Congés payés en TPE : calculer les droits et organiser les départs
Dans une petite équipe, une erreur de compteur crée un problème de paie et deux départs simultanés peuvent bloquer le service. La bonne méthode réunit donc droit du travail, calendrier et capacité opérationnelle. Ce guide couvre l’acquisition, le décompte, l’indemnisation et l’ordre des départs pendant le contrat. Il ne traite ni des vacances personnelles du dirigeant indépendant, ni du seul paiement des jours lors d’une fin de contrat.
Le rôle précis de Rappli. Pour « Congés payés en TPE : calcul et organisation », Rappli ne remplace pas la démarche sociale ou RH détaillée ici. Après un appel manqué, son rôle se limite à afficher l’événement au tableau de bord et à envoyer le formulaire par SMS ; les informations ne remontent que si l’appelant finalise.
1. Fixez les règles applicables avant de gérer les demandes
Commencez par la convention collective, les accords d’entreprise, les usages et les contrats. Ils peuvent prévoir une période de référence différente, des jours supplémentaires, des règles d’ordre ou de fractionnement et des formalités plus favorables. Utilisez le guide pour identifier la convention collective et l’IDCC, puis conservez les textes datés utilisés.
Choisissez une unité de compteur : jours ouvrables ou jours ouvrés. Le légal s’exprime en jours ouvrables, c’est-à-dire tous les jours de la semaine sauf le repos hebdomadaire, généralement le dimanche, et les jours fériés habituellement chômés. Une gestion en jours ouvrés, correspondant aux jours normalement travaillés, est possible si elle garantit un droit au moins équivalent.
Écrivez la période d’acquisition, la période de prise, le circuit de demande, le délai de réponse et les personnes qui valident. N’inventez pas une règle à chaque demande. Présentez le calendrier lors de l’intégration d’un nouveau salarié et rendez-le accessible à tous.
2. Calculez l’acquisition sans pénaliser le temps partiel
Tout salarié, qu’il soit en CDI, CDD, à temps plein ou à temps partiel, acquiert en principe 2,5 jours ouvrables par mois de travail effectif chez le même employeur. Une année complète produit 30 jours ouvrables, soit cinq semaines. En gestion équivalente sur cinq jours ouvrés par semaine, le compteur courant est généralement de 25 jours.
Le temps partiel ne réduit pas le nombre de semaines de repos. Une personne qui travaille trois jours par semaine acquiert le même nombre de jours ouvrables qu’une personne à temps plein. En revanche, le décompte d’une période de congé suit les jours ouvrables ou ouvrés de l’entreprise, pas uniquement les jours où elle aurait travaillé, afin de préserver l’égalité de durée.
Lorsque le total acquis n’est pas entier, la durée est portée au nombre entier immédiatement supérieur dans le calcul légal. Service Public donne l’exemple de 12,5 jours, arrondis à 13. N’arrondissez pas défavorablement chaque mois : paramétrez le compteur selon la règle de paie et réalisez le contrôle à l’échéance pertinente.
La période légale d’acquisition va du 1er juin de l’année précédente au 31 mai de l’année en cours, sauf autre période conventionnelle. Certains secteurs, notamment ceux affiliés à une caisse de congés payés comme des activités du BTP ou du spectacle, suivent un cadre particulier. Ne dupliquez pas le paramétrage d’une autre entreprise.
| Situation | Repère général | Contrôle employeur |
|---|---|---|
| Année complète | 30 jours ouvrables | Vérifier règle conventionnelle plus favorable |
| Temps partiel | Même acquisition en jours | Décompter sur le calendrier applicable |
| Droit fractionnaire | Arrondi à l’entier supérieur | Ne pas arrondir défavorablement chaque mois |
| Gestion en ouvrés | Équivalence souvent de 25 jours | Garantir au moins le droit légal |
| Secteur à caisse | Règles et période particulières | Contrôler affiliation et certificats |
3. Intégrez correctement les absences, notamment la maladie
Certaines périodes non travaillées sont assimilées à du travail effectif ou ouvrent des droits spécifiques. Les congés liés à la maternité, à la paternité et à l’accueil de l’enfant, l’adoption, les congés payés eux-mêmes et certaines absences professionnelles doivent être traités selon les textes. Créez une table des motifs au lieu d’appliquer « absence = zéro acquisition ».
Depuis la réforme de 2024, la maladie non professionnelle ouvre des droits à congés dans la limite de deux jours ouvrables par mois, soit 24 jours ouvrables sur une période d’acquisition complète. Les règles relatives à l’accident du travail ou à la maladie professionnelle sont distinctes. Le logiciel doit identifier le risque et la période ; une simple mention « maladie » peut conduire à un mauvais compteur.
Au terme d’un arrêt de travail pour maladie ou accident, l’employeur doit informer le salarié, dans le mois qui suit la reprise, du nombre de jours de congé disponibles et de la date jusqu’à laquelle ils peuvent être pris. La remise s’effectue par tout moyen conférant date certaine à sa réception, notamment au moyen du bulletin de paie. Cette information est essentielle, car elle peut déclencher la période de report : conservez-en la preuve.
Rapprochez arrêt, DSN, compteur et paie. Le guide sur les démarches de l’employeur lors d’un arrêt maladie traite l’attestation de salaire et le retour ; le présent article se limite aux conséquences sur les congés.
4. Décomptez du premier jour d’absence au retour
En jours ouvrables, le décompte commence au premier jour où le salarié aurait dû travailler et se poursuit sur les jours ouvrables jusqu’à la veille de la reprise. Un salarié qui ne travaille pas habituellement le mercredi peut donc voir ce mercredi décompté s’il est ouvrable et inclus dans sa période. C’est la durée collective du congé, pas le planning isolé, qui guide le calcul.
En jours ouvrés, comptez les jours normalement travaillés dans l’entreprise pendant la période selon la méthode équivalente. Vérifiez les jours fériés : un jour férié habituellement chômé compris dans le congé n’est généralement pas décompté selon les conditions applicables. Un jour férié travaillé ou une organisation atypique exige une analyse du calendrier réel.
Publiez des exemples adaptés à la semaine de l’entreprise : départ un vendredi soir, reprise un lundi, pont, temps partiel et fermeture. N’utilisez pas un convertisseur mécanique « six ouvrables égal cinq ouvrés » pour toutes les situations ; les calendriers et jours fériés peuvent modifier l’équivalence.
5. Définissez et annoncez la période de prise
La période de prise est fixée par accord ou convention, ou à défaut par l’employeur après avis du CSE s’il existe. Elle doit comprendre la période du 1er mai au 31 octobre. Service Public indique qu’elle est portée à la connaissance des salariés au moins deux mois avant son ouverture.
Un salarié peut bénéficier de ses congés dès l’embauche, sous réserve de respecter la période et l’ordre des départs. Ne créez pas une ancienneté minimale inexistante par habitude. Une prise anticipée de jours déjà acquis peut être organisée ; une demande portant sur des droits non encore acquis nécessite l’accord de l’employeur et le cadre applicable.
Le congé principal ne dépasse en principe pas 24 jours ouvrables consécutifs, soit quatre semaines, sauf situations permettant un congé plus long. Au moins 12 jours ouvrables continus du congé principal sont pris pendant la période prévue entre le 1er mai et le 31 octobre, sous réserve des règles conventionnelles.
6. Décidez l’ordre des départs avec des critères objectifs
Le salarié propose des dates, mais l’employeur fixe les départs dans le cadre applicable. Il peut refuser les dates souhaitées pour une raison réelle, par exemple la continuité du service ou une forte activité, à condition que le refus ne soit pas abusif et qu’une autre période permette la prise effective.
En l’absence de critères conventionnels différents, l’ordre tient compte notamment de la situation familiale, de la durée de service et d’une activité chez d’autres employeurs. Les conjoints ou partenaires de Pacs travaillant dans la même entreprise ont droit à un congé simultané. Écrivez les critères et appliquez-les de façon constante.
Communiquez l’ordre et les dates par un moyen accessible au moins un mois avant le départ. Une fois les dates accordées, elles ne peuvent en principe plus être modifiées moins d’un mois avant, sauf circonstances exceptionnelles. Une commande habituelle ou un défaut d’anticipation ne doit pas être automatiquement qualifié d’exception.
Répondez toujours par écrit, y compris en cas de refus. Le silence crée une incertitude : Service Public rappelle qu’un salarié peut ne pas être fautif s’il part alors que l’employeur connaissait les dates et n’avait formulé aucun refus. Un accusé de réception n’est pas encore une acceptation ; distinguez clairement les statuts.
7. Organisez la continuité sans empêcher le repos
Cartographiez les activités minimales : accueil, urgence client, validation, production, sécurité, fournisseurs et encaissements. Pour chacune, indiquez le niveau de service, le remplaçant, l’information nécessaire et le canal d’escalade. Le guide sur le plan de charge et la capacité aide à visualiser les semaines sensibles.
Ne rendez pas une personne irremplaçable puis refusez tous ses congés. Documentez les procédures, formez un binôme et réduisez les tâches non essentielles. Pour une fermeture collective, vérifiez le cadre, la consultation éventuelle, l’information et la situation des salariés qui n’ont pas assez de droits.
Le salarié en congé doit pouvoir se déconnecter. Organisez un message d’absence, une réaffectation et une liste d’urgences réellement limitées. Le plan de continuité d’activité de la TPE complète cette préparation pour les événements non planifiés.
La préparation des vacances personnelles d’un dirigeant indépendant répond à une autre intention : relation clients, délégation et trésorerie. Elle est détaillée dans le guide pour préparer ses congés d’indépendant.
8. Comparez maintien de salaire et règle du dixième
Pendant les congés, le salarié reçoit une indemnité. Deux méthodes sont comparées. La règle du dixième attribue, pour l’ensemble des droits, un dixième de la rémunération brute totale entrant dans l’assiette sur la période de référence. La règle du maintien calcule ce que le salarié aurait perçu s’il avait travaillé. Le montant le plus avantageux doit être versé.
Toutes les sommes ne sont pas traitées de la même manière. Le salaire de base, certaines majorations, commissions ou primes liées au travail peuvent entrer dans l’assiette, tandis que des frais professionnels ou certaines primes annuelles couvrant travail et congés peuvent être exclus. Utilisez la liste officielle et la convention ; ne retenez pas ou n’excluez pas une prime d’après son seul nom.
La comparaison se réalise selon la période et les modalités de paie. La méthode de l’horaire réel du mois est un repère reconnu pour le maintien, mais des situations particulières exigent un calcul adapté. Le bulletin mentionne les dates de congé et le montant de l’indemnité lorsque le congé est compris dans la période de paie. La checklist de contrôle du bulletin de paie sécurise cette traduction.
| Méthode | Principe | Vigilance |
|---|---|---|
| Dixième | 10 % de la rémunération brute de référence, proportionnée aux jours pris | Définir correctement l’assiette |
| Maintien | Rémunération que le salarié aurait perçue en travaillant | Utiliser l’horaire et les éléments du mois |
| Choix final | Retenir le résultat le plus favorable | Conserver le comparatif |
9. Traitez le report, la maladie et le fractionnement séparément
Dans le cas général, un report de congés non pris peut dépendre d’un accord, d’un usage ou de dispositions conventionnelles. Cependant, l’employeur doit avoir effectivement permis la prise des congés ; il ne peut laisser les compteurs expirer tout en refusant les demandes. Conservez les informations de période, propositions, acceptations et relances.
Lorsqu’un arrêt de maladie empêche la prise, une période de report de 15 mois peut s’appliquer. Son point de départ dépend de la situation. Pour des congés non pris du fait de l’arrêt, le délai commence en principe lorsque l’employeur informe le salarié de ses droits après la reprise ; pour un arrêt couvrant toute la période d’acquisition, des règles spécifiques s’appliquent. Un accord peut prévoir une durée supérieure.
Si la maladie survient pendant des congés déjà posés, les jours qui coïncident avec l’arrêt ne restent pas imputés comme congés payés dès lors que l’arrêt a été notifié à l’employeur. Depuis l’arrêt de la Cour de cassation du 10 septembre 2025, le salarié doit pouvoir en bénéficier ultérieurement. À réception, rapprochez les dates, transmettez l’information à la paie, recréditez le compteur pour les seuls jours coïncidents, conservez l’arrêt et la preuve de notification, puis organisez une nouvelle prise selon le circuit habituel.
Le fractionnement concerne le congé principal pris en plusieurs fois. Des jours supplémentaires peuvent être dus lorsque des jours du congé principal sont pris hors de la période du 1er mai au 31 octobre, selon l’accord applicable, les renonciations valables et les règles supplétives. N’appliquez pas automatiquement zéro jour de fractionnement parce que le salarié a demandé les dates.
10. Trois exemples hypothétiques de calcul et d’organisation
Exemple hypothétique 1 : une salariée a travaillé cinq mois complets sans absence particulière. La base légale produit 12,5 jours ouvrables, portée à 13. L’entreprise gère en ouvrés ; elle vérifie l’équivalence exacte dans son paramétrage au lieu de convertir isolément 13 par une règle approximative.
Exemple hypothétique 2 : deux techniciens demandent les mêmes deux semaines, alors qu’une présence minimale est nécessaire. La TPE consulte les règles conventionnelles et les critères d’ordre, échange sur des dates alternatives puis répond par écrit. Elle forme aussi un troisième salarié pour éviter que le même conflit se répète.
Exemple hypothétique 3 : un salarié reprend après plusieurs mois de maladie non professionnelle. L’employeur fait contrôler l’acquisition à deux jours ouvrables par mois dans la limite applicable, rapproche le compteur et lui transmet l’information sur les jours disponibles et leur date limite. Il conserve la preuve qui fixe le départ du report lorsque cette règle s’applique.
Ces cas sont simplifiés. La convention, la période, les autres absences et le calendrier réel peuvent changer le résultat. Les exemples n’établissent pas un compteur pour une situation individuelle.
11. Pilotez les congés sur un calendrier annuel
- Avant la période : actualiser convention, compteurs, jours fériés et besoin de présence.
- Deux mois avant l’ouverture : informer les salariés de la période de prise.
- À chaque demande : contrôler solde, chevauchements, critères et capacité.
- Au moins un mois avant : communiquer les dates et l’ordre des départs.
- Avant le départ : organiser relais, accès utiles, message d’absence et urgences.
- À la paie : décompter, comparer les indemnités et contrôler le bulletin.
- Si un arrêt chevauche les congés : vérifier sa notification, recréditer les jours coïncidents et tracer la correction.
- Chaque trimestre : examiner soldes élevés, reports, absences et corrections.
- Dans le mois suivant la reprise après maladie ou accident : notifier, avec date certaine, les jours disponibles et leur date limite.
Utilisez un calendrier partagé ne montrant que les informations nécessaires. Les motifs médicaux n’ont pas à être visibles par l’équipe. Séparez planning de disponibilité, dossier RH et données de paie. Une vue de capacité peut indiquer « absent » sans exposer la raison.
12. Évitez les erreurs qui coûtent du temps et de la confiance
- réduire l’acquisition d’un salarié à temps partiel ;
- mélanger jours ouvrables et jours ouvrés dans un même compteur ;
- ne pas acquérir de droits pendant une maladie non professionnelle ;
- refuser oralement une demande sans proposer d’autre période ;
- modifier des dates tardivement sans circonstance exceptionnelle ;
- oublier l’information au retour d’un arrêt et le report associé ;
- appliquer seulement le maintien sans comparer au dixième ;
- laisser s’accumuler des soldes sans organiser leur prise ;
- exiger que le salarié reste disponible pendant son repos.
Une revue trimestrielle des compteurs et une campagne annuelle anticipée réduisent ces risques. Les congés sont à la fois un droit au repos et une contrainte prévisible : une TPE peut les intégrer à son plan de charge sans les traiter comme une faveur discrétionnaire.
Sources officielles et primaires : Service Public — congés payés du salarié, vérifié le 30 avril 2026 ; Service Public — refus d’une demande de congés, vérifié le 13 février 2026 ; Service Public — calcul de l’indemnité de congés payés, vérifié le 6 février 2026 ; Cour de cassation, 10 septembre 2025, n° 23-22.732 — maladie pendant les congés ; Code du travail, article L. 3141-16 ; Code du travail, article L. 3141-19-3 — information après un arrêt ; Code du travail, congés payés. Consultées le 3 août 2026. Les accords, conventions, caisses de congés et situations individuelles peuvent prévoir des règles spécifiques ou plus favorables.
Questions fréquentes
Combien de jours de congés un salarié acquiert-il par mois ?
En principe, 2,5 jours ouvrables par mois de travail effectif, soit 30 jours pour une année complète. Une maladie non professionnelle ouvre deux jours par mois dans la limite de 24 jours sur la période concernée.
Un salarié à temps partiel acquiert-il moins de congés ?
Non. Il acquiert le même nombre de jours qu’un salarié à temps plein. Le décompte pendant l’absence suit le calendrier ouvrable ou ouvré appliqué par l’entreprise.
L’employeur peut-il refuser les dates demandées ?
Oui, sous réserve de respecter accord, convention, critères d’ordre et absence d’abus. Il doit permettre la prise à une autre date et répondre clairement, notamment lorsque la continuité du service justifie le refus.
Quelle indemnité faut-il verser pendant les congés ?
L’employeur compare la règle du dixième de la rémunération brute de référence à la règle du maintien de salaire et verse le résultat le plus avantageux, avec l’assiette adaptée.
Les congés non pris pendant une maladie sont-ils perdus ?
Une période de report de 15 mois peut s’appliquer. Son point de départ dépend de la situation et de l’information donnée au salarié après la reprise ; un accord peut prévoir davantage.
En résumé
Une gestion saine des congés payés associe un compteur juridiquement exact, des décisions de dates objectives et une préparation de la continuité. Fixez l’unité, la période et le circuit, intégrez correctement les absences, communiquez assez tôt, puis contrôlez le décompte et l’indemnité en paie. Cette discipline protège le repos des salariés tout en donnant à la TPE une capacité prévisible.
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