Facturation

Mentions obligatoires d’une facture : la checklist 2026

· Par l’équipe Rappli · 13 min de lecture

Une facture conforme doit permettre de comprendre qui facture, qui achète, ce qui a été fourni, comment le prix est calculé et quand le paiement est attendu. Copier un ancien modèle ne suffit pas : les mentions changent selon le client, la TVA, le secteur et le calendrier de la facturation électronique. Cette checklist vous aide à contrôler le document réellement envoyé.

La vérification rapide : contrôlez la date et le numéro unique, l’identité des deux parties, la date de vente ou d’exécution, le détail des produits ou services, les montants HT et TTC, la TVA, l’échéance et les conditions de retard. Ajoutez ensuite les mentions particulières liées à votre régime et à l’opération.

1. Commencez par identifier le type de facture

Les informations attendues varient selon la situation. Une facture adressée à un particulier n’est pas identique à une facture B2B. Une entreprise en franchise en base de TVA n’utilise pas les mêmes mentions qu’une entreprise qui collecte la taxe. L’autoliquidation, l’éco-participation, une association agréée ou certaines garanties ajoutent encore des lignes spécifiques.

Avant de remplir le modèle, répondez à cinq questions : le client est-il particulier ou professionnel, l’opération concerne-t-elle un bien ou un service, la TVA est-elle applicable, un bon de commande existe-t-il et une règle métier particulière s’applique-t-elle ? Vous éviterez ainsi d’afficher une mention inexacte simplement parce qu’elle figurait sur la facture précédente.

2. Date, numéro et chronologie : les trois contrôles de base

Indiquez la date d’émission et attribuez un numéro unique suivant une séquence chronologique continue. Le système peut utiliser un préfixe par année ou par période si l’organisation le justifie, mais il ne doit pas produire deux factures portant le même numéro ni créer des trous sans explication. Modifier un PDF déjà envoyé pour réutiliser son numéro fragilise la piste d’audit.

Ajoutez aussi la date de la vente, de la livraison ou de la fin d’exécution de la prestation lorsqu’elle diffère de la date d’émission. Pour un acompte, identifiez clairement la nature du document et rattachez-le au devis ou à la commande. Pour corriger une facture, utilisez le processus adapté — facture rectificative ou avoir — au lieu d’effacer silencieusement l’original.

Votre logiciel doit empêcher les doublons, conserver l’historique et permettre d’exporter les pièces. Le guide pour choisir un logiciel devis-facture propose des critères de test concrets, notamment sur la numérotation, les sauvegardes et la réversibilité.

3. Identifiez précisément l’entreprise et le client

La facture doit comporter l’identité du vendeur ou prestataire : nom ou dénomination, adresse, numéro Siren et mentions correspondant à la forme de l’entreprise. Un entrepreneur individuel fait apparaître son nom accompagné de la mention « Entrepreneur individuel » ou « EI ». Une société précise notamment sa forme juridique, son capital social lorsqu’il doit apparaître et son immatriculation.

Côté client, indiquez son nom ou sa dénomination et son adresse de facturation. Si un professionnel vous a communiqué un numéro de bon de commande, reprenez-le. Le numéro de TVA intracommunautaire du vendeur et, dans certains cas, celui du client professionnel doivent aussi figurer. Ne déduisez jamais ces informations d’un nom approximatif : faites-les confirmer avant émission.

ZoneÀ vérifierErreur fréquente
EntrepriseNom, statut, adresse, Siren, registreAncienne adresse ou statut incomplet
ClientNom légal et adresse de facturationNom commercial non confirmé
CommandeRéférence demandée par le clientBon de commande absent
TVANuméros et régime applicablesTVA copiée d’un autre dossier

4. Rendez chaque ligne compréhensible et calculable

Décrivez la nature du produit ou de la prestation, la quantité, l’unité, le prix unitaire hors taxe, le taux de TVA applicable et les éventuelles remises. Pour des travaux, distinguez clairement les matériaux et la main-d’œuvre lorsque le cadre l’exige. Une ligne « prestation réalisée — 1 500 € » est difficile à contrôler, à rapprocher du devis et à défendre en cas de désaccord.

Présentez les sous-totaux, le total HT, la TVA par taux lorsque plusieurs taux coexistent, puis le total TTC. Vérifiez que les remises et frais annexes sont intégrés au bon endroit. Si un acompte a déjà été facturé, faites apparaître le rapprochement de façon intelligible afin que le solde demandé ne puisse pas être confondu avec le prix total.

Le détail doit correspondre à ce qui a réellement été livré. En cas d’évolution du périmètre, obtenez un accord et conservez la trace du changement. L’article sur le devis signé et ses modifications explique pourquoi un ajout oral ne devrait pas devenir une ligne surprise sur la facture finale.

5. Indiquez exactement quand et comment payer

Précisez la date à laquelle le règlement doit intervenir, les moyens de paiement acceptés et, si nécessaire, les coordonnées utiles. Entre professionnels, les pénalités de retard et l’indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement doivent être traitées conformément aux règles applicables. La formulation doit être cohérente avec le devis et les CGV.

Évitez les mentions contradictoires comme « paiement comptant » à un endroit et « 30 jours » ailleurs. Utilisez une date d’échéance explicite plutôt qu’un calcul que le client doit refaire. Si vous accordez un escompte pour paiement anticipé, indiquez ses conditions ; si aucun escompte n’est accordé, la facture doit le préciser lorsque cette mention est requise.

Pour aligner délais, acompte, pénalités et relances, consultez le guide sur les conditions de paiement d’une TPE. Une facture claire ne remplace pas une relance, mais elle réduit les prétextes liés à une échéance ou un montant mal compris.

6. Ajoutez uniquement les mentions particulières qui vous concernent

Une entreprise bénéficiant de la franchise en base de TVA utilise la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI ». Une opération en autoliquidation, une autofacturation ou certaines ventes de biens imposent d’autres indications. Les sous-traitants du BTP doivent notamment vérifier le régime applicable au dossier au lieu de reprendre automatiquement la TVA d’une intervention précédente.

Selon l’activité, peuvent aussi s’ajouter des informations sur les garanties, l’assurance professionnelle, l’éco-participation ou la qualité d’artisan. Il n’est pas utile de recopier toutes les mentions possibles : une facture surchargée rend les données importantes moins visibles et augmente le risque de contradiction.

  1. Identifiez le régime fiscal de l’entreprise.
  2. Classez le client en B2C ou B2B.
  3. Vérifiez la nature exacte de l’opération.
  4. Appliquez les règles propres au métier.
  5. Conservez la justification du réglage utilisé.

7. Ce qui évolue avec la facturation électronique

La réforme ne consiste pas à envoyer un PDF par e-mail. Une facture électronique respecte un format structuré et transite par une plateforme agréée. À compter du 1er septembre 2026, toutes les entreprises concernées doivent pouvoir recevoir des factures électroniques ; le calendrier d’émission dépend ensuite de leur taille. Les PME et micro-entreprises sont notamment concernées par l’obligation d’émission à partir du 1er septembre 2027 selon le calendrier officiel en vigueur au moment de la publication.

Quatre informations nouvelles sont prévues dans le cadre de cette réforme : le Siren du client, la catégorie de l’opération, l’option de paiement de la TVA sur les débits le cas échéant et l’adresse de livraison lorsqu’elle diffère de l’adresse de facturation. Préparez vos fiches clients et votre logiciel avant l’échéance, sans attendre la première facture rejetée.

Le guide facturation électronique 2026-2027 détaille le calendrier, la différence entre réception et émission, ainsi que le plan de préparation. Vérifiez toujours la version la plus récente des sources officielles : ce chantier peut encore faire l’objet de précisions opérationnelles.

8. La checklist finale avant « Envoyer »

  • le numéro est unique et suit la séquence prévue ;
  • les dates d’émission et d’exécution sont exactes ;
  • les identités et adresses correspondent au dossier ;
  • la référence de commande est présente si elle existe ;
  • chaque ligne décrit une prestation ou un produit réel ;
  • quantités, remises, HT, TVA et TTC sont recalculés ;
  • l’acompte éventuel est correctement rapproché ;
  • l’échéance et les conditions de retard sont cohérentes ;
  • les mentions fiscales et métier correspondent à l’opération ;
  • le document est lisible sur mobile et archivé avec sa version.

Faites un contrôle mensuel sur quelques factures choisies au hasard. Il détectera les modèles périmés, les fiches clients incomplètes et les réglages modifiés sans validation. Une checklist simple, appliquée régulièrement, est plus fiable qu’une longue procédure que personne n’utilise.

Sources officielles : Ministère de l’Économie — mentions obligatoires d’une facture, mise à jour 2026 ; Service Public Entreprendre — factures aux particuliers et aux professionnels ; Ministère de l’Économie — calendrier de la facturation électronique ; DGCCRF — délais de paiement entre professionnels. Consultées le 1er août 2026. Faites confirmer les règles particulières liées à votre statut, votre TVA et votre activité.

Questions fréquentes

Peut-on modifier le numéro d’une facture déjà envoyée ?

Ne remplacez pas silencieusement une facture émise. Utilisez le processus de correction prévu par votre logiciel et votre cadre comptable afin de conserver la chronologie et la trace de l’original.

La mention « TVA non applicable » suffit-elle pour un micro-entrepreneur ?

Elle concerne la franchise en base de TVA, pas automatiquement chaque micro-entreprise. Vérifiez votre régime réel et utilisez la formulation officielle applicable.

Faut-il détailler la main-d’œuvre et les fournitures ?

Le niveau de détail dépend du cadre et de la prestation. Dans tous les cas, le client doit pouvoir comprendre les éléments facturés et les rapprocher de ce qui a été convenu.

Un PDF envoyé par e-mail est-il une facture électronique ?

Pas au sens de la réforme. La facture électronique comporte des données structurées et passe par le circuit prévu, via une plateforme agréée.

Combien de temps conserver les factures ?

Les factures sont des pièces comptables à conserver dix ans. Organisez également la conservation des justificatifs et des versions associées.

En résumé

Une facture conforme repose sur sept blocs : chronologie, identité, détail, calcul, TVA, paiement et mentions particulières. Contrôlez d’abord la situation réelle, puis le modèle. Préparez enfin les données demandées par la facturation électronique sans confondre ce futur circuit avec un simple PDF envoyé par e-mail.

Gardez le contexte client avant de facturer

Rappli recueille les informations laissées après un appel manqué afin que vous puissiez rappeler, qualifier la demande et conserver un fil clair jusqu’au devis puis à la facture.

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