % de non-internautes, 2 % d'internautes sans aucune compétence, 27 % de niveau faible, 31 % de niveau basique et 35 % de niveau avancé. De 60 à 74 ans : 13 %, 4 %, 38 %, 29 % et 16 %. De 16 à 29 ans : 1 %, 0 %, 19 %, 28 % et 51 %.
Figure 1 : niveau général des compétences numériques en 2025, selon l'âge. L'illectronisme au sens de l'Insee correspond aux deux tranches du bas : les non-internautes (5 % des 16-74 ans) et les internautes sans aucune compétence (2 %), soit 7 %. Si l'on y ajoute le niveau faible (27 %), ce sont 34 % des 16-74 ans qui manquent de compétences numériques : le chiffre dépend de la définition retenue. Source : Insee, Insee Focus n° 376, « Une personne sur trois manque de compétences numériques », mars à juin 2025. Capture de la page de la source, capturé le 5 octobre 2026.

Quelle part de la population est en situation d'illectronisme ?

La part dépend du champ retenu : l'Insee publie deux taux d'illectronisme qui ne se comparent pas directement, celui de 2025 sur les 16-74 ans, celui de 2021 sur les 15 ans ou plus, grand âge compris. Dans les deux cas, il additionne les personnes qui n'utilisent pas internet et celles qui l'utilisent sans les compétences de base.

  • En France, en 2025, 5 % des 16-74 ans n'utilisent pas internet : ils ne l'ont pas utilisé au cours des trois mois précédant l'enquête de l'Insee (Insee, février 2026).
  • Parmi les 16-74 ans, 2 % utilisent internet sans aucune compétence numérique en France en 2025 (Insee, février 2026).
  • En 2021, 13,9 % des 15 ans ou plus n'avaient pas utilisé internet au cours des trois derniers mois (Insee, juin 2023).
  • Parmi les 15 ans ou plus résidant en France, 1,5 % avaient, en 2021, utilisé internet au cours des trois derniers mois sans posséder les compétences numériques de base dans au moins quatre des cinq domaines mesurés (Insee, juin 2023).
  • En 2019, 15 % des 15 ans ou plus n'avaient pas utilisé internet au cours de l'année, ce que l'Insee résumait alors par la formule « une personne sur six » (Insee, octobre 2019).

Combien de personnes manquent de compétences numériques sans être en situation d'illectronisme ?

Entre l'illectronisme et l'aisance, l'Insee isole un niveau faible : des internautes à qui manquent les notions de base dans un à trois des cinq domaines de l'indicateur européen. L'étude publiée par l'ANCT retient un autre critère, le sentiment de compétence.

  • En France, en 2025, 27 % des 16-74 ans ont des compétences numériques faibles (Insee, février 2026). Cette part est stable depuis 2021, où elle était de 28 % (Insee, février 2026).
  • En 2025, 31 % des 16-74 ans ont des compétences numériques de base, comme en 2021 (Insee, février 2026).
  • En France, 35 % des 16-74 ans ont des compétences numériques générales avancées en 2025, contre 32 % en 2021 (Insee, février 2026).
  • En 2022, les internautes qui ne se sentent pas compétents dans l'utilisation d'internet représentent 22,9 % des 18 ans et plus de France métropolitaine, soit 11,5 millions de personnes, d'après le Baromètre du numérique analysé dans l'étude publiée par l'ANCT (ANCT, avril 2023).
  • La part de non-internautes parmi les 18 ans et plus est passée de 13,3 % en 2019 à 8,8 % en 2022 en France métropolitaine, d'après le même baromètre (ANCT, avril 2023).

L'illectronisme recule-t-il en France ?

L'illectronisme recule, et uniquement parce que l'usage d'internet progresse. Les écarts entre sources tiennent au champ et à la définition retenus.

  • En France, la part de non-internautes parmi les 15 ans ou plus a diminué de 21 points entre 2009 et 2021 : elle est passée de 35 % à 14 % (Insee, juin 2023).
  • Mesuré avec un indicateur comparable dans le temps, l'illectronisme des 15 ans ou plus est passé de 17 % en 2019 à 14 % en 2021 (Insee, juin 2023).
  • En 2021, les personnes qui n'ont pas utilisé internet au cours des trois derniers mois représentent 91 % des personnes en situation d'illectronisme (Insee, juin 2023).
  • En 2021, 10 % des 16-74 ans étaient en situation d'illectronisme en France ; selon l'Insee, la baisse observée depuis tient uniquement à la hausse de l'utilisation d'internet, la part d'internautes sans compétence restant stable (Insee, février 2026).
  • Si l'on compte les non-internautes et les personnes qui n'utilisent jamais les outils numériques ou abandonnent en cas de difficulté, la part des 18 ans et plus éloignés du numérique en France métropolitaine passe de 18,3 % en 2019 à 15,2 % en 2022, selon l'étude publiée par l'ANCT (ANCT, avril 2023).

Qui est concerné : âge, diplôme, niveau de vie, compétences manquantes

L'illectronisme se concentre chez les plus âgés, mais l'âge n'est pas le seul facteur. Une ligne sociale traverse toutes les générations : à âge égal, les personnes sans diplôme ou au niveau de vie modeste sont bien plus exposées.

Graphique en barres horizontales de l'Insee : risques relatifs (odds ratios) d'être en situation d'illectronisme en 2021, toutes choses égales par ailleurs. Âge, par rapport aux 15-24 ans : 1,2 pour les 25-39 ans, 1,9 pour les 40-59 ans, 3,5 pour les 60-74 ans et 14,7 pour les 75 ans ou plus. Diplôme, par rapport à bac+3 ou au-delà : 7,0 sans diplôme ou avec le CEP, 3,0 avec un CAP, un BEP ou le BEPC, 1,7 avec le bac, 1,4 avec un bac+2. Niveau de vie, par rapport aux 20 % les plus aisés : 6,6 pour les 20 % les plus modestes, puis 4,7, 2,3 et 1,4. Hommes par rapport aux femmes : 1,3. DOM par rapport à la France métropolitaine : 1,4.
Figure 2 : risques relatifs d'être en situation d'illectronisme en 2021, selon le profil. Toutes choses égales par ailleurs, les 75 ans ou plus ont une probabilité 14,7 fois plus élevée d'être en situation d'illectronisme que les 15-24 ans. L'âge ne fait pourtant pas tout : n'avoir aucun diplôme ou seulement le certificat d'études (rapport de 7,0 face aux diplômés de niveau bac+3 ou plus) et vivre parmi les 20 % les plus modestes (6,6 face aux 20 % les plus aisés) pèsent eux aussi. Source : Insee, Insee Première n° 1953, « 15 % de la population est en situation d'illectronisme en 2021 », printemps 2021. Capture de la page de la source, capturé le 5 octobre 2026.

L'illectronisme touche-t-il seulement les personnes âgées ?

Non. L'illectronisme culmine après 75 ans, mais des adultes jeunes manquent eux aussi de compétences numériques.

  • En France, en 2025, 17 % des 60-74 ans sont en situation d'illectronisme et 38 % ont des compétences numériques faibles (Insee, février 2026).
  • Parmi les 75 ans ou plus, 82 % manquent de compétences numériques en France en 2025 : 49 % n'utilisent pas internet et 33 % n'ont pas les notions de base dans au moins un des cinq domaines de compétences (Insee, février 2026).
  • Plus de 5 millions de personnes de 60 ans et plus n'utilisent jamais internet en France en 2025 (Petits Frères des Pauvres, septembre 2025).
  • En France, en 2025, 52 % des 80-84 ans et 71 % des 85 ans et plus n'utilisent jamais internet (Petits Frères des Pauvres, septembre 2025).
  • En France métropolitaine, en avril 2018, 27 % des 60 ans et plus n'utilisaient jamais internet, soit environ 4 millions de personnes (Petits Frères des Pauvres, septembre 2018).
  • Chez les moins de 45 ans, 2 % sont en situation d'illectronisme en France en 2025 et 21 % ont des compétences numériques faibles (Insee, février 2026).
  • En France, 19 % des 16-29 ans ont un niveau général de compétences numériques faible en 2025 (Insee, février 2026).

Quel rôle jouent le diplôme, le niveau de vie et la situation familiale dans l'illectronisme ?

À âge donné, le diplôme pèse le plus, juste devant le niveau de vie ; vivre seul vient ensuite.

  • Toutes choses égales par ailleurs, les personnes sans diplôme ont, en France en 2021, un risque 7,0 fois plus élevé d'être en situation d'illectronisme que celles qui ont au moins un bac+3 (Insee, juin 2023).
  • Les personnes vivant dans les 20 % de ménages les plus modestes ont, en France en 2021 et toutes choses égales par ailleurs, 6,6 fois plus de risques d'être en situation d'illectronisme que celles des 20 % de ménages les plus aisés (Insee, juin 2023).
  • En France, en 2021, 30 % des personnes vivant seules sont en situation d'illectronisme ; toutes choses égales par ailleurs, leur risque est 3,2 fois plus élevé que celui des couples avec enfants (Insee, juin 2023).
  • En France métropolitaine, en 2025, le manque de maîtrise des outils numériques est cité comme frein à l'usage du numérique par 29 % des personnes non diplômées et par 35 % des 70 ans et plus (Arcep, février 2026). L'absence d'équipement est mentionnée par 23 % des personnes non diplômées (Arcep, février 2026).

Quelles compétences numériques manquent le plus ?

Les domaines les moins maîtrisés sont l'usage des logiciels et la protection de la vie privée ; le mieux acquis est la communication.

  • En France, en 2025, 23 % des 16-74 ans n'ont aucune notion dans l'usage des logiciels et 22 % dans la protection et la confidentialité de la vie privée (Insee, février 2026).
  • En communication, 85 % des 16-74 ans ont des notions avancées et 6 % n'ont aucune notion, en France, en 2025 (Insee, février 2026).
  • En France, en 2025, 15 % des 16-74 ans n'ont aucune notion en recherche d'information en ligne et 9 % en résolution de problèmes (Insee, février 2026).
  • En France métropolitaine, en 2025, 73 % des 12 ans et plus se déclarent compétents pour les démarches administratives en ligne, sans évolution par rapport à 2020 (Arcep, février 2026).
  • Pour les outils bureautiques, 65 % des 12 ans et plus se déclarent compétents en France métropolitaine en 2025, et 77 % pour les plateformes numériques : réseaux sociaux, commerce en ligne, streaming (Arcep, février 2026).
  • Parmi les 12 ans et plus de France métropolitaine, 12 % ne s'estiment compétents, en 2025, dans aucun des quatre domaines testés (bureautique, démarches administratives en ligne, plateformes numériques, intelligence artificielle générative), et 29 % se déclarent compétents dans les quatre (Arcep, février 2026).

Démarches en ligne : difficultés et renoncements

La dématérialisation a fait de la démarche en ligne la voie ordinaire, et elle laisse une partie des usagers en chemin. De l'Insee au Défenseur des droits, les enquêtes décrivent le même enchaînement : une difficulté, un besoin d'aide, parfois l'abandon de la démarche et, au bout, le non-recours au droit lui-même.

Graphique en barres empilées du Défenseur des droits : fréquence des difficultés rencontrées pour réaliser des démarches administratives, en pourcentage. Enquête de 2024 : jamais 39, parfois 45, souvent 16. Enquête de 2016 : jamais 61, rarement 18, parfois 15, souvent 6. La réponse « rarement » n'est plus proposée en 2024.
Figure 3 : difficultés dans la réalisation de démarches administratives, en 2016 et en 2024. En 2024, 61 % des répondants déclarent rencontrer des difficultés, parfois (45 %) ou souvent (16 %), contre 39 % en 2016, quand la réponse « rarement », retirée depuis, était encore proposée : avoir du mal avec ses démarches est devenu le cas majoritaire. Source : Défenseur des droits, Enquête sur l'accès aux droits, 2e édition, volume 2 : relations des usagers avec les services publics, octobre 2024 à janvier 2025. Capture d'une page du document de la source, capturé le 5 octobre 2026.

Combien de personnes font leurs démarches en ligne, et combien y renoncent ?

Une nette majorité des adultes font des démarches administratives en ligne, les plus âgés beaucoup moins. Une forte minorité y renonce au moins une fois dans l'année, d'abord pour une panne d'internet ou une démarche trop complexe.

  • En 2021, 67 % des 18 ans ou plus résidant en France métropolitaine déclarent avoir effectué au moins une démarche administrative en ligne en douze mois (Insee, mai 2022). En 2011, ils étaient 33 % : cette proportion a doublé en dix ans (Insee, mai 2022).
  • Parmi les 75 ans ou plus, 26,6 % ont effectué au moins une démarche administrative en ligne dans l'année en 2021, contre 80,2 % des 30-44 ans (Insee, mai 2022).
  • Un quart des personnes ayant renoncé à une démarche administrative en ligne en 2021, soit 8 % de l'ensemble des 18 ans ou plus, y ont renoncé définitivement (Insee, mai 2022).
  • En 2021, 30,2 % des personnes ayant renoncé à une démarche administrative en ligne invoquent une panne d'internet et 29,1 % la trop grande complexité des démarches, les deux raisons les plus citées (Insee, mai 2022). Elles sont 25,7 % à déclarer ne pas avoir essayé parce qu'elles s'en sentaient incapables (Insee, mai 2022).

Pour le formulaire en ligne d'une entreprise, voir le guide Questionnaire client en ligne : le concevoir court et accessible.

Quelles difficultés les usagers rencontrent-ils dans leurs démarches administratives ?

L'attente vient en tête des difficultés citées. En ligne, l'autonomie suit le diplôme et la profession.

  • Début 2021, 40 % des personnes ayant rencontré des difficultés dans leurs démarches administratives des douze derniers mois, en ligne ou non, estiment les délais d'attente trop longs : c'est la difficulté la plus citée (Insee, mai 2022).
  • En 2024, 49 % des 18-79 ans interrogés en France métropolitaine parviennent à réaliser seuls leurs démarches administratives en ligne (Défenseur des droits, octobre 2025). Dans la même enquête, 36 % ont besoin d'une aide ponctuelle et 8 % n'y arrivent pas seuls et ont besoin d'être accompagnés (Défenseur des droits, octobre 2025).
  • En 2024, 63 % des personnes dont le diplôme est inférieur au baccalauréat ont besoin d'une aide, même ponctuelle, pour réaliser leurs démarches en ligne, contre 32 % des diplômés de master ou plus (Défenseur des droits, octobre 2025).
  • Chez les ouvriers et employés, 50 % ont besoin d'une aide, même ponctuelle, pour réaliser leurs démarches en ligne en 2024 (Défenseur des droits, octobre 2025).
  • En 2025, le manque de maîtrise des outils est le premier frein à l'usage du numérique au quotidien : 22 % des Français le mentionnent (Arcep, février 2026). Le deuxième, un équipement trop vieux pour bien fonctionner, est mentionné par 11 % des Français (Arcep, février 2026).

Pourquoi les usagers renoncent-ils à un droit ?

La complexité des démarches est le premier motif de renoncement à un droit, loin devant le tout-en-ligne, qui pèse surtout sur les usagers non autonomes. Le renoncement est aussi nettement plus fréquent chez les personnes dont une relance a échoué.

  • En France métropolitaine, parmi les 18-79 ans qui ont renoncé à une démarche pour accéder à un droit, 70 % l'expliquent par la complexité des démarches, premier motif cité en 2024 (Défenseur des droits, octobre 2025).
  • L'absence de réponse de l'administration est citée, en 2024, par 24 % des personnes qui ont renoncé à un droit (Défenseur des droits, octobre 2025).
  • En 2024, 7 % des personnes qui ont renoncé à un droit l'ont fait faute d'accès à un ordinateur ou à internet, les démarches n'étant possibles qu'en ligne (Défenseur des droits, octobre 2025).
  • Chez les usagers « empêchés », qui ne sont pas autonomes dans leurs démarches, 31 % expliquent en 2024 leur renoncement à un droit par des démarches à réaliser en ligne, contre 0 % des usagers « sans difficultés » (Défenseur des droits, octobre 2025).
  • Quand la relance auprès de l'administration a échoué, 48 % des personnes déclarent en 2024 avoir renoncé à un droit, contre 29 % de celles dont la relance a abouti (Défenseur des droits, octobre 2025).

Téléphone, guichet, proches : les recours sans le numérique

Quand la démarche en ligne n'aboutit pas, on cherche une personne : un proche, un agent au guichet, quelqu'un au bout du fil. Ce recours n'a rien de garanti, car il arrive que le téléphone renvoie l'appelant vers le site qu'il n'a pas su utiliser.

Graphique en barres horizontales du Baromètre du numérique : type d'aide préféré en cas de difficulté dans une démarche administrative, en pourcentage des 18 ans et plus. Échanger avec un agent par téléphone : 44. Échanger physiquement avec un agent : 34. Échanger avec un agent par mail : 34. Consulter soi-même des ressources (tutoriels, FAQ) : 26. Échanger avec un agent par visioconférence : 13. Être accompagné à l'usage du numérique : 11. Échanger avec un agent par voie postale : 10.
Figure 4 : type d'aide préféré en cas de difficulté dans une démarche administrative. Le téléphone arrive en tête (44 % des 18 ans et plus), devant l'échange en face à face et le courriel (34 % chacun) ; les tutoriels et les FAQ ne viennent qu'ensuite (26 %). Les trois aides les plus citées passent par un agent. Source : Arcep, Arcom, CGE et ANCT (réalisation Crédoc), Baromètre du numérique, édition 2026, juin 2025. Capture d'une page du document de la source, capturé le 5 octobre 2026.

Quel contact préfèrent les personnes en difficulté dans une démarche administrative ?

Un interlocuteur humain, et d'abord au téléphone. Dans la pratique aussi, le téléphone devance internet et le déplacement.

  • En 2025, quand une démarche administrative en ligne pose difficulté, 34 % des Français de 18 ans et plus préfèrent un accueil physique (Arcep, février 2026). Ils sont aussi 34 % à préférer un échange par messagerie électronique avec un agent (Arcep, février 2026).
  • En France métropolitaine, le téléphone est, en 2024, le premier moyen utilisé par les 18-79 ans pour recontacter l'administration en cas de problème avec un service public : 55 % des répondants y ont eu recours (Défenseur des droits, octobre 2025).
  • En 2024, 47 % des usagers confrontés à un problème avec un service public ont tenté de recontacter l'administration concernée sur internet (Défenseur des droits, octobre 2025). Ils sont 33 % à s'être déplacés directement dans l'administration concernée pour la relancer (Défenseur des droits, octobre 2025).
  • En 2021, parmi les internautes qui n'ont fait aucune démarche administrative en ligne dans l'année, 30 % déclarent préférer transmettre les formulaires par courrier et 26 % disent se rendre directement sur place (Insee, mai 2022).

Par téléphone ou au guichet, la demande est-elle réglée ?

Le plus souvent oui, et mieux sur place qu'à distance. Lors des appels tests, les enquêteurs qui jouent un usager sans internet se disent moins souvent satisfaits.

  • En France métropolitaine, en 2024, 72 % des 18-79 ans qui se sont rendus sur place après un problème avec une administration ou un service public l'ont vu résolu (Défenseur des droits, octobre 2025). C'est le cas de 67 % de ceux qui ont recontacté l'administration par téléphone (Défenseur des droits, octobre 2025).
  • Parmi les personnes qui ont recontacté l'administration par courriel ou sur internet en 2024, 66 % ont vu leur problème résolu (Défenseur des droits, octobre 2025). Par courrier, cette part tombe à 56 % (Défenseur des droits, octobre 2025).
  • À l'automne 2022, la part d'appels tests aboutis soldés par un renvoi vers internet était de 22,8 % à la Caf, de 19,8 % à Pôle emploi (devenu France Travail) et de 12,8 % à l'Assurance retraite (Défenseur des droits, février 2023).
  • À la Caf, lors des appels tests de l'automne 2022, la part d'échanges jugés satisfaisants par les enquêteurs descend à 63 % pour le profil d'usager sans internet, contre 75 % dans l'ensemble (Défenseur des droits, février 2023). À Pôle emploi, elle est de 55 % pour ce profil, contre plus de 80 % dans l'ensemble (Défenseur des droits, février 2023).

Pour une entreprise qui veut mesurer sa part d'appels décrochés, voir le guide Taux de décroché : calculer et améliorer cet indicateur.

Qui aide : les proches, France services, les conseillers numériques ?

L'entourage vient en premier, les plus jeunes surtout. L'aide publique a changé d'échelle depuis 2020 avec France services.

  • En 2025, 57 % des Français de 12 ans et plus ont déjà aidé au moins une personne de leur entourage à utiliser les outils numériques (Arcep, février 2026).
  • Parmi les 18-24 ans, 82 % aident au moins une personne de leur entourage à utiliser le numérique en 2025 ; parmi les 25-39 ans, 77 % (Arcep, février 2026).
  • Le réseau France services compte plus de 2 840 espaces en France, antennes comprises, selon la Cour des comptes en septembre 2024 (Cour des comptes, septembre 2024).
  • Les demandes traitées par les espaces France services sont passées de 1,17 million en 2020 à près de 9 millions à la fin de l'année 2023 (Cour des comptes, septembre 2024).
  • Parmi les usagers des espaces France services, 58 % ont plus de 55 ans, selon l'évaluation publiée par la Cour des comptes en septembre 2024 (Cour des comptes, septembre 2024).
  • Entre le 15 novembre 2024 et le 4 octobre 2026, les conseillers et médiateurs numériques ont enregistré plus de 2,8 millions d'accompagnements sur La Coop de la médiation numérique, la plateforme de l'ANCT (ANCT, octobre 2026). Les conseillers numériques en ont réalisé 81,4 % (ANCT, octobre 2026).

Comparaisons européennes et internationales

La France n'est pas un cas à part. En Europe comme à l'échelle mondiale, l'âge trace la même ligne de partage ; s'y ajoutent le diplôme en Belgique et, dans le monde, le niveau de revenu des pays.

Graphique en barres d'Eurostat, en anglais : part des personnes de 16 à 74 ans ayant au moins les compétences numériques de base en 2025, par pays, avec la cible européenne de 80 % en pointillé. Union européenne : 60,4 %. Les Pays-Bas sont en tête (83,61 %), suivis de l'Irlande (82,82 %), du Danemark (81,45 %) et de la Finlande (80,98 %), seuls pays de l'Union au-dessus de la cible. France : 65,74 %. Allemagne : 59,55 %. En bas du classement de l'Union : Bulgarie (38,26 %) et Roumanie (31,84 %). Le graphique montre aussi la Norvège, la Suisse, le Monténégro, la Serbie, la Bosnie-Herzégovine, la Turquie et la Macédoine du Nord.
Figure 5 : part des personnes de 16 à 74 ans ayant au moins les compétences numériques de base en 2025, par pays. Avec 65,74 %, la France dépasse la moyenne de l'Union européenne (60,4 %) mais reste loin des Pays-Bas (83,61 %) et de la cible de 80 % que l'Union s'est fixée pour 2030, déjà dépassée par quatre de ses membres. Source : Eurostat, « Skills for the digital age », Statistics Explained, année 2025 (données extraites en janvier 2026). Graphique publié par la source, capturé le 5 octobre 2026.

Où se situe la France en Europe ?

Au-dessus de la moyenne de l'Union européenne et devant l'Allemagne, mais loin des Pays-Bas, premiers du classement. Une petite minorité d'Européens n'a encore jamais utilisé internet.

  • En France, 27 % des 16-74 ans ont des compétences numériques faibles en 2025, contre 31 % en moyenne dans l'Union européenne (Insee, février 2026).
  • En 2025, 60,4 % des 16-74 ans ont au moins les compétences numériques de base dans l'Union européenne (Eurostat, avril 2026). Parmi les 65-74 ans, cette part est de 33 % (Eurostat, avril 2026).
  • Les Pays-Bas ont la part la plus élevée de l'Union européenne : 83,61 % des 16-74 ans y ont au moins les compétences numériques de base en 2025 (Eurostat, avril 2026).
  • La Roumanie a la part la plus faible de l'Union européenne : 31,84 % des 16-74 ans y ont au moins les compétences numériques de base en 2025 (Eurostat, avril 2026).
  • En Allemagne, 59,55 % des 16-74 ans ont au moins les compétences numériques de base en 2025 (Eurostat, avril 2026).
  • En 2025, 4,37 % des 16-74 ans n'ont jamais utilisé internet dans l'Union européenne (Eurostat, avril 2026). Parmi les 65-74 ans, cette part atteint 16,4 % (Eurostat, avril 2026).

Comment la Belgique et le Royaume-Uni mesurent-ils la fracture numérique ?

Belgique et Royaume-Uni retiennent d'autres définitions que l'Insee : vulnérabilité numérique pour l'une, personnes hors ligne et niveau de base pour l'autre. Dans les deux pays, l'écart entre générations est net ; en Belgique, celui du diplôme l'est aussi.

  • En Belgique, en 2023, 40 % des 16-74 ans sont en situation de vulnérabilité numérique : 5 % n'utilisent pas internet et 35 % n'ont que de faibles compétences numériques, d'après Statbel (Fondation Roi Baudouin, juin 2024).
  • Parmi les 65-74 ans, 61 % sont en situation de vulnérabilité numérique en Belgique en 2023 : 16 % n'utilisent pas internet et 45 % n'ont que de faibles compétences numériques (Fondation Roi Baudouin, juin 2024).
  • La vulnérabilité numérique touche 68 % des personnes ayant au plus un diplôme du secondaire inférieur en Belgique en 2023, trois fois plus que parmi les diplômés de l'enseignement supérieur (Fondation Roi Baudouin, juin 2024).
  • En 2024, 3 % des adultes du Royaume-Uni, soit 1,6 million de personnes, sont hors ligne (Lloyds Bank, novembre 2024). Ils sont 15 %, soit environ 7,9 millions de personnes, à ne pas avoir le niveau numérique de base, dit « Foundation Level » (Lloyds Bank, novembre 2024).
  • Au Royaume-Uni, en 2024, 53 % des 75 ans et plus ont le niveau numérique de base, contre 96 % des 25-34 ans (Lloyds Bank, novembre 2024).

Qui reste sans internet dans le monde ?

L'usage d'internet dépend d'abord du revenu du pays, puis du lieu de vie, du sexe et de l'âge. Dans les pays de l'OCDE, où la grande majorité des adultes utilisent internet, la difficulté porte sur les compétences.

  • En 2025, 94 % des habitants des pays à revenu élevé utilisent internet, contre 23 % dans les pays à faible revenu (UIT, novembre 2025).
  • Dans le monde, en 2025, 85 % des habitants des zones urbaines utilisent internet, contre 58 % en zone rurale (UIT, novembre 2025).
  • Les hommes sont 77 % à utiliser internet dans le monde en 2025, contre 71 % des femmes (UIT, novembre 2025). C'est le cas de 82 % des 15-24 ans, contre 72 % du reste de la population (UIT, novembre 2025).
  • Dans les pays de l'OCDE, la part moyenne d'adultes utilisant internet est passée de 76 % en 2012 à 93 % en 2023 (OCDE, décembre 2024).
  • En moyenne dans les pays de l'OCDE ayant participé à l'Enquête sur les compétences des adultes de 2023, 29 % des adultes se situent au niveau 1 ou en dessous en résolution adaptative de problèmes (OCDE, décembre 2024).
  • La France fait partie des 11 pays dont les résultats de 2023 sont inférieurs à la moyenne de l'OCDE dans les trois domaines : littératie, numératie et résolution adaptative de problèmes (OCDE, décembre 2024).

Méthodologie et sources

Les chiffres de cette page viennent tous de sources primaires : la statistique publique (Insee, Eurostat), des autorités et organismes publics (Arcep, ANCT, Défenseur des droits, Cour des comptes), des organisations internationales (UIT, OCDE) et des études publiées par ceux qui les ont commandées (Petits Frères des Pauvres, Fondation Roi Baudouin, Lloyds Bank).

Chaque chiffre a été relu dans le document d'origine en octobre 2026. La date indiquée entre parenthèses est celle de la publication ; l'année des données figure dans la phrase. Les enquêtes ne portent pas toutes sur la même population : le champ est précisé chaque fois que la source le donne, et deux taux calculés sur des champs différents ne se comparent pas directement.

Une réserve vaut pour la question du Baromètre du numérique sur l'aide préférée en cas de difficulté dans une démarche en ligne : à la suite d'une erreur de programmation, elle n'a d'abord été posée qu'à une partie des adultes ; les réponses manquantes ont été recueillies lors d'une relance téléphonique ou estimées par imputation statistique.

Le rapport signale des biais possibles, difficiles à mesurer, et constate que l'ordre des préférences reste très proche avant et après ces corrections. Les statistiques de La Coop de la médiation numérique évoluent en continu ; les valeurs citées ont été relevées début octobre 2026. La page est revue chaque mois, et un chiffre est remplacé dès que sa source publie une nouvelle édition.

Glossaire

  • Illectronisme : pour l'Insee, situation d'une personne qui n'utilise pas internet ou qui l'utilise sans aucune compétence numérique de base.
  • Fracture numérique : inégalités d'accès aux outils numériques, d'usage et de compétences entre groupes de population ou entre territoires.
  • Éloignement numérique : notion plus large retenue dans l'étude publiée par l'ANCT ; elle réunit les non-internautes et les internautes qui ne se sentent pas compétents.
  • Non-internaute : personne qui n'a pas utilisé internet pendant la période de référence de l'enquête, soit les trois derniers mois pour l'Insee en 2021 et en 2025.
  • Compétences numériques de base (indicateur européen) : indicateur commun aux pays de l'Union européenne, qui évalue cinq domaines : recherche d'information, communication, usage des logiciels, protection de la vie privée et résolution de problèmes. Le niveau est dit faible quand les notions de base manquent dans un à trois de ces domaines.
  • Champ d'une enquête (16-74 ans, 15 ans ou plus) : population sur laquelle porte une enquête. Un taux ne vaut que pour le champ sur lequel il a été calculé.
  • Risque relatif : rapport entre la probabilité qu'un groupe se trouve dans une situation et celle d'un groupe de référence, toutes choses égales par ailleurs. L'Insee le calcule ici sous forme de rapport de cotes (odds ratio).
  • Dématérialisation : remplacement du guichet, du courrier ou du formulaire papier par une démarche en ligne.
  • Non-recours : fait de ne pas bénéficier d'un droit ou d'une prestation auxquels on peut prétendre.
  • Médiation numérique : accompagnement de personnes dans l'usage des outils numériques, par des professionnels ou des bénévoles.
  • Conseiller numérique : professionnel de la médiation numérique, dont l'activité est suivie par l'ANCT sur La Coop de la médiation numérique.
  • France services : réseau d'espaces d'accueil où des conseillers aident les usagers dans leurs démarches auprès de plusieurs services publics.
  • Baromètre du numérique : enquête annuelle réalisée par le Crédoc pour l'Arcep, l'Arcom, le CGE et l'ANCT.
  • Insee : Institut national de la statistique et des études économiques.
  • Arcep : Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse.
  • Arcom : Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique.
  • CGE : Conseil général de l'économie.
  • ANCT : Agence nationale de la cohésion des territoires.
  • Crédoc : Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie.
  • Défenseur des droits : autorité indépendante chargée notamment de défendre les droits des usagers des services publics.
  • Caf : caisse d'allocations familiales.
  • Eurostat : office statistique de l'Union européenne.
  • Statbel : office belge de statistique.
  • UIT : Union internationale des télécommunications, agence des Nations unies.
  • OCDE : Organisation de coopération et de développement économiques.
  • Enquête sur les compétences des adultes (PIAAC) : enquête de l'OCDE, menée dans le cadre de son Programme pour l'évaluation internationale des compétences des adultes.
  • Littératie, numératie : dans l'enquête de l'OCDE, capacité à comprendre et à utiliser des textes écrits (littératie) et des informations mathématiques (numératie).

Sources