Conformité et relation client

Médiateur de la consommation : la checklist pour être en règle

· Par l’équipe Rappli · 14 min de lecture

Un professionnel qui vend un bien ou un service à des consommateurs doit leur permettre d’accéder à un dispositif de médiation de la consommation. Inscrire un nom trouvé sur internet ne suffit pas : il faut relever d’un médiateur compétent, adhérer à son dispositif, communiquer ses coordonnées sur les bons supports et conserver une procédure de réclamation cohérente.

La réponse courte : si vous contractez avec des particuliers, vérifiez votre obligation, choisissez un médiateur référencé pour votre secteur, formalisez l’adhésion, puis affichez son nom, ses coordonnées et son site de façon visible sur votre site, vos CGV et vos bons de commande. Lorsqu’une réclamation écrite n’aboutit pas, rappelez au client la possibilité de le saisir. Ne copiez jamais les coordonnées d’un médiateur sans avoir confirmé qu’il vous couvre réellement.

1. Ce que signifie l’obligation de médiation

La médiation de la consommation est une procédure extrajudiciaire. Elle permet à un consommateur et à un professionnel de tenter de résoudre un litige lié à un contrat avec l’aide d’un tiers indépendant. Le client doit normalement avoir adressé auparavant une réclamation au professionnel. Si cette démarche directe n’aboutit pas, il peut demander l’intervention du médiateur compétent.

L’obligation du professionnel ne consiste pas à accepter automatiquement la demande du client ni la solution proposée. Elle consiste à garantir un accès effectif à un dispositif répondant aux règles de la médiation de la consommation, puis à informer clairement le client. Le médiateur doit être référencé par la Commission d’évaluation et de contrôle de la médiation de la consommation, la CECMC.

La DGCCRF rappelle que cette obligation s’applique depuis 2016 et que les professionnels doivent communiquer les coordonnées du ou des médiateurs dont ils relèvent. En 2026, elle demeure donc une obligation actuelle, et non une ancienne mention facultative oubliée dans les CGV.

2. Êtes-vous concerné ? Le test en quatre questions

  1. Vendez-vous à des particuliers ? L’obligation vise les litiges entre un consommateur et un professionnel. Une entreprise travaillant uniquement en B2B n’est pas dans le même cadre pour ces contrats.
  2. Le client agit-il pour un besoin personnel ? Le statut du client se juge dans la relation concernée. Un entrepreneur qui achète pour son activité n’agit pas comme un consommateur pour ce contrat.
  3. Votre secteur dispose-t-il d’un dispositif spécifique ? Certains secteurs ou fédérations proposent un médiateur déterminé. Il faut vérifier le périmètre matériel et géographique.
  4. Une règle particulière s’applique-t-elle à votre profession ? Les activités réglementées ou organisées par un ordre peuvent avoir une articulation spécifique à confirmer.

Un artisan qui intervient chez des particuliers, un commerçant, un réparateur, un coiffeur, un prestataire de services ou un professionnel libéral recevant des consommateurs doit donc traiter le sujet. Une activité principalement professionnelle peut aussi être concernée dès qu’elle conclut certains contrats avec des particuliers.

Si votre clientèle est mixte, ne mettez pas en place deux procédures contradictoires. Identifiez dans votre outil de suivi si la réclamation concerne un client particulier ou professionnel, puis appliquez le parcours correspondant.

3. Comment choisir un médiateur sans se tromper

Commencez par la liste officielle des médiateurs référencés. Cherchez ceux dont le domaine couvre précisément votre activité. Une proximité de vocabulaire ne prouve pas la compétence : demandez une confirmation écrite si le périmètre n’est pas évident.

Contactez ensuite le médiateur ou l’organisme gestionnaire. Demandez les conditions d’adhésion, le tarif éventuel, la durée, la procédure de saisine, le traitement des dossiers, les pièces attendues et la façon de résilier ou renouveler. Conservez le contrat ou la preuve d’adhésion. Une simple visite du site du médiateur ne crée pas de relation avec votre entreprise.

Si vous appartenez à une fédération, un réseau ou une franchise, vérifiez si une adhésion collective existe et si elle vous couvre nominativement. Demandez aussi ce qui se passe lorsque vous quittez le réseau ou modifiez votre activité.

VérificationQuestion à poserPreuve à conserver
RéférencementFigure-t-il sur la liste officielle ?Page ou décision à jour
CompétenceMon activité exacte est-elle couverte ?Confirmation ou contrat
AdhésionQuelle démarche rend l’accès effectif ?Convention, facture ou attestation
CoûtQuels frais fixes et frais par dossier ?Grille tarifaire
InformationQuelle rédaction afficher ?Modèle validé et coordonnées
ÉvolutionComment serai-je informé d’un changement ?Contact et date de contrôle

4. Où faut-il afficher les coordonnées ?

Les informations doivent être visibles et lisibles sur le site internet, si vous en avez un, ainsi que sur vos conditions générales de vente ou de service et vos bons de commande. En l’absence de ces supports, utilisez un moyen approprié. La communication doit comprendre le nom et les coordonnées du médiateur ainsi que l’adresse de son site internet.

Ne cachez pas la mention dans une image illisible ou dans une page sans lien. Sur un site, placez-la dans les mentions légales ou les CGV selon votre architecture, avec un lien accessible depuis le pied de page. Sur les documents, assurez-vous que le texte reste lisible sur mobile, en PDF et à l’impression.

Lorsqu’un litige n’a pas été réglé après une réclamation préalable, fournissez aussi directement au consommateur les informations nécessaires pour saisir le médiateur. Un renvoi vague vers « nos conditions » ralentit la résolution et donne l’impression d’esquiver la demande.

Modèle à adapter après validation du médiateur :

Après réclamation écrite préalable auprès de [nom de l’entreprise], le consommateur peut saisir gratuitement le médiateur de la consommation dont nous relevons : [nom, adresse et site internet du médiateur].

Ce modèle n’est pas universel. Reprenez la rédaction communiquée par votre médiateur et ajoutez les conditions d’accès utiles sans inventer de restriction. Harmonisez cette mention avec vos CGV, vos bons de commande et les informations obligatoires de votre site.

5. Organiser une réclamation avant qu’elle ne s’envenime

La meilleure prévention n’est pas une clause plus longue, mais une procédure de réponse courte. Créez une adresse ou un point d’entrée identifiable. Enregistrez la date, le client, le contrat, le problème, les pièces, la réponse promise et la personne responsable. Accusez réception sans reconnaître une faute que vous n’avez pas encore vérifiée.

Une réponse utile distingue les faits établis, ce qui reste à vérifier et la prochaine échéance. Si une solution commerciale est proposée, écrivez clairement son périmètre. Si vous refusez, expliquez les éléments objectifs et rappelez les voies de recours applicables. Le guide pour répondre à un client mécontent aide à structurer cet échange sans transformer la médiation en menace.

Conservez les devis, CGV acceptées, factures, échanges, photos, rapports d’intervention, preuves de livraison et propositions. Ne transmettez au médiateur que les données nécessaires au litige et protégez les coordonnées du client conformément à vos règles de confidentialité.

6. Que se passe-t-il lorsqu’un client saisit le médiateur ?

Le consommateur dépose sa demande avec les pièces nécessaires. Le médiateur vérifie notamment la recevabilité du dossier et informe les parties. Les conditions précises dépendent du dispositif, mais la démarche reste gratuite pour le consommateur. Le professionnel peut avoir à supporter les coûts prévus par son adhésion.

Chaque partie présente ses éléments. Le médiateur cherche une solution amiable ou formule une proposition selon le cadre applicable. La procédure n’empêche pas nécessairement les parties de trouver directement un accord pendant son déroulement. En revanche, il faut répondre dans les délais et éviter les versions contradictoires.

La médiation n’est pas un service de recouvrement ni un tribunal. La proposition n’a pas automatiquement la force d’un jugement. Les parties conservent la possibilité de saisir la justice si aucun accord n’est trouvé, sous réserve des règles de procédure applicables.

7. Le contrôle express en dix minutes

  • votre entreprise contracte-t-elle avec des consommateurs ?
  • le médiateur choisi figure-t-il toujours sur la liste officielle ?
  • votre activité exacte entre-t-elle dans son périmètre ?
  • disposez-vous d’une preuve d’adhésion actuelle ?
  • le nom, l’adresse et le site affichés sont-ils identiques aux informations officielles ?
  • la mention figure-t-elle sur le site, les CGV et les bons de commande concernés ?
  • est-elle lisible sur téléphone et sur un PDF imprimé ?
  • savez-vous retrouver une réclamation et sa réponse ?
  • l’équipe sait-elle quand communiquer directement les coordonnées ?
  • une date de vérification annuelle est-elle prévue ?

Documentez le contrôle avec la date, le lien officiel consulté et la personne qui l’a réalisé. Vous pourrez ainsi corriger rapidement un changement d’adresse ou de périmètre au lieu de découvrir l’erreur lors d’un litige.

8. Les erreurs les plus fréquentes

  • afficher un médiateur sans avoir adhéré ;
  • choisir un organisme non référencé ou incompétent pour l’activité ;
  • mettre seulement un lien vers une plateforme générale ;
  • oublier les CGV ou bons de commande alors que la mention est sur le site ;
  • laisser d’anciennes coordonnées après un changement ;
  • refuser de communiquer le médiateur après l’échec d’une réclamation ;
  • confondre client professionnel et consommateur ;
  • ignorer les courriers jusqu’à l’ouverture d’une médiation.

Si le dossier implique un enjeu financier important, une activité réglementée ou une interprétation du contrat, demandez un avis juridique adapté. Ce guide explique une organisation pratique ; il ne remplace pas l’analyse de votre situation.

Sources officielles : Ministère de l’Économie — obligations des professionnels ; DGCCRF — médiation de la consommation ; CECMC — fiche pratique pour les professionnels. Consultées le 1er août 2026. Vérifiez le périmètre et les conditions directement auprès du médiateur choisi.

Questions fréquentes

Le médiateur est-il obligatoire pour un auto-entrepreneur ?

Le statut ou la taille ne dispense pas à lui seul. Si le micro-entrepreneur conclut des contrats avec des consommateurs, il doit vérifier et respecter l’obligation applicable.

Puis-je choisir n’importe quel médiateur ?

Non. Il doit être référencé et compétent pour votre activité. Il faut aussi accomplir la démarche d’adhésion prévue par le dispositif.

La médiation est-elle gratuite pour le client ?

Oui pour le consommateur. Le professionnel supporte les frais prévus par son adhésion ou le traitement du dossier.

Faut-il afficher le médiateur sur une facture ?

Les supports explicitement visés comprennent notamment le site, les CGV et les bons de commande. Selon vos documents et votre secteur, reprenez les indications de votre médiateur et faites vérifier votre ensemble contractuel.

Un client peut-il saisir directement le médiateur ?

Il doit normalement avoir tenté auparavant de résoudre le litige par une réclamation auprès du professionnel. Les critères précis de recevabilité sont indiqués par le médiateur.

En résumé

Être en règle ne consiste pas à ajouter une ligne standard dans un pied de page. Il faut identifier le bon dispositif, formaliser l’adhésion, afficher des coordonnées exactes et répondre sérieusement aux réclamations. Une procédure simple, des documents retrouvables et une vérification annuelle protègent mieux la relation client qu’une clause copiée sans contrôle.

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