Gestion administrative

Combien de temps conserver les documents de son entreprise ?

· Par l’équipe Rappli · 13 min de lecture

Il n’existe pas une durée unique pour tous les documents d’une entreprise. Les pièces comptables, documents fiscaux, contrats, relevés bancaires et dossiers salariés répondent à des règles différentes, avec un point de départ qui compte autant que le nombre d’années. Une méthode simple permet d’éviter deux excès : jeter une preuve trop tôt ou conserver sans limite des données devenues inutiles.

La réponse courte : les livres et pièces comptables se conservent généralement dix ans à partir de la clôture de l’exercice ; les documents fiscaux six ans ; de nombreux contrats et documents commerciaux cinq ans ; les documents bancaires cinq ans. Certaines pièces suivent toutefois une règle sectorielle ou un délai différent. Identifiez la catégorie, le point de départ et la durée la plus longue réellement applicable.

1. Les principales durées à connaître

CatégorieExemplesDurée générale indiquée par le service public
Pièces et livres comptablesLivres, registres, factures clients et fournisseurs, bons de commande ou livraison10 ans à partir de la clôture de l’exercice
Documents fiscauxImpôt, TVA, CFE, taxes, éléments contrôlés par l’administration6 ans
Contrats et correspondance commercialeContrats, commandes, échanges avec clients ou fournisseurs5 ans
Documents bancairesRelevés, talons de chèques, pièces liées aux opérations5 ans
Contrats électroniques avec un consommateur d’au moins 120 €Contrat conclu en ligne10 ans à partir de la livraison ou de la prestation
Documents sociaux et salariésPaie, registre, charges sociales, accidentsDurée variable selon le document

Ce tableau donne un socle, pas une autorisation de supprimer automatiquement. Une même pièce peut remplir plusieurs fonctions. Une facture est à la fois une pièce comptable, une preuve commerciale et parfois un élément d’un dossier de garantie ou d’assurance. Si plusieurs règles s’appliquent, retenez le délai qui protège l’obligation ou le droit le plus long.

2. Le point de départ change le calcul

« Garder dix ans » reste incomplet si l’on ne précise pas depuis quand. Pour une facture émise en février 2026 dans un exercice clos au 31 décembre 2026, le calcul comptable commence à la clôture. Pour un contrat, le délai peut courir à partir de sa fin. Pour une garantie, une action en responsabilité ou un contrat électronique, un autre événement peut déclencher le délai.

Ajoutez donc trois informations à votre tableau d’archivage : catégorie, événement de départ et date prévue de suppression. Ne déduisez pas cette date uniquement du nom du fichier. Lorsque le contrat connaît un avenant, un litige ou une interruption, la date initiale ne suffit plus. Marquez le dossier « gelé » jusqu’à la fin du sujet puis réévaluez la durée.

Les prescriptions peuvent aussi être interrompues ou suspendues dans certaines situations. Si un contrôle, une réclamation, une procédure, un sinistre ou une garantie est en cours, ne détruisez aucune pièce liée sans avis approprié, même si votre calendrier standard arrive à échéance.

3. Devis, factures et contrats : ne mélangez pas les versions

Conservez la version envoyée, la version acceptée et les éventuels avenants, avec leur date et la preuve d’acceptation. Un devis modifié doit rester distinguable de l’ancienne proposition. La checklist des mentions du devis vous aide à produire une pièce complète ; l’archivage doit ensuite préserver exactement ce document.

Pour les factures, gardez le document final dans son format d’origine, les avoirs, factures d’acompte et pièces de rapprochement. La facture d’acompte ne doit pas être isolée de la facture finale qui déduit la somme déjà versée. Évitez les fichiers nommés « facture-finale-v2-bis » : utilisez une numérotation stable et ne remplacez jamais silencieusement une facture émise.

Les bons de commande, livraison et intervention peuvent justifier le périmètre, la réalisation ou une réserve. Le guide du bon d’intervention détaille les éléments à conserver avec le dossier client. Reliez les pièces par un identifiant commun plutôt que par le seul nom du client, qui peut être identique ou changer.

4. Un scan n’est utile que s’il reste lisible et fiable

Le stockage numérique simplifie la recherche, mais il ne suffit pas de prendre une photo floue. Le document doit rester lisible, complet, accessible et protégé contre une modification non maîtrisée. Conservez le format reçu lorsqu’il est nativement électronique. Pour un papier numérisé, contrôlez toutes les pages, les signatures, les annexes et la résolution avant de ranger ou détruire l’original lorsque le cadre le permet.

  • utilisez un format durable et largement lisible, comme le PDF pour les pièces figées ;
  • interdisez l’écrasement silencieux d’une version validée ;
  • enregistrez la date, le type de pièce et une référence unique ;
  • limitez les droits de suppression aux personnes responsables ;
  • maintenez au moins une sauvegarde indépendante du poste de travail ;
  • testez régulièrement la restauration de quelques dossiers.

La synchronisation n’est pas une sauvegarde complète : une suppression ou un chiffrement malveillant peut se répliquer. Le guide sur la cybersécurité d’une TPE explique comment séparer sauvegarde, contrôle d’accès et récupération.

5. La conservation légale n’autorise pas à tout garder

Le RGPD impose de ne pas conserver les données personnelles plus longtemps que nécessaire pour les finalités prévues, tout en tenant compte des obligations légales et de la défense des droits. Une durée de dix ans pour les factures ne signifie pas que toutes les notes commerciales, pièces d’identité, photos ou conversations associées doivent être gardées dix ans.

Distinguez le dossier comptable du dossier opérationnel. Une facture peut être archivée avec un accès restreint alors que des photos inutiles, un doublon de pièce d’identité ou des notes de prospection sont supprimés plus tôt. Définissez une durée par catégorie de donnée et expliquez-la dans votre politique interne ou registre lorsqu’il est requis.

Le guide protéger les données clients dans une TPE propose une méthode de minimisation. Le principe pratique est simple : garder ce qui justifie une obligation ou un droit, supprimer ce qui n’a plus d’usage défini, et protéger davantage les archives que l’on consulte rarement.

6. Une arborescence utilisable en moins d’une minute

Classez d’abord par exercice, puis par catégorie : ventes, achats, banque, fiscal, contrats, assurances, social et juridique. Dans le dossier client courant, utilisez une référence unique et des sous-dossiers stables. Le nom d’un fichier peut suivre le modèle « AAAA-MM-JJ_TYPE_REFERENCE_TIERS » sans accents ni formulation variable.

  1. inventoriez les catégories de documents réellement produites ;
  2. associez à chacune une base, une durée et un point de départ ;
  3. nommez un responsable de l’archivage et de la suppression ;
  4. automatisez la copie depuis les outils sources sans créer de doublons incontrôlés ;
  5. contrôlez chaque mois les pièces manquantes ;
  6. revoyez une fois par an les échéances et les dossiers bloqués.

Un tableau de suivi peut contenir : catégorie, emplacement, propriétaire, accès, durée, événement de départ, date de revue et procédure de destruction. N’inscrivez pas toutes les données sensibles dans ce tableau ; il doit indiquer où elles se trouvent, pas les dupliquer.

7. Supprimez de façon contrôlée, pas au hasard

La suppression annuelle doit être précédée d’un contrôle : obligation échue, aucun litige, aucun sinistre, aucune garantie ou procédure en cours, aucune règle sectorielle plus longue. Produisez une liste des catégories supprimées et de la période concernée sans conserver le contenu lui-même. Pour le papier, utilisez une destruction adaptée au niveau de confidentialité ; pour le numérique, videz aussi les espaces de partage et supports obsolètes.

Ne mélangez pas nettoyage et départ précipité d’un prestataire. Avant de changer de logiciel ou de banque, exportez les documents, vérifiez leur ouverture et comparez le nombre de pièces. Le guide sur le compte bancaire professionnel rappelle l’importance de récupérer les relevés avant une clôture.

Révisez votre politique lorsque la législation, le métier, les outils ou les données changent. Une durée copiée depuis un modèle générique ne suffit pas pour une activité réglementée, un chantier soumis à garantie, un salarié ou un contrat international.

Sources officielles : Service Public Entreprendre — délais de conservation des documents d’entreprise, vérifié en 2026 ; CNIL — durées de conservation des données personnelles ; Service Public Entreprendre — obligations comptables du commerçant. Consultées le 1er août 2026. Des règles spécifiques peuvent s’ajouter selon le secteur, le document et la situation contentieuse.

Questions fréquentes

Combien de temps faut-il garder une facture ?

Les pièces comptables, dont les factures clients et fournisseurs, sont généralement conservées dix ans à partir de la clôture de l’exercice. Une autre règle peut justifier une durée plus longue dans un dossier particulier.

Peut-on jeter les originaux après les avoir scannés ?

Pas automatiquement. La valeur du document numérisé dépend du processus, du type de pièce et des règles applicables. Vérifiez que la copie est complète, fidèle, durable et admise avant de détruire l’original.

Faut-il garder les devis non signés ?

Ils peuvent servir à suivre l’activité ou expliquer un échange, mais leur durée n’est pas nécessairement celle d’une facture. Définissez une durée proportionnée, sauf obligation sectorielle ou litige.

Une sauvegarde dans le cloud suffit-elle ?

Non si elle constitue l’unique copie ou si les suppressions se synchronisent partout. Conservez une sauvegarde indépendante, contrôlez les accès et testez la restauration.

Que faire des documents liés à un litige ?

Suspendez leur suppression jusqu’à la fin du dossier et de ses conséquences possibles. Demandez un avis juridique ou comptable avant de détruire une preuve potentielle.

En résumé

Associez chaque document à une catégorie, une durée et un point de départ. Conservez les pièces comptables dix ans, les éléments fiscaux six ans et de nombreux documents commerciaux ou bancaires cinq ans, sous réserve des règles spécifiques. Archivez dans un format lisible, sauvegardez indépendamment et supprimez les données inutiles après contrôle.

Centralisez les demandes dès leur arrivée

Rappli recueille les informations laissées après un appel manqué et les organise dans votre tableau de bord. Vous gardez une trace claire avant le devis ou l’intervention.

Essayer Rappli gratuitement1er mois offert · sans engagement · sans carte bancaire