Plafonds de la micro-entreprise en 2026 : seuils et conséquences d’un dépassement
Un dépassement ne provoque pas toujours une sortie immédiate du régime micro. La bonne réponse dépend de la nature de l’activité, du chiffre d’affaires effectivement encaissé, de la durée de la première année et des montants réalisés l’année précédente. Il faut surtout distinguer le plafond du régime micro des seuils de TVA.
1. Quels sont les plafonds de chiffre d’affaires en 2026 ?
Les plafonds déterminent si une entreprise individuelle peut relever du régime micro-fiscal. Pour les revenus perçus en 2026, Service Public Entreprendre indique deux seuils principaux : 203 100 € HT pour les activités commerciales de vente de marchandises et certaines activités d’hébergement ; 83 600 € HT pour les prestations de services relevant des BIC et les activités libérales concernées.
| Nature de l’activité | Plafond 2026 | Exemples |
|---|---|---|
| Vente et commerce | 203 100 € HT | Vente de biens, denrées à emporter ou consommer |
| Prestations de services BIC | 83 600 € HT | Réparation, travaux, services commerciaux ou artisanaux |
| Professions libérales | 83 600 € HT | Conseil et services relevant des BNC |
| Activité mixte | 203 100 € au total | Dont la part de services ne dépasse pas 83 600 € |
Certaines activités, notamment des locations meublées, suivent des règles particulières. Ne réutilisez donc pas le tableau sans vérifier la catégorie officielle de votre activité. Un restaurateur, un artisan qui fournit des matériaux et un consultant ne ventilent pas leur chiffre d’affaires de la même façon.
Ces plafonds ne constituent ni un objectif commercial ni un montant « autorisé » de facturation au sens général. Ils déterminent l’accès à un régime simplifié. Une entreprise peut continuer son activité au-delà, mais son régime fiscal, social et comptable évolue.
2. Quel chiffre d’affaires faut-il comparer au plafond ?
Le chiffre d’affaires à retenir correspond aux sommes effectivement encaissées au cours de l’année civile, hors taxes lorsqu’une TVA est facturée. Une facture émise en décembre mais payée en janvier entre donc, en principe, dans l’année de l’encaissement pour ce suivi micro. À l’inverse, un acompte reçu constitue un encaissement à prendre en compte.
Ne déduisez pas les achats, frais bancaires, commissions de plateforme, carburant ou sous-traitance du montant comparé au plafond. Le chiffre d’affaires est brut : une prestation facturée 1 000 € et encaissée 1 000 € ajoute 1 000 € au suivi, même si elle a nécessité 400 € de fournitures. C’est l’une des raisons pour lesquelles le régime micro peut devenir moins adapté aux activités à coûts élevés.
Suivez les encaissements par activité et non seulement le total du compte bancaire. Les virements personnels, remboursements, apports et emprunts ne sont pas des ventes. À l’inverse, un paiement reçu sur un autre compte reste un encaissement professionnel. Une nomenclature simple — vente, service, acompte, avoir, remboursement — limite les erreurs.
3. Première année : comment fonctionne le prorata temporis ?
Lors d’une création en cours d’année, le plafond est ajusté à la durée d’activité. Il ne suffit donc pas de comparer quelques mois de chiffre d’affaires au plafond annuel complet. Cette proratisation sert à apprécier le dépassement de la première année.
La logique consiste à multiplier le plafond annuel par le nombre de jours d’activité, puis à diviser par le nombre de jours de l’année. Pour une activité de services commencée le 1er juillet dans une année de 365 jours, une estimation simple donne 83 600 × 184 / 365, soit environ 42 140 €. Le décompte exact doit reprendre la date officielle et le nombre de jours de l’année concernée.
Ce prorata peut surprendre une personne qui lance une forte activité saisonnière en fin d’année. Il faut le calculer avant de choisir la date de démarrage, sans inventer une date déconnectée de la réalité. La date déclarée doit correspondre au début effectif de l’activité.
4. Un dépassement fait-il sortir immédiatement du régime micro ?
Non. Le dépassement du plafond pendant une seule année ne provoque pas, à lui seul, la sortie l’année suivante. Service Public précise que la sortie intervient après deux années consécutives au-dessus du seuil applicable. Le régime réel prend alors effet au 1er janvier qui suit la seconde année de dépassement.
| Année N | Année N+1 | Conséquence en N+2 |
|---|---|---|
| Sous le plafond | Sous le plafond | Régime micro maintenu |
| Au-dessus | Sous le plafond | Régime micro maintenu |
| Sous le plafond | Au-dessus | Régime micro maintenu |
| Au-dessus | Au-dessus | Passage au réel au 1er janvier |
Exemple : une prestataire dépasse 83 600 € en 2026, puis revient sous ce montant en 2027. Elle ne sort pas du régime pour 2028 sur la seule base du dépassement 2026. Si elle dépasse en 2026 et 2027, le régime réel s’applique à compter du 1er janvier 2028, sous réserve des règles alors en vigueur.
La première année doit être analysée avec son seuil proratisé. Un dépassement peut donc constituer la première des deux années consécutives. Conservez le calcul et les encaissements qui permettent de le démontrer.
5. Activité mixte : surveiller deux limites en même temps
Une micro-entreprise peut cumuler vente et prestations. En 2026, le chiffre d’affaires global ne doit alors pas dépasser 203 100 €, tandis que la part correspondant aux prestations de services doit rester dans sa limite de 83 600 €. Respecter le plafond global sans respecter le sous-plafond des services ne suffit pas.
Exemple : une entreprise encaisse 140 000 € de ventes et 70 000 € de services. Le total atteint 210 000 € et dépasse le plafond global, même si la partie services reste sous 83 600 €. À l’inverse, 80 000 € de ventes et 90 000 € de services donnent un total sous 203 100 €, mais la partie services dépasse son propre plafond.
La ventilation doit refléter la réalité des opérations. Une facture qui comprend matériel et pose peut nécessiter une analyse précise selon l’activité et la nature du contrat. Ne reclassez pas artificiellement une prestation en vente pour augmenter le plafond. Paramétrez les catégories dans votre facturation et rapprochez-les de vos déclarations.
6. Ne pas confondre plafond micro et seuil de TVA
Le régime micro et la franchise en base de TVA sont deux dispositifs différents. Une entreprise peut rester micro-entrepreneuse tout en devant facturer, déclarer et reverser la TVA. Les seuils de TVA sont inférieurs et obéissent à leurs propres règles de dépassement. Le plafond de 83 600 € d’une activité de services n’autorise donc pas à facturer sans TVA jusqu’à ce montant.
Cette confusion peut coûter cher : si la TVA devient exigible et n’a pas été ajoutée aux factures, l’entreprise peut devoir la prélever sur un prix déjà encaissé, ce qui réduit sa marge. Suivez les seuils séparément dans deux indicateurs et préparez les modèles de facture avec et sans TVA. Le guide TVA du micro-entrepreneur : seuils et factures explique la date d’application et les mentions.
7. Comment préparer la sortie du régime micro ?
Le passage au réel ne doit pas être découvert en janvier. Dès le premier dépassement, projetez l’année suivante et comparez trois scénarios : retour sous le plafond, second dépassement modéré ou croissance forte. Mesurez le coût comptable, la TVA, les cotisations, les dépenses déductibles et le besoin de trésorerie.
- fiabilisez le suivi mensuel des encaissements par activité ;
- séparez le pilotage du régime micro et celui de la TVA ;
- inventoriez les dépenses avec des justificatifs conformes ;
- simulez le résultat au régime réel ;
- adaptez les prix et contrats avant le changement ;
- préparez logiciel, compte bancaire et accompagnement comptable ;
- informez les clients uniquement des changements qui les concernent.
Le réel n’est pas une sanction. Il permet notamment de déterminer un bénéfice à partir des produits et charges et peut mieux correspondre à une activité développée. En revanche, les obligations comptables et les flux de TVA demandent une organisation plus robuste. Le guide des charges déductibles présente les conditions à connaître.
Utilisez aussi la croissance pour revoir les processus commerciaux. Plus de chiffre d’affaires signifie davantage de demandes, d’appels, de devis et de relances. Documentez la qualification d’une demande, les délais de réponse et les responsabilités avant que la charge ne repose sur la mémoire d’une seule personne.
Sources officielles : Service Public Entreprendre — conséquences du dépassement des seuils de chiffre d’affaires ; Service Public Entreprendre — régime fiscal de la micro-entreprise ; Service Public Entreprendre — cumul de plusieurs activités indépendantes ; Service Public Entreprendre — régime réel d’imposition des BIC. Consultées le 1er août 2026. Vérifiez les règles particulières des locations meublées et toute évolution postérieure.
Questions fréquentes
Quel est le plafond d’un artisan en micro-entreprise en 2026 ?
Pour une prestation de services artisanale, le seuil principal est de 83 600 € HT. Si l’artisan vend également des biens, les règles d’activité mixte peuvent appliquer un plafond global de 203 100 € avec une limite de 83 600 € pour les services.
Que se passe-t-il si je dépasse le plafond une seule fois ?
Vous ne sortez pas du régime micro pour un seul dépassement. La sortie intervient après deux années consécutives de dépassement, au 1er janvier qui suit la seconde année.
Dois-je compter les factures émises ou les paiements reçus ?
Le suivi micro repose sur le chiffre d’affaires effectivement encaissé pendant l’année civile. Conservez néanmoins les factures et rapprochez-les des paiements pour expliquer les montants.
La TVA commence-t-elle au même plafond ?
Non. La franchise de TVA possède des seuils et des règles distincts. Vous pouvez devoir facturer la TVA tout en restant sous le régime micro.
Peut-on rester micro volontairement après deux dépassements ?
Non si les conditions légales de sortie sont réunies. Il faut préparer le passage au régime réel plutôt que réduire artificiellement ou déplacer des encaissements.
En résumé
En 2026, retenez 203 100 € pour les ventes et 83 600 € pour les services concernés, avec une double limite en activité mixte. Comparez le chiffre d’affaires réellement encaissé, appliquez le prorata la première année et surveillez deux années consécutives. Gardez un suivi séparé de la TVA et préparez un éventuel passage au réel dès le premier dépassement.
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